L'Ancien Testament
La Création
"Au
commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre". Le premier livre
de la Bible, La Genèse, commence par cette phrase
exprimant l'idée que Dieu est la source de toute
Création, et que rien ne peut exister sans Dieu. La Bible dit
qu'Il a créé le Monde en six jours, qui sont aussi six
étapes cruciales dans le déroulement de la
Création.
Le premier
jour, Dieu crée le ciel et la terre, puis Il sépare la
lumière des ténèbres.
Le deuxième jour, Il
crée le firmament et le sépare des eaux et des mers.
Le troisième jour, il y a
apparition de la terre ferme, sortie du milieu des mers. Les plantes
apparaissent et recouvrent la terre.
Le quatrième jour, ce sont
les astres qui sont créés : soleil, lune, étoiles,
appelés luminaires pour distinguer le jour de la nuit.
Le cinquième jour, Il fait
apparaître les animaux marins, ainsi que les espèces
volatiles comme les oiseaux.
Le sixième jour, Dieu
crée les animaux terrestres. Il modèle aussi le premier
homme dans de l'argile, et lui insuffle la vie. Puis Il tire de l'homme
endormi un morceau de côte, qu'Il modèle pour créer
la première femme.
Le septième jour, Dieu
étant satisfait de tout ce qu'Il a fait, Il décide de ne
rien créer ce jour-là, et de se reposer. Ce sera le jour
béni du Créateur.
"Et la lumière fut". Peinture contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Dieu
installe l'homme et la femme dans un jardin merveilleux appelé
le jardin d'Eden. Il permet à L'homme Adam et à la femme
Eve, de profiter du jardin dans sa totalité, à
l'exception d'une seule chose : il est interdit de prendre des fruits
d'un arbre appelé l'Arbre de la connaissance du bien et du mal,
sous peine de mort.
Les deux êtres humains
évoluent quelques temps dans le jardin. Puis ils rencontrent le
serpent, présenté comme l'animal le plus rusé. Et
voilà que le serpent se met à parler. Il discourt sur le
fait que les fruits défendus de cet arbre permettent
d'accéder à la connaissance du bien et du mal et de
devenir eux-mêmes des dieux, comme Dieu qui les
a créés. S'ils mangent de ces fruits, ils ne mourront pas
mais gagneront la force et la puissance. Eve est la première
à accepter de tenter l'expérience. Elle croque le fruit,
et en donne à Adam, qui en mange à son tour.
Adam et Eve tentés par le serpent.
Peinture contemporaine.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
A peine Eve
puis Adam ont-ils avalé leur première bouchée, que
leurs yeux s'ouvrent et que leur vision du monde change radicalement.
Ils réalisent qu'ils sont dévêtus. Craignant alors
de rencontrer Dieu à nouveau, ils se font des ceintures de
feuilles et se cachent dans le jardin. Le serpent s'enfuit. Mais leur
Créateur réapparaît, et c'est alors la
déchéance. L'Eternel leur fait de vifs reproches, et leur
expose les conséquences de
leur désobéissance.
Adam et Eve sont chassés
du Jardin d'Eden. Désormais ils seront obligés de
travailler dur pour se nourrir. Ils connaîtront la peine du
travail de la terre. La femme enfantera dans la douleur. Il existera
une inimitié entre la femme et le serpent. Leur descendants
seront eux aussi victimes de leur faute. Adam et Eve quittent le jardin
d'Eden, vêtus de peaux de bêtes.
Caïn et Abel
Dans leur nouvel environnement
terrestre, Adam et Eve ont deux enfants qu'ils appellent Caïn et
Abel. Le premier se fera cultivateur et le second deviendra berger.
Mais il se produit un jour un incident grave. Caïn est jaloux de
son frère Abel, car
Dieu n'a considéré qu'Abel pour les offrandes qu'ils lui
font. Caïn en colère se jette sur son frère Abel et
le tue.
A la suite
de ce meurtre, Dieu apparaît bientôt, et demande à
Caïn des nouvelles de son frère. Puis Il le met en face de
son crime, et lui montre la gravité de son acte. La
colère de l'Eternel est grande, et Caïn est condamné
à partir, à errer
sur la terre sans pouvoir la cultiver, et à ne connaître
ni trêve ni repos.
Caïn et Abel. Peinture de Vergara, XIXe s., Espagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Adam et Eve
donnent naissance à un troisième fils, qu'ils appellent
Seth. Les fils de Caïn et de Seth se multiplient, et commencent
à occuper des territoires s'étendant dans la Palestine et
la Mésopotamie. Le Livre de la Genèse donne une
importante liste généalogique, en précisant que
les hommes de cette époque vivent un temps incroyablement long,
s'étalant souvent sur plusieurs centaines d'années. Le
record de longévité semble remporté par
Mathusalem, qui meurt après avoir vécu neuf cent
soixante-neuf ans.
Le Déluge
L'Eternel constate que les hommes
se conduisent de plus en plus mal, qu'ils sont pleins de
cruauté. Il se lasse de voir les hommes s'entre-déchirer
et ne pas vivre selon Sa volonté. Dans l'une de ces villes, un
seul homme mène une vie droite et juste. Il se nomme Noé.
Un jour Dieu se manifeste à Noé, et lui montre les
grandes fautes des hommes. L'humanité va subir la grande
colère divine, et elle sera presque entièrement
détruite, à l'exception de Noé car il est le seul
juste. Si celui-ci veut être sauvé, il doit construire un
grand navire capable de supporter les tempêtes, car une terrible
inondation va avoir lieu. Il faudra qu'il y embarque toute sa famille.
Il devra aussi prendre avec lui des représentants de toutes les
espèces d'animaux terrestres, pour qu'elles ne disparaissent pas
totalement, car il y aura grande destruction.
Noé accepte de suivre les
conseils de Yahvé, et se met à construire sa fameuse
grande Arche. Lorsque l'oeuvre est terminée, il y fait embarquer
ses proches, et fait aussi pénétrer un couple de chaque
espèce animale. Lorsque l'équipage du navire est au
complet, Noé ferme la porte derrière lui.
L'entrée dans l'Arche de Noé.
Enluminure de Jacquemard de Hesdin, XVe s., France.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
C'est le moment où Dieu
peut accomplir sa prophétie. Des pluies torrentielles commencent
à s'abattre sur terre. Il pleuvra à torrent sans
discontinuer pendant quarante jours et quarante nuits. L'Arche flotte,
en sauvegardant ses occupants. Tout autour c'est le désastre.
Les eaux emportent tout, submergent tout, détruisent tout.
Habitations, plantations, bétail, populations, fleuves,
collines, montagnes disparaissent tour à tour sous les flots.
Lorsque la pluie cesse de tomber, le navire est totalement
entouré d'eau. Sur tout l'horizon, on n'aperçoit pas une
montagne, mais seulement de l'eau à perte de vue, ce qui
suggère que la totalité des terres sont englouties. Mais
à présent le ciel se dégage, les nuages
s'écartent, et il apparaît un magnifique arc-en-ciel. A ce
moment, Dieu parle à Noé dans une de ses visions. Dieu
désigne cette image de l'arc-en-ciel comme le symbole de la
future alliance qu'Il contractera avec les hommes, une fois la Terre
purifiée du mal et du péché.
Il faut maintenant attendre que
le niveau baisse et que le sol réapparaisse. L'équipage
patiente pendant quelques jours, guettant le moindre signe
d'assèchement. Pour tenter de savoir si une terre est
réapparue quelque part, Noé prend une colombe dans
l'Arche et lui rend la liberté. Celle-ci s'envole et
disparaît à l'horizon ; mais elle revient bientôt
vers l'Arche, n'ayant trouvé aucun lieu pour se poser. Alors
après quelques jours d'attente, Noé lâche l'oiseau
une deuxième fois. Il revient encore, mais en tenant dans son
bec un rameau d'olivier. Noé renouvellera l'expérience
une troisième fois, mais cette fois la colombe ne reviendra pas.
C'est le signe qu'elle s'est probablement posée, sur quelque
objet ou sommet de montagne.
Effectivement, le jour vient
où une terre émergée se laisse enfin apercevoir.
L'embarcation finit par se poser sur un sommet montagneux, le mont
Ararat. Les occupants sortent alors du navire échoué et
peuvent reconquérir la terre. Tandis que les eaux retrouvent
leur niveau initial, les survivants sortis de l'Arche salvatrice se
réinstallent sur la terre ferme. Après avoir
accosté, Noé offre un sacrifice à Yahvé qui
lui redonne les
mêmes consignes qu’Adam et Ève : « Soyez
féconds
et multipliez-vous. »
Noé lâchant la colombe.
Peinture indienne, XXe s., USA.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Noé
et
sa femme auront trois enfants, trois fils appelés Sem, Cham et
Japhet. D'après le texte biblique, l'ensemble des peuples de la
terre seraient des descendants de ces trois fils. Chacun ira vivre dans
une région du Monde où il établira sa descendance.
La Genèse donne des listes généalogiques de leur
postérité. Certains de ces personnages donneront leur nom
à des régions qui le garderont longtemps. C'est le cas de
Canaan, de Sidon, d'Elam, d'Assur.
La tour de Babel
Le
peuplement de
la terre ainsi renouvelé ne tarde pas à
recommencer à prospérer. La population
des descendants de Noé se multiplie. De nouveaux centres urbains
se construisent. Une ville, Babel, prend des proportions
particulièrement importantes. Ses habitants font
des projets architecturaux ambitieux. Ils se mettent à
construire une tour gigantesque, un monument démesuré.
Leur intention inavouée est de montrer leur puissance, de faire
étalage de leur génie constructif.
Mais dans leurs projets prestigieux, peut-être ont-ils
oublié de garder la modestie et la mesure de toute chose.
C'est
précisément ce que leur reproche Yahvé, le Dieu
qui a préservé leur ancêtre Noé de la
noyade, et
qu'ils ont peu à peu négligé de
vénérer. Mécontent des projets délirants
des hommes, Dieu décide d'empêcher leur
réalisation. Jusqu'à présent, dans la
région on ne parlait qu'une seule langue. Dieu introduit chez
les habitants l'usage de plusieurs langues. Désormais
polyglottes, les constructeurs deviennent alors incapables de
communiquer entre eux. Les hommes cessent alors de bâtir leur
ville et leur tour géante. Finalement le chantier est
abandonné, et la population dispersée.
Vestiges
de la ziggurat d'Ur, prototype de celle de Babylone aujourd'hui
détruite.
Cette dernière a été identifiée par
les archéologues comme étant
l'ancienne tour de Babel.
(source: Ancient near east images)
Abraham le patriarche
Abraham est
le fils d'un homme nommé Tharé, originaire de la ville de
Ur en Mésopotamie. Tharé quitte cette région pour
s'installer à Haran, une ville située sur le chemin de
Canaan. Lorsque son père Tharé décède,
Abraham lui succède ; bientôt celui-ci sera témoin
d'une vision. Dieu lui demande de quitter Haran avec ses proches, et de
partir en direction du territoire de Canaan, c'est-à-dire de la
Palestine. Ce sera la terre prospère que Dieu lui donnera pour y
habiter. Abraham obéit, emmène sa famille et
s'établit en Canaan. Dieu promet à Abraham qu'il aura une
très nombreuse descendance. Pourtant il est âgé, il
n'a pas d'enfants et sa femme Sara n'est plus en âge d'enfanter.
Mais Dieu le lui assure : ses descendants seront plus nombreux que les
étoiles du ciel, ou les grains de sable d'une plage.
Dans sa famille, Abraham a un
neveu appelé Loth qui voyage avec lui. En arrivant en Palestine,
le patriarche vit avec sa famille comme de simples bergers nomades.
Mais lui et sa petite troupe rencontrent bien vite des
difficultés avec les peuplades déjà
installées dans la région. Pour pouvoir s'établir
dans le pays, il n'y a pas d'autre choix que de combattre. Des
échauffourées ont lieu entre la famille d'Abraham et des
tribus autochtones. Lors d'une de ces luttes, Loth est fait prisonnier,
et emmené par ses vainqueurs dans une ville appelée
Sodome, proche de la Mer Morte.
Image de la vie de nomade en Palestine.
(source: biblepicturegallery)
Quelques temps plus tard, Sarah
étant trop âgée pour enfanter, Abraham aura un
premier enfant nommé Ismaël, dont la mère est la
servante Agar. Sur demande de Yahvé il est instauré la
pratique de la circoncision, qui est établie dans toute la
famille d'Abraham, en signe de sa fidélité à
Yahvé.
Abraham a le sens de
l'hospitalité. Un jour trois inconnus se présentent
devant sa tente : sans hésiter il les invite à
déjeuner et leur propose un moment de repos. Il comprend que ses
hôtes sont des anges envoyés par Dieu. En même temps
Dieu parle au patriarche. Il lui confirme qu'il aura bien un fils de sa
femme Sara, et qu'il est confirmé dans son destin de père
d'une future grande nation, qui sera bénie entre toutes. Les
trois énigmatiques visiteurs prennent ensuite congé du
patriarche pour se rendre à Sodome.
Abraham et les trois anges.
Peinture de Marc Chagall, XXe s., France.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe ont
très mauvaise réputation. On dit que ce sont des villes
perverties, dont les moeurs sont très relâchées, y
compris entre les personnes de même sexe. Loth dispose d'une
maison dans la ville de Sodome. Lorsqu'il voit arriver les hommes
envoyés par Dieu, il les invite à séjourner chez
lui. Mais cette visite ne passe pas inaperçue : la demeure de
Loth est rapidement investie par une foule d'individus manifestement
sans morale. Loth ouvre sa porte pour tenter de disperser la foule,
mais il est lui-même pris à parti. Une bousculade a lieu,
et finalement les invités tirent Loth à
l'intérieur puis referment la porte.
Entretemps, Dieu
révèle à Abraham l'intention de Yahvé de
détruire Sodome et Gomorrhe, car leurs fautes sont très
graves. Abraham effrayé plaide pour la clémence, et
demande à Dieu d'épargner ces villes s'il s'y trouve des
habitants non pervertis, sages et justes. Abraham négocie : il
demande qu'un minimum de dix justes suffise pour que
la ville soit sauvée ; mais en réalité ce nombre
ne sera même pas atteint. En conséquence, la ville ne
pourra pas échapper à la justice divine.
A l'intérieur de la ville,
les étrangers entrés chez Loth lui expliquent qu'il doit
quitter la
ville de toute urgence, car Yahvé va punir leurs habitants,
faire tomber la foudre sur leurs villes et les détruire. Au
matin, Loth et ses compagnons ainsi que leurs femmes quittent donc la
cité en hâte. Lorsqu'ils sont hors de la ville, ils
entendent derrière eux de grands fracas. La terre tremble, les
flammes éclairent les alentours. Tandis qu'ils poursuivent leur
chemin, la femme de Loth regarde en arrière, malgré la
consigne formelle de ne pas se retourner. Immédiatement elle est
transformée en statue de sel.
Le reste des fuyards se
réfugie dans une ville voisine, Ségor, qui
ne sera pas détruite. Le lendemain, le patriarche Abraham peut
observer ce qui est arrivé : à la place des deux villes,
il ne voit plus que des cendres fumantes, restes des deux cités
rayées de la surface terrestre pour avoir gravement
péché contre Dieu.
La mer Morte vue du sud,
région où étaient bâties les cités
de Sodome et de Gomorrhe. Les vestiges de ces villes ont
été retrouvés.
(source: ebibleteacher.com)
Isaac, Esaü et Jacob
Plus tard
la réalité confirme la prophétie de Yahvé :
Sara devient enceinte et met au monde Isaac. Lorsque Isaac est devenu
plus grand, Dieu demande à Abraham de lui offrir son fils en
sacrifice. Pour Abraham, cet ordre est dur et contradictoire : si son
fils unique meurt, qui assurera la descendance promise ? N'osant
pourtant pas désobéir à l'ordre divin, Abraham
emmène donc son unique enfant sur une montagne, et l'attache.
Mais à
l'instant où il lève son couteau pour frapper, un ange
arrête le sacrificateur : Dieu n'accepte pas les sacrifices
humains. Dieu félicite Abraham de n'avoir pas refusé de
lui offrir son seul fils. Le sacrifice aura lieu toutefois, mais la
victime sera un bélier qui s'est pris les cornes dans des
branchages.
Le sacrifice d'Isaac.
Peinture de Marc Chagall, XXe s., France.
(source: maurice.lamouroux.com)
Pour avoir
une descendance, il faut avoir un fils qui se marie. Lorsque son fils
Isaac a atteint l'âge adulte, Abraham envoie l'un de ses
serviteurs en mission. Son devoir : trouver une femme pour Isaac et
revenir avec elle. Le serviteur quitte donc le campement, et part en
direction de l'est, le pays d'origine d'Abraham. Pour être
sûr de faire le bon choix, il s'en réfère à
Dieu. Dans sa prière, il souhaite que la promise se reconnaisse
grâce à un signe. Si une femme accepte de lui donner
à boire ainsi qu'à ses chameaux, elle sera la choisie.
La réponse ne tarde pas
à venir : arrivant près d'un puits, le serviteur trouve
une jeune fille occupée à y puiser. Lorsque celle-ci
l'aperçoit, elle lui offre immédiatement de l'eau, et
abreuve aussi ses montures. Alors le serviteur lui révèle
le but de sa mission. La jeune fille accepte, et bientôt sa
famille donne son accord pour un mariage. Quelques jours plus tard,
Isaac épouse Rebecca.
Femmes porteuses d'eau en Samarie.
(source: biblepicturegallery)
Le couple
aura deux fils, Esaü et Jacob. Lorsque ces fils auront grandi, un
désaccord s'établira entre eux. Esaü étant
l'aîné, il bénéficie du droit
d'aînesse, d'après lequel tout l'héritage de leur
père lui revient en totalité. Mais son frère cadet
ne l'entend pas ainsi. Jacob use d'un stratagème pour
s'approprier ce droit d'aînesse. Jacob prépare un
très grand plat de lentilles. Son frère est affamé
car rentre épuisé des travaux des champs. Alors Jacob
marchande : le plat de lentilles contre le
droit d'aînesse. Esaü a une telle faim, qu'il accepte de
renoncer à son droit d'aînesse ; après quoi il se
jette
sur le plat pour le dévorer.
Mais un
nouveau litige apparaît sur un autre point. Leur père
Isaac est âgé et malade. De surcroît, il est devenu
aveugle. Avant de mourir, Isaac souhaite donner la
bénédiction à son fils aîné
Esaü. C'est sans compter avec la ruse de Jacob. Sur les conseils
de
sa mère, Jacob se fait passer pour son frère afin
d'être béni à sa place. Pour prendre l'aspect de
son frère, il se recouvre d'une peau de mouton, son frère
étant très velu ... Isaac touchant la peau de mouton, le
prend pour l'aîné, et donne à Jacob la
bénédiction prévue pour Esaü !
La bénédiction de Jacob. Peinture
contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Jacob ayant
arraché à son frère le droit d'aînesse et la
bénédiction paternelle, il s’enfuit craignant la
vengeance d’Esaü. Il fait un long séjour en
Mésopotamie où il fondera une famille comptant douze
fils.
Jacob, impénitent, poursuivra ses malversations, y compris avec
son
beau-père. Une nuit Jacob voit dans un rêve une
échelle
qui relie la terre et le ciel, avec des anges qui montent et
descendent.
Cela l’amène à considérer cet endroit comme un
lieu
saint. Puis, une nuit, il luttera contre quelqu’un et sortira boiteux
de
ce combat. Dieu lui donnera un nouveau nom : Israël, qui signifie
«
fort contre Dieu ». Finalement Jacob rentre en Canaan, où
il
se réconcilie avec son frère, après lui avoir fait
parvenir de nombreux présents.
La lutte de Jacob avec l'ange.
Gravure peinte de Gustave Doré, XIXe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Esaü et
Jacob continueront à mener leur vie de bergers, se
déplaçant sur les mêmes territoires. Ils auront
chacun sa famille, celle de
Jacob ayant hérité du titre de peuple de Dieu. Jacob
s'appelle aussi Israël, nom qui désignera toute sa
descendance. Jacob aura douze fils, qu'il élèvera dans la
tradition du respect de Yahvé.
Joseph en Egypte
Joseph est l'un des douze fils de
Jacob. Lui et ses frères mènent comme leur père,
la vie de bédouins dans le désert. Encore jeune, Joseph
n'est pas aimé par ses frères qui le méprisent.
Son père tient cependant à reconnaître sa place
dans la famille.
Les onze
frères de Joseph lui jouent un jour un bien mauvais tour. Un
jour, se trouvant
loin de chez eux, ils complotent contre Joseph, le saisissent et le
jettent
dans un puits. Ils ne le tireront de son puits que pour le vendre comme
esclave à une caravane de marchands se dirigeant vers
l’Égypte.
Ils donneront à son père la fausse nouvelle de sa mort.
Prenant ce récit au sérieux, Jacob pleure beaucoup la
disparition de son fils.
Joseph emmené en esclavage.
Peinture contemporaine d'Aurore, France.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
En Egypte, un dignitaire égyptien du nom de Potiphar, proche du
pharaon, fait l'acquisition de l'esclave Joseph. Il l'emmène
chez lui et l'affecte à des tâches domestiques. Devenu
serviteur, Joseph effectue un travail qui est apprécié.
Mais bientôt un incident se produit dans la demeure de Potiphar.
En l'absence du maître, la femme de Potiphar tente de
séduire Joseph. Celui-ci repousse vigoureusement ses avances.
Alors, vexée de ce refus, elle accuse faussement Joseph d'avoir
tenté de la séduire. Potiphar est choqué : croyant
les affirmations de son épouse, il fait arrêter Joseph et
le fait mettre
en prison.
Le malheureux Joseph passe quelques
temps en prison. Heureusement pour lui, ses gardiens lui confient des
tâches de confiance, car malgré sa condition de
prisonnier, il fait toujours preuve de bonne conduite. Mais
bientôt le destin va changer totalement. On apprend que le roi
d'Egypte, le puissant pharaon, est troublé car il a fait un
rêve. Le
souverain est convaincu que ce rêve est un songe
qui contient un message prophétique et qui doit être
déchiffré. Le pharaon
ne trouve personne susceptible d'interpréter son rêve.
C'est alors que les geôliers
de Joseph proposent à Pharaon son concours. En effet,
ils se sont aperçus que leur prisonnier hébreu avait le
don
d'interpréter les rêves. Alors on sort Joseph de son
cachot
et on le présente au puissant monarque.
Heureux d'avoir trouvé un
candidat, Pharaon dépeint son rêve à Joseph. Le
songe montre des images qui se succèdent : des vaches
très bien nourries, au nombre de sept, défilent dans le
rêve du roi. Puis elles sont suivies par d'autres vaches, elles
aussi au nombre de sept, mais celles-ci sont
désespérément maigres. Finalement les vaches
maigres, affamées, se jettent sur les vaches grasses pour les
dévorer.
Le rêve du pharaon. Peinture contemporaine
d'Aurore, France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Joseph interprète le rêve de pharaon.
Peinture contemporaine d'Anne de
Vries, Pays-Bas.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Lorsque le roi a terminé
son récit, Joseph lui expose son interprétation. Il
confirme que ce rêve est effectivement d'essence divine, et
explique qu'il vient de son Dieu à lui, Yahvé. Les sept
vaches grasses représentent sept années de
prospérité économique à venir. Elles seront
suivies par sept années de sécheresse - les sept vaches
maigres - tellement désastreuses qu'il y aura une grande famine.
La famine détruira le bénéfice de la
prospérité antérieure.
Ayant entendu ces paroles, le
pharaon se montre très satisfait. L'interprétation lui
parait convaincante, et il en remercie Joseph, le seul qui a
été capable de l'éclairer. Pour l'avoir ainsi
aidé, Pharaon décide d'élever Joseph aux plus
grands honneurs. Il le nomme à un poste de fonctionnaire de haut
rang. Il le charge d'organiser lui-même la gestion des affaires
économiques, en prévision des évènements
annoncés.
Mais voilà que la
prophétie commence à se réaliser. Des
années exceptionnellement bonnes permettent au pharaon et
à Joseph de faire accumuler des réserves de nourriture.
Les récoltes de blé sont stockées en
quantité, et tout le royaume d'Egypte fait des réserves
importantes sous le contrôle royal. Puis, au bout de sept ans, la
prospérité économique laisse la place à
une terrible sécheresse. Pour l'Egypte et la plupart des pays
d'Orient, cette crise est une catastrophe. Heureusement il y a les
réserves emmagasinées. Pendant sept ans, l'Egypte vit sur
les stocks qu'elle a accumulés. Bien plus, les habitants des
pays voisins de l'Egypte, sans ressources, viennent acheter de la
nourriture à Joseph et à Pharaon.
Récolte du blé en Egypte.
Peinture murale de la tombe de Senedjem.
(source: www.carey.ac.nz)
Parmi les acheteurs potentiels du
blé égyptien, il y a la famille d'origine de Joseph qui
est restée en Palestine. Son vieux père Jacob envoie les
onze frères se procurer du blé en Egypte. Au terme de
leur voyage, ils arrivent dans la capitale, et
présentent leur demande à l'administrateur des
réserves. Sans le savoir, ils se trouvent face à face
avec leur frère.
Joseph reconnaît sa
famille. Sans révéler son identité, il se souvient
du vieil incident, et décide de mettre ses frères
à l'épreuve. Il s'arrange pour faire accuser de vol le
plus jeune d'entre eux, appelé Benjamin. Un coup monté
par Joseph met son frère devant les preuves apparentes de sa
culpabilité. Il les convoque tous à un banquet, au cours
duquel il leur fait de graves reproches. Les voyant effrayés,
Joseph est alors finalement
pris par l'émotion. Il leur révèle sa
véritable identité. A
leur grande stupéfaction, il relate devant eux toute son
aventure, et finit par leur pardonner à tous. Avec
l’autorisation de Pharaon, il permet à sa famille
de s'établir en Égypte. Leur vieux père Jacob,
apprenant
l'heureux dénouement, vient les rejoindre et s'installe lui
aussi
sur les rives du Nil.
Joseph accueille Jacob en Egypte.
Peinture contemporaine d'Anne de Vries, Pays-Bas.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
La famille de Jacob
s'établit durablement en Egypte. Elle y restera pendant
plusieurs générations, augmentant en nombre, et et
formant au fil des années une communauté de plus en plus
importante. Les années passent. Les descendants de Jacob,
devenant le peuple hébreu, se trouveront bientôt dans une
situation d'immigrés en surnombre.
Peinture murale
égyptienne figurant des Sémites, désignés
sous
l'appellation de "Habiru" (Hébreux?). Tombe de Khnoumhotep II,
Beni Hasan.
(source: www.Jesuswalk.com)
La jeunesse de Moïse
Le livre de l'Exode
relate la fin du séjour en Egypte de la famille de Jacob.
L'Egypte devient peu à peu hostile aux enfants d'Israël qui
y vivent, et dont le nombre est constamment croissant. Un jour le
pharaon de l'époque, lassé lui aussi de la
présence des Hébreux, prend une décision radicale
: il ordonne que tous les nouveaux-nés hébreux soient mis
à mort. Un massacre des Hébreux est
perpétré par le Pharaon et ses soldats.
Il se trouve parmi eux une
mère qui tient absolument à sauver son fils
menacé. Elle installe son nourrisson dans un panier flottant, et
l'abandonne sur le Nil. Le panier part à la dérive, suivi
discrètement à distance par la soeur du nouveau-né.
L'enfant a beaucoup de chance. En
aval du fleuve se trouve par hasard la famille royale d'Egypte. La
fille du pharaon est près de la rive, avec ses servantes. Son
attention est attirée par ce panier qui vogue et qui émet
des piaillements d'enfant. La fille du roi recueille le panier et le
nourrisson. La princesse égyptienne est attendrie. Ne retrouvant
pas sa propriétaire, elle décide de l'adopteret lui donne
un nom : Moïse, ce qui signifie : "sauvé des eaux". Le
jeune Moïse grandit à la cour royale.
Moïse sauvé des eaux.
Peinture de He Qi, XXe s., Chine.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Qu'est devenu le peuple
hébreu ? Méprisé par les Egyptiens, il est
maintenant réduit en esclavage. Partout en Egypte, les
Hébreux effectuent les travaux les plus pénibles pour le
compte du puissant pharaon. Ils confectionnent les briques, taillent
les pierres, traînent les gros blocs, assemblent les
matériaux pour construire les palais prestigieux de leurs
maîtres. Le travail est rude, ce sont même des travaux
forcés. Un jour, Moïse assiste à une scène de
châtiment : un ouvrier hébreu est flagellé par un
contremaître égyptien. Révolté, Moïse
intervient, se jette sur l'Egyptien
et le tue. Moïse réalise alors la
gravité de son acte : effrayé, il s'enfuit alors dans le
désert.
Travaux en Egypte. Fabrication de
briques.
Peinture murale de la tombe de Nakht.
Craignant d'être
arrêté et condamné pour homicide, Moïse se
réfugie dans le désert du Sinaï. Il rencontre des
Madianites, un groupe de bédouins du désert, et vit avec
eux. Il occupe son temps à garder leurs troupeaux dans les
collines éloignées de toute agglomération.
Mais voilà qu'il va
assister à un phénomène extraordinaire. Pendant
qu'il veille sur ses moutons en plein désert, Moïse
aperçoit un buisson en feu. Ce spectacle l'intrigue, d'autant
plus que le buisson brûle mais ne se détruit pas.
Etonné par ce phénomène, il s'approche pour mieux
l'observer.
Moïse et le buisson ardent.
Peinture d'Aurore, XXe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
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Tandis que
Moïse se rapproche, une voix se fait soudain entendre, venant de
l'arbuste. C'est Dieu qui lui parle, le Dieu unique des
Israélites. La voix de Dieu évoque la détresse de
son peuple, puis confie à Moïse une mission : il doit
retourner en Egypte voir le pharaon, pour lui demander la
libération du peuple hébreu. Le peuple de Dieu devra
ensuite quitter le pays pour retourner sur la terre de ses
ancêtres. Pour aider Moïse à convaincre le monarque,
Dieu promet à Moïse de réaliser des prodiges
spectaculaires devant le roi, pour lui montrer qu'Il est le plus grand.
Comme Moïse lui demande
son nom, Il répond : « Je suis celui qui est » :
Yahvé.
A la suite de cette vision,
Moïse retourne donc à la ville et se présente
à la cour royale. Devant le roi d'Egypte, il exprime sa
requête, qui bien évidemment est repoussée avec
dédain. Mais Moïse insiste. Pour convaincre le roi, il
accomplit les miracles promis par Dieu. Le bâton qu'il porte se
transforme en serpent. Sa main se
couvre de pustules. Pourtant le pharaon s'entête, refusant
obstinément d'accorder la liberté au peuple hébreu.
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Les dix plaies d'Egypte
Les visites
de Moïse auprès du pharaon deviennent plus
fréquentes. Il fait chaque fois la même demande,
inlassablement. Et chaque fois, le roi refuse. Alors, chaque fois,
Moïse fait pleuvoir sur l'Egypte une nouvelle calamité. De
terribles plaies s'abattent sur l'Egypte : le pays est tour à
tour envahi par les
grenouilles, les mouches, les moustiques, les sauterelles, la
grêle, l'obscurité. L'eau se transforme en sang et le
bétail est terrassé. Finalement, la dernière plaie
est la mort de tous les hommes égyptiens qui sont des
premiers-nés. Même le fils du pharaon succombe. Seuls les
Hébreux sont épargnés. A ce moment-là
seulement, le roi cède enfin, et autorise Moïse à
quitter l'Egypte avec son peuple.
La dernière plaie, la mort
des premiers-nés, marque le moment où les Hébreux
fêtent la Pâque juive pour la première fois. A la
demande de Yahvé, ils font ce soir-là un repas
constitué d'un agneau rôti. Ils doivent en outre marquer
les montants de leurs portes avec du sang de l'animal immolé.
Ainsi, la mort des premiers-nés ne frappera pas les enfants
d'Israël, car le signe sur leurs portes sera reconnu par l'ange
exterminateur. Cette nuit-là, lorsque la mort vient frapper le
pays, les Egyptiens comptent un grand nombre de morts chez eux. Ils se
tournent alors vers les Hébreux, et les supplient de partir
aussi loin que possible de
leur pays.
La sortie d'Egypte
Ayant enfin
obtenu l'autorisation d'emmener les Hébreux hors du pays
d'Egypte, Moïse rassemble le peuple de Dieu pour le grand
départ. Lorsque le signal est donné, la longue colonne se
met en marche. Les Hébreux font route vers le nord-est, en
direction de la frontière égyptienne.
Mais entretemps, le pharaon se
ravise : il refuse à nouveau l'autorisation de départ.
Les Hébreux sont à ce moment sur le point de sortir du
territoire égyptien, près d'un bras de mer qui se trouve
sur la frontière. Le roi est déterminé à
employer la force. Il arme toute sa cavalerie, et part à la
poursuite des fuyards. Les Hébreux à ce moment arrivent
sur
la rive de la mer des Roseaux.
Ramsès II sur son char de guerre. Ce serait lui qui
aurait été confronté à Moïse.
Peinture murale d'une tombe égyptienne.
(source: z.radovan)
Lorsqu'ils aperçoivent la
puissante armée égyptienne qui apparaît
derrière eux à l'horizon, les Hébreux sont preis
de panique. Ils craignent d'être massacrés. Mais
Moïse les rassure : ils n'ont rien à craindre, parce
que Yahvé leur Dieu va les délivrer du danger. A ces
mots, Moïse prend son bâton et le dirige vers la mer. Et
soudain les eaux se fendent en deux, laissant miraculeusement un
passage à sec au milieu de la mer.
Sous la conduite de Moïse,
le peuple d'Israël s'engage dans le lit asséché de
la mer. Les Hébreux ont juste le temps de le franchir et
d'atteindre l'autre rive, car la cavalerie égyptienne est
à leur poursuite. Les Egyptiens s'engagent eux aussi dans la mer
asséchée. Alors Moïse étend son bâton
une nouvelle fois, et brusquement la mer se referme sur les soldats
égyptiens. Et c'est un grand désastre pour l'armée
égyptienne. Des centaines de soldats meurent noyés,
renversés, emportés par
les flots. La cavalerie du pharaon est détruite. Ce
jour-là, l'Egypte renonce définitivement à retenir
le peuple hébreu en esclavage.
La traversée de la mer par les Hébreux.
Peinture d'Aurore, XXe s., France.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Quarante ans dans le désert : de l'Egypte au Sinaï
Le peuple hébreu ayant
réussi à traverser la mer et à échapper
à la menace égyptienne, Moïse lui explique que sa
destination est la terre fertile de leurs ancêtres, la "Terre
promise", appelée Canaan. Pour y parvenir, la route sera longue
et difficile. Mais pour l'heure, on se doit d'organiser une grande
fête en l'honneur de Yahvé qui a accompli de grands
miracles pour délivrer Israël. Un cantique, appelé
le cantique de Miriam, est chanté dans le campement par tout le
peuple rassemblé.
Le voyage vers la Terre promise
commence. L'itinéraire choisi contourne le massif du Sinaï
par le sud. Mais les régions traversées sont arides. Le
désert est omniprésent, même au bord de la mer. La
difficulté majeure est le ravitaillement, en eau et en
nourriture. Les Hébreux s'impatientent. Qui les
désaltèrera
? De quoi se nourriront-ils ? Ils apostrophent Moïse,
déclarant qu'ils préfèrent vivre comme esclaves en
Egypte plutôt que mourir de faim et de soif dans le désert.
Pressé
par le peuple impatient, Moïse s'en réfère à
l'Eternel. adresse à Dieu une prière. Yahvé
répond et promet que chaque nuit,
Il fera tomber du ciel une sorte de pain miraculeux, la manne
céleste. Effectivement, le matin suivant, les Hébreux
trouvent le sol entièrement recouvert de mie de pain ayant
l'aspect de la neige. Ils s'en nourrissent, et dès lors la manne
divine suffit pour nourrir les gens au jour
le jour. Le seul matin où la manne ne tombe pas est le dimanche,
jour de repos du Seigneur. En prévision, les
bénéficiaires sont invités à faire des
provisions supplémentaires
la veille.
Le même problème ne
tarde pas à se poser pour l'eau potable. Conscient de ce manque,
Moïse se tourne vers Dieu une nouvelle fois. Celui-ci lui
répond
qu'il trouvera de l'eau miraculeusement : il n’a qu’à frapper le
rocher qu’Il lui indique à l'aide de son bâton. Moïse
se tourne alors vers le peuple, et transmet la réponse de
Yahvé.
Il prend son bâton, s'approche du bord d'une colline et frappe.
De
l'eau apparaît, comme une source cachée que l'on fait
renaître.
Le peuple est rassuré et sauvé, et peut se
désaltérer
autant que nécessaire.
Une vue du massif du
Sinaï.
(source: ebibleteacher.com)
Il faut cependant
poursuivre la route et marcher. La longue colonne se remet en route, et
avance lentement vers le nord. Jour après jour, étape
après étape, le peuple avance dans le désert.
Moïse est à sa tête et maintient l'unité.
Durant tout le voyage, Dieu lui apparaît
régulièrement. Sur Sa demande, Moïse monte sur le
Mont Sinaï. Il dresse une tente pour Yahvé, espace qui
devient un lieu saint. Yahvé donne à Moïse ses
instructions. Le peuple juif est le peuple élu, choisi par Dieu
pour avoir une place particulière parmi les nations. Israël
est le peuple saint, qui porte en lui le principe du Dieu unique.
La manne céleste. Enluminure
extraite du
"Speculum humanae salvationis",
XVe s., France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)
Le groupe de voyageurs doit aussi
affronter des ennemis redoutables sur leur passage. Une bataille
fameuse a lieu contre le peuple d'Amalec. Au plus fort de la bataille,
Moïse lève les bras au Ciel pour implorer l'aide de
Yahvé. Par miracle, les choses s'arrangent dès cet
instant. Moïse se rend compte que pour garder l'avantage, il doit
garder ses bras levés vers le ciel. Il le fera pendant toute la
durée de l'affrontement, mais il doit appeler alors ses deux
fils pour qu'ils lui soutiennent les bras jusqu'à la fin de la
bataille. C'est finalement une grande victoire pour Israël.
Les dix Commandements
Moïse recevant les tables
de la Loi. Icône russe.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Dans
son dialogue avec Yahvé, Moïse reçoit de l'Eternel
un code de lois à respecter, valable pour tous les enfants
d'Israël. Ce sont les Dix Commandements, que Moïse
reçoit sur le mont Sinaï. Les Dix Commandements sont
gravés par l'Eternel sur deux tables de pierre. Lorsque
Moïse en a
pris possession, il quitte la tente et redescend dans la vallée
pour les transmettre au peuple.
|
Lorsque Moïse muni des
tables de la Loi retrouve les Hébreux, une amère
déception l'attend : pendant qu'il dialoguait face à face
avec Dieu, les Juifs se sont fabriqués un faux dieu, une statue
en or représentant un veau. Ils sont en train de festoyer en
l'honneur de ce nouveau dieu, incompatible avec le culte de
Yahvé. Voyant cela, Moïse entre alors dans une violente
colère. Il renverse la statue du veau d'or, la fait fondre,
adresse de très virulents reproches au peuple dissipé.
Les Hébreux ont commis un grave péché, celui de
l'idôlatrie qui les a détournés du vrai Dieu. Dans
sa colère, Moïse jette au sol les tables de la Loi.
Celles-ci se brisent net ; il faudra donc graver de nouvelles tables.
Moïse remonte donc sur le Sinaï dans la
tente de Yahvé, et reçoit de nouvelles tables.
|
Le veau d'or. Peinture de
Nicolas Poussin, XVIIe s., France.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Moïse brisant les tables de la loi.
Peinture anonyme contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Le peuple
d'Israël prend connaissance du contenu des tables de la Loi. Les
dix commandements sont un
code de pratique religieuse envers le Dieu unique Yahvé, et de
principes moraux à respecter. Pour être conservées
à l'abri, les tables sont enfermées dans un coffre que
les Israëlites confectionnent en le décorant avec le plus
grand soin : de l'or, du bois précieux, des ornements sont
utilisés. Ce coffre symbolise le contrat passé avec
l'Eternel, et est appelé l'Arche d'Alliance. Le texte des dix
commandements est conçu ainsi :
Texte des Dix Commandements,
écrit en langue
hébraïque d'origine.
(source: ebibleteacher.com)
|
" Moi, Yahvé, Je suis
ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de
servitude.
Tu n'auras pas d'autre dieux en dehors de moi.
Tu ne te feras pas d'image taillée, ni aucune figure ; tu ne te
prosterneras pas devant elles et tu ne leur rendras pas de culte.
Tu ne prendras pas en vain le nom de Yahvé.
Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.
Honore ton père et ta mère.
Tu ne tueras point.
Tu ne commetras point d'adultère.
Tu ne voleras point.
Tu ne déposeras pas comme témoin mensonger contre ton
prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni sa femme, ni rien
de ce qui lui appartient."
|
La fin du Livre de l'Exode
complète les paroles dites par Yahvé à Moïse
dans le désert. Il définit le rôle particulier des
fils d'Aaron, descendants de Lévi, qui seront les prêtres.
Sur la demande de Dieu, le peuple construit un ensemble d'objets de
culte constituant le mobilier liturgique qu'ils transporteront avec
eux. Les Israélites mettent leur meilleur savoir-faire dans la
fabrication des objets de culte dédiés à
Yahvé.
Le mobilier magnifique que les
Hébreux fabriquent pour le culte comprend : un coffre en acacia
plaqué or, appelé Arche d'Alliance et destiné
à contenir les tables de la Loi ; une table des offrandes, dite
des pains de proposition, également en bois d'acacia ; un
chandelier à sept branches en or massif ; un autel des parfums
et un autel des sacrifices ; des vêtements somptueux pour les
prêtres ; une tente appelée Tente de la Réunion ou
Tabernacle, qui sera le lieu saint et qui contiendra tout le mobilier.
Le Tabernacle ou Tente de la
Réunion.
Maquette réduite
réalisée par Andrew
Gillesae.
(source: biblepicturegallery)
L'Arche d'Alliance contenant les Tables de la Loi.
Reconstitution.
(source: ebibleteacher.com)
|
Le chandelier en or à
sept branches. Reconstitution.
(source: freestockphotos.com)
|
Le Livre
appelé Le Lévitique contient un certain
nombre de préceptes donnés par Dieu à son peuple.
Les Lévites sont les descendants de Lévi, l'un des
frères de Joseph le patriarche. Ils ont un rôle
particulier lié au culte. Ce livre détermine le rituel
des sacrifices, définit le rôle des prêtres, donne
quelques mesures d'hygiène, différencie ce qui est pur et
impur.
La suite du long périple : du Sinaï à la Mer Morte
Ayant quitté le mont
Sinaï, les Israélites progressent peu à peu vers le
nord, pour
s'approcher de la Palestine qu'ils contournent par l'est, en remontant
la vallée qui prolonge la Mer
Morte. Ils passent sur la rive est derrière la Mer Morte. Les
régions désertiques qu'ils traversent constituent un
itinéraire assez peu fréquenté. L'objectif final
est la Palestine, alors appelée Canaan ; cette riche
contrée est occupée par diverses peuplades qui y sont
établies depuis plus ou moins longtemps.
Le livre appelé
les
Nombres rend d'abord compte d'un recensement des Enfants
d'Israël, effectué durant l'Exode sur demande divine. Il
recense les douze tribus d'Istraël, qui sont en fait les
descendants des douze fils de Jacob. Tribu par tribu, le
dénombrement donne le chiffre total considérable de plus
de six-cent mille hommes valides.
Ce livre relate également
plusieurs épisodes de la progression des Hébreux entre le
Sinaï et la Palestine. En remontant vers le nord, les
Israélites abordent d'autres territoires dont les possesseurs ne
sont pas toujours disposés à les laisser passer. Ils
demandent au roi d'Edom l'autorisation de traverser son royaume, mais
ne l'ayant pas obtenue, ils le contournent. Cela se passe moins bien
avec le roi du territoire suivant, celui des Amorrhéens, qui se
montre franchement hostile et lève une armée contre
Israël. Un affrontement sanglant a lieu, qui se termine par la
victoire des Hébreux ; ceux-ci prennent alors possession de tout
le territoire des Amorrhéens. Par la suite, les Hébreux
doivent aussi vaincre d'autres peuples comme les Madianites.
Le territoire d'Edom à l'est de la mer Morte,
contourné par les Hébreux durant l'Exode.
(source: bibleplaces.com)
Le
Deutéronome
reprend lui aussi quelques faits narratifs de l'Exode. C'est aussi un
recueil des préceptes moraux que Dieu donne à Moïse
dans le désert. Dans ce texte, Yahvé exhorte le peuple
à la fidélité et à l'obéissance
à son Dieu. Il
est aussi question de droit et d'éthique, où l'on
préconise notamment la bienveillance envers les personnes
faibles, et un comportement strict en matière de moeurs.
Carte du trajet suivi par les Hébreux durant
l'Exode (tracé rouge).
(source: ebibleteacher.com)
|
Chameaux dans le désert.
(source: freestockphotos.com)
|
La dernière partie du
Deutéronome reprend le fil du récit, au moment où
la mission de Moïse touche à sa fin. Yahvé demande
à son serviteur de monter au sommet du
mont Nebo ; cette montagne qui domine toute la région, offre une
large vue sur la Palestine. Le prophète est informé par
Dieu qu'il n'entrera pas en Terre promise. Les Hébreux seront
conduits à destination par son successeur, qui sera
Josué. En attendant, Moïse peut contempler depuis le mont
Nebo le vaste pays qui sera donné par Dieu à son peuple.
La plaine de Capharnaüm en Palestine, au bord du lac de
Tibériade.
Une image du pays promis par Dieu au peuple hébreu.
(source: ebibleteacher.com)
Moïse décède
en cet endroit, après que Josué a reçu la mission
de conduire le peuple de Dieu. Il est enterré dans la
vallée de Moab, nul ne sait exactement où. Les
Hébreux célébrent
un deuil de trente jours pour honorer Moïse.
Les espions de Moïse ramenant du
raisin. Enluminure
extraite du "Speculum humanae salvationis",
XVe s., France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)
Sous la conduite de Josué
Dans le
Livre de
Josué, le successeur de Moïse prend le commandement
du peuple. Sa mission est de conquérir la Palestine et d'y
installer le peuple d'Israël. A l'époque de Josué,
cette région encore aux mains des Cananéens, mais elle
sera bientôt la proie des Philistins, un peuple d'envahisseurs
venu sans doute par la mer depuis la péninsule turque. Les
Philistins ont cruellement ravagé la région au moment de
leur conquête. Mais face à cet adversaire, Josué
est un fin stratège militaire. Son plan consiste à
prendre possession du pays progressivement, en commençant par la
ville de Jéricho, proche du nord-ouest de la Mer Morte.
Lorsque les habitants de
Jéricho voient les Hébreux s'approcher, ils prennent peur
et s'enferment dans leurs murs. Les Israélites font alors le
siège de la ville. Pendant leur approche, deux éclaireurs
hébreux réussissent à s'infiltrer
discrètement dans la cité. Ils le font avec la
complicité d'une habitante, qui se trouve être une
prostituée. Celle-ci leur permet d'en ressortir en descendant le
long d'un mur avec une corde. Les intrus obtiennent ainsi quelques
informations sur l'état moral de la cité.
Vue de la partie nord de la Mer Morte
et de l'embouchure du Jourdain.
(source: bibleplaces.com)
La prise de Jéricho
La ville de Jéricho sera
prise grâce à une opération d'envergure, qui
demeure dans toutes les mémoires. Sur demande de Yahvé,
le peuple tout entier fait spectaculairement le tour de la ville, en
transportant l'Arche d'Alliance et en invoquant Dieu. Le
mouvement est renouvelé sept fois de suite. Après cela,
les Hébreux font entendre leurs voix et sonner de la trompette
devant les remparts de la ville. Ils émettent un cri aussi
puissant qu'ils le peuvent. A ce moment précis, les murailles de
Jéricho s'effondrent soudainement. En l'espace de quelques
instants, les défenses de la ville ne sont plus que ruines.
Ce n'est
désormais plus qu'un jeu de pénétrer dans la ville
et de se rendre maîtres du lieu. Les vaincus sont passés
au fil de l'épée et la ville incendiée. Dans le
texte biblique, il est dit que Dieu insiste pour que les habitants ne
soient pas épargnés. La
raison qu'Il donne à cela est la nécessité
d'éviter que des survivants cananéens n'exercent plus
tard une influence néfaste sur le peuple d'Israël par leurs
cultes païens.
Les
Hébreux ayant pris Jéricho, ils ne s'y installent pas,
car Josué le leur interdit. Cette ville ne doit pas être
reconstruite, et si un jour quelqu'un tente de le faire, il y laissera
la vie.
Vestige d'une vieille tour de
Jéricho.
Jéricho est l'une des plus anciennes villes
du monde.
(source: bibleplaces.com)
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Vestige d'un mur effondré
de Jéricho,
datant sans doute des temps
bibliques.
(source: ebibleteacher.com)
|
La conquête de la Palestine
Le reste de la Palestine sera
conquis progressivement, par étapes, sous la direction de
Josué. Ce sera fait de manière méthodique, et cela
nécessitera plusieurs années.
La deuxième ville prise
par Israël sera Haï. La ville est conquise par la ruse,
grâce à une diversion. A la suite de ce brillant fait
d'armes, les autres peuplades locales prennent peur, et fomentent deux
coalitions de rois : celle du sud et celle du nord. Elles seront
vaincues toutes les deux.
C'est lors de cette
conquête guerrière que se situe un épisode fameux.
Lors de la bataille de Gabaon contre les coalisés du sud, Dieu
intervient et arrête la course du soleil, pour laisser aux
Hébreux le temps de terminer leur victoire. Les rois vaincus
s'enfuient et se cachent dans une grotte, mais sont finalement
retrouvés puis
exécutés. De la même manière, la coalition
du nord est défaite lors d'une attaque-surprise à
Mérom, près de Sidon.
Après chaque victoire,
Josué s'empare des possessions territoriales des vaincus. A
mesure que les terres de la Palestine sont conquises, les
Hébreux s'y établissent. Ils ne se mélangent pas
avec les gens qu'ils remplacent, de peur d'être corrompus et
détournés du culte de Yahvé. La consigne est
d'éliminer les habitants par le fer, afin d'empêcher toute
compromission. Les territoires conquis militairement
sont partagés, et confiés chacun à une tribu
israélite. Les hébreux s'établissent
dans les territoires qu'ils ont acquis.
Lorsque la vie de Josué
s'achève, la conquète est loin d'être finie, de
nombreuses terres restant à prendre. En mourant, Josué
demande aux Hébreux de toujours respecter scrupuleusement la
fidélité au Dieu unique, condition impérative pour
la survie de son peuple.
Le temps des Juges
Le Livre des
Juges relate la période qui suit la mort de
Josué. Les années s'écoulant, les nouvelles
générations installées ne respectent pas le culte
de Yahvé, et se tournent vers des divinités locales
telles que Baal et Astarté. Alors Dieu en colère suscite
à Israël des ennemis puissants pour l'éprouver. Ce
livre relate une succession de succès et de revers militaires,
selon la fidélité ou l'infidélité du peuple
à Yahvé. Le salut revient chaque fois grâce
à l'intervention de personnes choisies par Dieu, appelées
les juges, sortes de gouverneurs qui délivrent Israël du
danger.
L'un d'eux appelé
Gédéon, sauve Israël menacé par une agression
venue du peuple de Madian. Gédéon prend le commandement
des troupes. Conseillé par Yahvé, Il livre avec
succès une spectaculaire bataille nocturne. Trois cents soldats
juifs encerclent nuitamment le camp ennemi ; puis soudain ils sonnent
du cor, et sortent des torches enflammées qu'ils cachaient dans
des cruches. Les Madianites, effrayés et pris de panique,
s'entretuent dans la plus grande confusion.
Statuette
d'une divinité locale trouvée à Ougarit. Les
cultes idolâtres attireront constamment
les Israélites, malgré l'interdiction formelle des
prophètes de Yahvé.
(source: www.kchanson.com)
Après
Gédéon, le peuple d'Israël connaîtra d'autres
juges. L'un d'eux nommé Samson, est connu pour sa force
herculéenne. Cela est bien utile pour combattre les ennemis
d'Israël ! Samson devient un jour l'amant d'une femme
nommée Dalila, pourtant originaire du peuple philistin
adversaire des Hébreux. Le roi ennemi qui veut capturer Samson,
obtient de Dalila qu'elle lui arrache le secret de sa force invincible.
Samson ne se méfiant pas, finit par révéler que sa
force disparaîtrait si ses cheveux lui étaient totalement
coupés. Alors, pendant le sommeil de son amant, Dalila lui rase
le crâne. Samson tombe aussitôt entre les mains des
Philistins.
Le prisonnier a les yeux
crevés, puis il est traîné dans un temple où
a
lieu une cérémonie païenne. Mais tandis que ses
cheveux commencent à repousser,
les forces lui reviennent. Son dernier acte sera de faire
s'écrouler le temple, en s'appuyant sur une colonne avec son
énergie légendaire. Le pilier s'effondre,
entraînant la destruction du temple tout entier, et la mort de
tous les occupants rassemblés en ce lieu.
La
dernière partie du Livre des Juges relate un conflit interne au
peuple élu. La tribu des descendants de Benjamin fait
sécession avec les autres tribus d'Israël, à la
suite d'une affaire de viol et de meurtre. Une guerre fratricide
éclate, qui se termine par la défaite des Benjaminites ;
elle est néanmoins suivie d'une réconciliation entre les
belligérants. Cet épisode amène l'auteur à
la conclusion que le désordre menace l'unité de tout le
peuple, et qu'il manquerait l'autorité d'un roi.
Avant que l'histoire
d'Israël ne devienne celle d'une monarchie, Le
Livre de Ruth
commence à préparer la transition. Ce texte met en
scène une habitante veuve du pays de Moab nommée Ruth,
qui choisit de devenir israélienne en suivant sa
belle-mère originaire d'Israël. Ruth la Moabite s'incorpore
au peuple hébreu, et épouse un cultivateur nommé
Booz. Le couple aura une descendance dont sera issu le futur roi David.
Travaux des champs en Israël.
(source: biblepicturegallery)
Le roi Saül et la jeunesse de David
Au
début du Premier Livre de Samuel, Dieu se
manifeste auprès de Samuel, un jeune novice au service
d'Héli, grand prêtre de Yahvé et juge en
Israël. Après la mort d'Héli, Samuel sera
établi à son tour juge pour Israël.
En fait le gouvernement des juges
ne plaît pas aux Israélites. Ils envient les peuples
voisins, qui sont des monarchies. Par l'intermédiaire de Samuel,
les Hébreux demandent à Dieu l'instauration de la
royauté. A cette requête, Dieu répond
négativement. Un roi serait tenté d'abuser de son
pouvoir, de se conduire en tyran et de faire du peuple ses esclaves.
Cependant le peuple insiste, et finalement Yahvé décide
lui accorde le roi qu'ils réclament.
Yahvé demande à
Samuel d'aller à la rencontre d'un homme brave et brillant
appelé Saül, et de l'établir comme roi
d'Israël. Samuel rencontre le futur monarque, et lui annonce que
Dieu l'a choisi pour régner sur son peuple. Samuel emmène
Saül sur un chemin, et de proclame roi d'Israël. Pour
officialiser l'évènement, il lui verse de l'huile sur la
tête.
Le roi
Saül sera un monarque brillant au début. A la tête
des armées d'Israël, il remportera de nombreuses victoires
contre les Philistins. Mais
il n'obéira pas toujours aux directives de Yahvé,
transmises par le prophète Samuel. Alors Dieu fait savoir
à Saül qu'Il va le délaisser, et que la
royauté reviendra finalement à quelqu'un d'autre.
David et Goliath. Peinture contemporaine
d'Angela, Etats-Unis.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Cependant les rivalités se poursuivent entre Israël et les
territoires voisins. Les guerres contre les Philistins sont les plus
coûteuses. De plus, les combattants philistins ont un
héros. Leur champion est un soldat nommé Goliath, un
géant haut de plus de deux mètres à carrure
d'athlète. Ce colosse lance un défi aux Israélites
: il leur propose un combat singulier qui décidera du sort de
cette guerre. Les Juifs sont sommés de désigner un
combattant pour affronter Goliath.
Du côté des
Hébreux, les volontaires ne se bousculent pas pour relever le
défi ! Finalement, il se présente un berger nommé
David, un être jeune et frêle. Et lorsque les deux
combattants sont mis en présence, Goliath tout en armure ne peut
s'empêcher d'éclater de rire devant son fragile
adversaire. David répond à son ennemi en déclarant
que Dieu combat pour Israël, et que personne ne peut vaincre
Yahvé. Puis le jeune berger se saisit d'une pierre et arme sa
fronde : le projectile est lancé, et atteint Goliath directement
au front. Le géant meurt sur le coup et s'écroule.
|
Le jeune David saisit
aussitôt le glaive du géant tombé à terre,
et lui tranche le cou. A ce moment-là, les Philistins sont
épouvantés. Ils prennent aussitôt la fuite, mais
sont poursuivis, et la victoire est complète pour les
Israélites.
A la suite de cet
évènement, le roi Saül ne peut pas ignorer l'exploit
du jeune David. Il l'invite à sa cour, l'engage dans
l'armée, l'héberge dans son palais. Le jeune David
devient l'ami du fils de
Saül, Jonathan. Mais bientôt, les succès militaires
de David surpasseront ceux de Saül. David gagne en prestige. Une
rivalité s'instaure peu à peu entre les deux hommes. Le
monarque est de plus en plus jaloux, et bientôt il ne supporte
plus David. Un jour où David joue de la cithare, pris de folie,
le roi tente de le clouer contre le mur avec sa lance.
Le roi Saül luttant contre les Philistins. Peinture
contemporaine.
(source: freebiblepictures)
Aidé par Jonathan, David
est obligé de quitter le palais, et de se cacher hors des zones
habitées. Saül le fait rechercher, dans l'intention
évidente de le faire mourir ce rival. Mais David a des
partisans. Il mène alors la vie de maquisard. Un soir,
l'armée de Saül vient camper près du désert
de Ziph, non loin du camp de David qu'il poursuit. En pleine nuit,
lorsque l'armée du roi est endormie, David pénètre
discrètement dans le camp royal. Il va jusqu'au monarque, lui
prend son arme, puis s'en retourne sans l'avoir frappé.
Le matin suivant, David se
manifeste hors de sa cachette, et de loin il interpelle le souverain.
Il lui crie qu'il est venu nuitamment lui prendre son
épée, qu'il aurait pu le tuer mais qu'il ne l'a pas fait
! Il justifie ceci en disant qu'il respecte le roi
désigné par Dieu ; il n'est donc pas nécessaire
que le roi en veuille à sa vie. Entendant ces paroles,
Saül, confus, s'en retourne et rentre dans son palais.
Le vieux roi Saül finira par
perdre confiance en lui-même, se sentant
abandonné par Dieu. Lors d'une ultime bataille
à Gelboé, Saül est finalement encerclé par
des Philistins ; pour ne pas être pris vivant, il se jette sur
son épée et sera retrouvé mort empalé. Son
corps sera suspendu par ses ennemis à la muraille
de la ville de Bethsan.
David en vue du camp de
Saül. Peinture de Tissot, XIXe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
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La
grotte d'Adullam, où se serait caché David lors de sa
poursuite par Saül.
(source: ebibleteacher.com)
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Le roi David
Le
Second Livre de Samuel
montre l'avènement du nouveau pouvoir. Le nouvel homme fort
d'Israël, David, s'installe avec ses hommes et sa famille dans la
ville d'Hébron, au sud-ouest de Jérusalem. Saül
étant mort, David est bientôt proclamé roi à
Hébron. La cérémonie officielle est l'onction :
comme pour Saül, on lui verse de l'huile sur la tête. Le
nouveau roi règnera bientôt sur toute la Palestine.
L'une des étapes
incontournables de la conquête d'Israël est la prise de
Jérusalem, une plac forte habitée par le peuple
jébuséen. David décide de l'attaquer, et
l'emporte. S'étant emparé de la grande cité, David
en fera sa capitale, qui désormais s'appelle aussi "cité
de David", et devient la ville symbole d'Israël. David fait
transférer l'Arche d'Alliance dans la nouvelle capitale. Lors de
la cérémonie du transfert, il est tellement enthousiaste
qu'il se met à danser de bonheur autour de l'Arche.
La ville actuelle de Jérusalem,
aperçue depuis le Mont des Oliviers.
(source: freestockphotos.com)
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La galerie d'Ezéchias à
Jérusalem. C'est vraisemblablement grâce à
un tunnel que les soldats du roi David ont pu s'infiltrer
dans la ville.
(source: ebibleteacher.com)
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Ayant pris la grande cité,
David est désormais le roi incontesté. Il affermit son
pouvoir, se réconcilie avec les derniers partisans du camp de
Saül. Il remporte des victoires éclatantes contre les
ennemis d'Israël, poursuivant ainsi la conquête de la
Palestine. Il réussit même à soumettre plusieurs
des peuples voisins. Il bat les Philistins, les Moabites, les Syriens,
les Edomites, les Ammonites.
L'histoire de David sera celle
d'un roi prestigieux. Sa renommée spirituelle est immense. Il
réaffirme le culte de Yahvé et lui rend tout son lustre.
Son règne est celui d'un monarque très pieux,
respecté par tous ses sujets, jusque dans les contrées
voisines.
Le roi David est aussi connu pour
ses chants religieux à la gloire de Yahvé, qu'il avait
coutûme d'accompagner de sa harpe. Ses paroles deviennent une
longue série de textes littéraires, consignés dans
le livre des Psaumes.
Pourtant, David commet aussi une
faute. Il tombe amoureux d'une femme nommée Bethsabée,
qu'il aperçoit un soir depuis son palais en train de se baigner
nue. Comme elle est déjà mariée à un soldat
hittite nommé Urie, il projette un scénario
destiné à faire mourir son mari. Au cours d'une bataille,
plusieurs soldats à la solde de David laissent Urie se faire
tuer en première ligne. La manoeuvre réussit, et on
apprend bientôt que le guerrier Urie est tombé au champ
d'honneur.
Bethsabée étant
désormais veuve, David n'a pas de difficulté à la
prendre pour épouse, et la rend enceinte. Seulement, les
circonstances de cette rencontre ne plaisent pas à Yahvé.
L'Eternel le lui fait savoir par l'un de ses prophètes, Nathan.
Alors le roi, conscient de son
acte criminel, accepte de se repentir et de faire pénitence. Il
s'isole dans son palais, se met à jeûner et à prier
longuement. Pourtant, l’enfant de David que porte Bethsabée
meurt. La repentance de David dure plusieurs jours, jusqu'à ce
que Dieu lui fasse savoir que sa colère est apaisée.
Yahvé pardonne à
David en lui donnant un encore un fils de Bethsabée. Ce dernier
se
nommera « Aimé de Dieu ». Il succèdera
à
son père sous le nom de Salomon.
Le roi David.
Enluminure du XIIe siècle, France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Le roi David a plusieurs
fils, dont l'un d'eux s'appelle Absalom. Celui-ci a l'esprit rebelle.
Avec quelques amis, Absalom fomente une rébellion contre son
père. La conspiration éclate, et les
révoltés prennent les armes. Au cours d'un affrontement
dans la forêt d'Ephraïm, Absalom doit prendre la fuite. Se
déplaçant sur une mule, il passe sous un arbre, mais ses
longs cheveux restent accrochés aux branches. Il reste ainsi
pendu par les cheveux, et se fait rapidement rejoindre par les soldats
du roi.
L'officier Joab qui recueille le
prince prisonnier ne fait pas dans le sentiment : il sort son
épée, et transperce mortellement un Absalom incapable de
se défendre. Sa mort est rapportée à David.
Lorsque l'illustre roi apprend la mort de son fils, il est pris par
l'émotion et pleure amèrement. Même
révolté contre son père, un fils a toujours droit
à l'amour paternel.
Le roi Salomon
Le Premier
Livre des Rois évoque l'histoire de la royauté
après David. Salomon est désigné comme son
successeur au trône d'Israël. Bientôt le vieux roi
meurt, et est enterré à Jérusalem.
Lorsque Salomon devient roi
d'Israël, il est encore jeune et inexpérimenté.
Sera-t-il le digne successeur de son père ? Une nuit, Salomon
fait un rêve. Il voit Dieu qui lui demande de choisir une faveur
à obtenir pour son royaume. Salomon n'hésite pas : il
demande non pas richesse et puissance, mais plutôt sagesse et
équité. Alors Dieu le félicite : puisqu'il a fait
le bon choix, celui de la justice, il obtiendra non seulement l'esprit
de sagesse mais aussi la richesse et la puissance.
Et de fait, la prophétie
se réalise : bientôt la sagesse de Salomon s'avère
être encore plus grande que celle de David. Toute la
région admire le prestige du nouveau roi. Son royaume est
prospère, ses ennemis inexistants. Toute la Palestine est
pacifiée, les pays voisins lui envoient de riches
présents. Il épouse une princesse royale
égyptienne.
Un
épisode fameux illustre la renommée du roi Salomon. Le
monarque est souvent amené à siéger comme juge, et
à arbitrer
les litiges. Un jour on lui présente deux
femmes qui revendiquent la maternité du
même nourrisson. Laquelle des deux est la véritable
mère ? Pour les départager, le roi propose alors de
trancher le bébé en deux, et d'en donner la moitié
à chaque femme. L'une d'elles accepte. L'autre refuse
énergiquement, préférant laisser le
bébé à l'autre
prétendante plutôt que le voir mourir. Alors Salomon rend
sa sentence : la vraie mère est certainement celle qui refuse
que l'enfant soit mis à mort. Le nouveau-né est donc
remis à sa véritable mère.
Le roi Salomon entreprend la
construction du Temple de Jérusalem, édifié
à la gloire de Yahvé pour abriter l'Arche d'Alliance, qui
contient les tables de la Loi. Une construction monumentale est alors
mise en chantier. Le roi s'applique à créer un sanctuaire
aussi beau que possible. Il fait appel aux meilleurs artisans de son
royaume, fait venir les matériaux les plus précieux de
plusieurs pays. Son allié le roi phénicien Hiram lui
fournit les bois d'ébénisterie les plus précieux.
Le Livre
décrit en détail les caractéristiques du temple
dédié à Yahvé. Ses dimensions, sa forme,
les matériaux utilisés, sa décoration : tout est
explicité dans le texte. On peut aujourd'hui faire des
reconstitutions de ce temple, aujourd'hui disparu. Outre l'Arche
d'Alliance, le Temple contient tout le mobilier liturgique servant au
culte de Yahvé.
Le temple de Salomon à Jérusalem.
Représentation inspirée de la Bible.
Peinture de christopher Evans.
(source: www.fas.harvard.edu/~semitic)
La
renommée du roi Salomon s'étend loin hors des
frontières d'Israël. Elle atteint un pays du sud de la
péninsule d'Arabie, où une reine souhaite le rencontrer.
La reine de Saba veut être elle-même témoin de la
sagesse du roi. Elle entreprend alors un voyage en direction de
Jérusalem. Lorsqu'elle y parvient, Salomon l'accueille avec tous
les plus grands honneurs. La souveraine séjourne quelques temps
à la cour du roi d'Israël, et se rend compte par
elle-même du prestige du roi d'Israël. De richissimes
présents sont échangés.
A la fin de
sa vie, le zèle de Salomon pour l'Eternel se relâche. Il
tombe dans un travers que Dieu a toujours voulu empêcher : sous
l'influence de ses épouses étrangères, il oublie
que Yahvé est le Dieu unique, et se met à rendre des
cultes aux dieux païens. Yahvé lui fait alors savoir la
gravité de son erreur. Le châtiment divin est
arrêté : Salomon aura de nouveaux
ennemis, et après lui le royaume sera divisé et affaibli.
Alors que la piété du monarque envers Yahvé s'est
relâchée, Salomon meurt au cours d'une période
à nouveau troublée.
Les successeurs de Salomon et le schisme en deux royaumes
Le
successeur de
Salomon est son fils Roboam, qui ne connaîtra effectivement pas
le même prestige. Sous Roboam, le royaume d'Israël perd son
unité politique. Une révolte est fomentée par un
ancien ouvrier de Salomon nommé Jéroboam. L'Etat juif se
scinde alors en deux royaumes indépendants et rivaux : au sud le
royaume de Juda autour de
Jérusalem, et au nord le royaume d'Israël qui comprend le
reste du pays. Jéroboam devient le roi du royaume
sécessionniste d'Israël.
Sceau portant le nom du roi d'Israël Jéroboam.
(source: biblepicturegallery)
Après Roboam et
Jéroboam, de nombreux souverains se succèderont à
la tête des deux royaumes hébreux. Ces rois mènent
chacun leur propre politique, et sont souvent en guerre. Ils se
détournent de la conduite fixée par Yahvé, dont le
culte est délaissé au profit des dieux païens. Des
autels dédiés à Baal sont érigés en
Israël. Yahvé fait savoir à ces rois impies qu'ils
vont être victimes de leurs errements. L'Eternel s'exprime par
l'intermédiaire de plusieurs prophètes : Elie,
Elisée, Michée.
L'action de ces prophètes
est évoquée tout au long du récit historique. Le
prophète Elie, devant tout le peuple rassemblé pour un
sacrifice, montre de façon éclatante une manifestation de
Yahvé. A côté de plusieurs autels
dédiés à divers dieux locaux pour des holocaustes,
seul celui de Yahvé est frappé par la foudre et
s'enflamme. Le prophète Elie aura un successeur, qui sera
son serviteur Elisée. Quant au prophète Michée, il
avertit le roi d'Israël Achab qu'il mourra s'il s'engage
militairement contre les Syriens, ce qui se produit effectivement lors
d'un combat à Ramoth.
Le
Second Livre des Rois
poursuit le récit de l'histoire des deux royaumes. La plupart
des souverains hébreux continuent à s'écarter de
la ligne monothéiste. Parallèlement, les guerres
reprennent ; les interventions du prophète Elisée sauvent
miraculeusement Israël de plusieurs invasions guerrières,
venues de Moab et de Syrie. Malgré ces signes divins, les rois
suivants continuent à gouverner en ignorant Yahvé.
Dans ces deux monarchies
israélites, il se trouvera néanmoins quelques rois
d'exception pour rester fidèles au Dieu unique. L'un d'eux,
Ezéchias, entreprend de restaurer sérieusement le culte
du Dieu d'Abraham. Ezéchias reprend les pratiques
monothéistes, réorganise le clergé, restaure le
temple, démolit les autels étrangers.
Cependant, le
danger extérieur menace à nouveau les territoires juifs.
L'Assyrie, devenue puissante, entre en guerre contre
Israël et Juda. Les troupes assyriennes prennent la ville de
Samarie, sonnant le glas du royaume
schismatique d'Israël, qui ne renaîtra pas.
Ses habitants sont déportés en Assyrie. Le
royaume de Juda quant à lui, se maintiendra encore pendant
quelques années.
Les derniers jours du royaume de Juda
La guerre avec l'Assyrie met
aussi en péril le petit royaume de Juda. Les troupes ennemies
s'avancent et se présentent devant Jérusalem. Leur roi
Sennachérib menace les citadins, et exprime des sommations en
insultant Yahvé. Pourtant le pieux roi Ezéchias, soutenu
par le prophète Isaïe, met tout
son espoir en Yahvé. Et un matin, la plupart des soldats
assyriens sont retrouvés morts dans leur campement, tués
par un fléau inconnu. A la suite de ce désastre, le roi
Sennachérib lève le camp et rentre dans son pays.
Jérusalem a été épargnée
grâce à Yahvé, mais ce sauvetage n’est que
provisoire.
Cavalerie assyrienne. Plaque en relief
conservée au British Museum de Londres.
(source: biblepicturegallery)
Un autre
successeur d'Ezéchias au trône de Juda, Josias, entreprend
lui aussi de rétablir le culte monothéiste. Il fait
restaurer le Temple de Salomon. C'est alors que
l'un des prêtres y découvre un vieux manuscrit
oublié. Il s'agit d'un livre de l'Ancien Testament, le
Deutéronome. Lorsque le roi
Josias prend connaissance de son contenu, il est saisi d'une grande
émotion. Il réalise à quel point
on s'est éloigné du Dieu véritable. A partir de ce
jour, il s'applique encore davantage à rétablir le lustre
du culte de Yahvé et à supprimer toutes les pratiques
étrangères. Une grande fête de la Pâque est
célébrée avec ferveur.
L'un des rouleaux manuscrits de la mer
Morte.
Ces documents contiennent la quasi-totalité de l'Ancien
Testament.
(source: ebibleteacher.com)
Quelques années plus tard, la situation
internationale se dégrade encore pour le royaume de Juda.
Jusque-là vassal de l'empire babylonien, le royaume
hébreu dirigé par Joachim refuse de
payer tribut à Nabuchodonosor, le puissant monarque babylonien.
Cette fois, le conflit tourne mal pour le royaume
hébreu qui ne fait pas le poids devant son puissant suzerain. La
capitale insoumise est menacée, et bientôt investie. Au
bout de plusieurs mois de siège, Jérusalem tombe. Elle
est punie par l'armée babylonienne, qui y commet des exactions.
Puis l'armée ennemie se retire de Jérusalem, en emmenant
captifs le roi Joachim et un grand nombre d'habitants. Nabuchodonosor
établit à Jérusalem un nouveau roi,
Sédécias.
Une dizaine d'années plus tard, le
problème se pose une deuxième fois avec le nouveau roi. A
nouveau révoltée, Jérusalem est encore
assiégée. Une brêche est ouverte dans la muraille.
A l'intérieur de la ville investie, le prophète
Jérémie tente au nom de Yahvé de convaincre le roi
et les habitants de se soumettre. Le roi Sédécias ne
l'écoute pas : au moment où tout semble perdu, il essaye
de quitter la ville, et y parvient. Mais il est rattrapé
près de Jéricho où il tombe aux mains de l'ennemi.
La cité sainte, privée de son roi, succombe à
nouveau sous les assauts des troupes babyloniennes. Cette fois, les
assaillants se montrent plus féroces, s'en prenant même
aux
murs. La ville jusque-là épargnée, est
rasée, habitations, Temple et remparts compris.
La déportation à Babylone
Le sort réservé par
Nabuchodonosor au peuple vaincu est sévère. La famille
royale est massacrée en présence du roi. Ensuite,
celui-ci a les yeux crevés. L'ensemble de la population est
couverte de chaînes. Les habitants doivent former un
cortège de prisonniers. Une longue colonne de captifs se met en
marche pour une destination lointaine : Babylone.
La porte d'Ishthar à Babylone.
Reconstruction.
(source: ancient near east images)
Une période d'exil commence pour Israël.
Parvenus à Babylone, les prisonniers juifs sont utilisés
comme main-d'oeuvre par la population de son empire. Au cours de leur
captivité, les Juifs sont soumis, mais néanmoins ils
peuvent vivre dans des conditions correctes. Ils sont serviteurs,
agriculteurs
ou artisans. Ils se distinguent dans tous ces métiers et leurs
qualités sont appréciées. Au fil du temps,
certains d'entre eux obtiennent le droit d'exercer des métiers
plus nobles : négociants, hommes de loi, comptables,
administrateurs. L'exil durera environ soixante-dix ans.
Le temple de Nabuchodonosor à
Babylone. Reconstruction.
(source:
ebibleteacher.com)
Le livre
suivant, le Premier Livre des Chroniques, revient sur
l'histoire de l'Etat hébreu à partir du roi David. Il
donne la généalogie de David, puis apporte quelques
compléments sur son règne. Il détaille les guerres
qu'il mène, son installation à Jérusalem, les
directives qu'il donne à son fils Salomon en vue de la
construction du futur temple. Ce livre
décrit davantage l'organisation du culte, et parle d'un
recensement de population organisé par David contre la
volonté de Yahvé.
Le Second
Livre des Chroniques commence avec le règne de Salomon.
Il
reprend lui aussi le récit de son règne, ainsi que celui
de
ses successeurs. Toute l'histoire des royaumes schismatiques est
relatée
à nouveau, jusqu'à la prise de Jérusalem et la
déportation
à Babylone.
Le retour de l'exil
Les
deux livres suivants, ceux d'Esdras et de Néhémie,
parlent du retour de l'exil des Hébreux à Babylone.
Pendant la captivité, la ville sainte est restée
abandonnée et déserte. Seuls quelques paysans juifs ont
pu y demeurer après le siège et la chute.
Sur le plan
international, la situation se modifie. La domination assyrienne sera
d'assez courte durée, car une nouvelle puissance militaire monte
à l'horizon, venue de l'est : la Perse. Son roi, Cyrus le Grand,
entre en guerre avec Babylone et envahit son empire. Le grand empire
babylonien s'effondre.
Guerriers perses. Bas-relief
découvert à Suse.
(source: biblepicturegallery)
Le Livre d'Esdras
transcrit la correspondance qu’Esdras échange avec les Perses et
évoque le retour de l'exil. Pour le peuple juif en exil,
l'avènement de l'empire perse est une chance. Le roi Cyrus,
vainqueur l'empire babylonien, publie un décret autorisant les
Hébreux à rentrer chez eux. Dans la joie de la
liberté enfin retrouvée, le voyage retour de tout un
peuple s'organise. La population d'origine juive se met en marche, et
rejoint la ville éternelle.
Sceau cylindrique du roi Cyrus.
(source: freestockphotos.com)
Lorsque les enfants d'Israël
reprennent possession de leur ville, tout est à reconstruire. La
restauration du Temple est entreprise. Le culte de Yahvé est
rétabli. Cependant les peuples voisins autochtones et les Perses
ne voient pas nécessairement d'un
bon oeil le retour des Hébreux. Les Juifs auront à se
justifier auprès du nouveau roi perse Darius, puis ensuite
Artaxerxès. Esdras, le secrétaire, transmet la
correspondance entre Jérusalem et le pouvoir perse. Mais le
chantier de reconstruction avance néanmoins.
Esdras apprend que de nombreux
Juifs rapatriés ont
épousé des femmes étrangères. Pour lui, les
mariages mixtes constituent une grave faute. En effet, le
mélange des familles juives avec celles d'autres peuples a
pour conséquence de détourner Israël du culte du
Dieu unique, et d'adopter des rites païens. Esdras en est
très affecté. Cependant, à la suite d'une
prière, il voit venir vers lui tous les responsables du peuple.
qIlsacceptent de faire répudier toutes les femmes
étrangères. Ainsi, les épouses non juives et leurs
enfants retournent dans leurs
familles d'origine.
Le
Livre de
Néhémie raconte comment ce
fonctionnaire, resté à Babylone, obtient du roi
Artaxerxès
l'autorisation de se rendre dans la cité en ruine, afin de la
reconstruire. Parvenu dans la ville sainte, Néhémie fait
un état des lieux. Les dégâts sont
très importants, en particulier en ce qui concerne le mur
d'enceinte qui a été abattu. Il entreprend de le
reconstruire, car des risques d'attaques armées se font
sentir de la part des peuplades voisines non juives. Le prophète
Néhémie organise le chantier. Un tour de rôle est
mis en place, pour reconstruire le mur tout en protégeant le
chantier. Le travail avance, et bientôt la capitale du peuple
élu retrouve un système de défense
efficace. Une fois terminée, la muraille fait l'objet d'une
cérémonie de dédicace. La
capitale peut alors se repeupler.
La Porte d'Or et la muraille actuelle
de Jérusalem.
(source: freestockphotos.com)
Les autres Livres narratifs
Le Livre
de Tobie met en scène l'histoire particulière
d'un personnage aveugle, Tobie, qui a un fils portant le même
nom.
Il envoie celui-ci en Perse, avec mission d'y retirer une importante
somme d'argent. Durant tout le voyage, le jeune Tobie est
assisté par un inconnu, qui en fait n'est autre que l'ange
Raphaël. Une jeune femme appelée Sara, fille de ce parent,
est
particulièrement malchanceuse dans sa vie privée.
Plusieurs
fois mariée, elle semble victime d'une malédiction : la
mort
frappe chaque fois son nouveau mari juste avant la nuit de noces.
L'ange
intervient en faveur de Tobie qui désire l’épouser, et
Sara
gardera vivant ce dernier époux. La malédiction est
brisée.
Accompagné de sa femme
Sara, Tobie achève
son voyage vers la Perse, puis s'en retourne finalement chez
son père. Au moment des retrouvailles, le vieux Tobie recouvre
miraculeusement la vue grâce à l'intervention de l'ange.
C'est alors que celui-ci dévoile sa véritable
identité, puis disparaît. Très troublés, les
époux remercient le Ciel avec ferveur, pour les avoir autant
favorisés.
Le départ de Tobie
accompagné par l'ange Raphaël. Enluminure
extraite du "Speculum humanae
salvationis", XVe s., France.
(source: bibliothèque
municipale de Lyon)
L'étonnante histoire relatée dans le Livre de
Judith se déroule à un moment où le
Proche-Orient est dévasté par une guerre contre l'empire
assyrien. Les armées du général assyrien
Holopherne prennent rapidement le dessus et ravagent l'une après
l'autre les villes de l'Etat hébreu. Lorsqu'elles paraissent
devant Jérusalem, les Juifs s'enferment dans leurs murs, et le
siège de la ville commence. Les assiégés n'ont
aucune chance. La population terrifiée se met à prier
Yahvé, Lui demandant Sa protection.
C'est alors que se manifeste Judith, une habitante de la capitale,
veuve depuis peu mais encore jeune et réputée pour sa
beauté. Inspirée par Dieu, Judith entreprend une
opération de sauvetage. Un soir, elle sort de la ville en grande
toilette
et se présente à l'entrée du camp assyrien. Ne
s'attendant pas à cette apparition, les soldats assyriens ne se
méfient pas et sont séduits. Ils l'accueillent dans leur
camp et la présentent à leur chef. La prenant pour une
courtisane, le général en chef Holopherne lui-même
ne peut résister, et tombe inévitablement amoureux.
Holopherne invite Judith à assister à un banquet. Au
cours du dîner, Holopherne fait des propositions galantes
à la femme juive.
Les deux personnages conviennent de
se retrouver le soir-même dans l'intimité. Et une fois la
fête finie, comme prévu, la tente d'Holopherne
reçoit Judith. Le général est ivre, tellement il a
bu au cours du banquet. Allongé sur sa couche, il s'endort en
présence de Judith.
Lorsque son hôte est profondément endormi, la femme juive
ouvre son sac, et en sort une petite épée ...
Silencieusement, après avoir récité sa
prière, elle lève son bras, frappe Holopherne au cou et
lui tranche la tête. Le général meurt
immédiatement. Judith enferme la tête dans le sac, puis
sort de la tente. Elle demande aux soldats assyriens l'autorisation de
passage, en prétextant de devoir dire une
prière à l'extérieur. Ne sachant rien du meurtre,
les soldats la laissent passer. Judith regagne rapidement
Jérusalem en pleine nuit.
Judith décapitant Holopherne.
Enluminure extraite du
"Speculum humanae salvationis", XVe s.,
France.
(source: bibliothèque
municipale de Lyon)
Le matin du
jour suivant, l'armée assyrienne a la terrible surprise
d'apercevoir la tête de leur chef suspendue aux murailles de la
cité sainte. Tout de suite, les assiégés profitent
de l'effet de surprise : c'est le moment qu'ils choisissent pour tenter
une sortie. L'arme au poing, ils foncent vers le camp ennemi, et
déciment les Assyriens. La victoire du peuple hébreu est
totale. Ce jour-là, le royaume d'Israël est
débarrassé de l'armée d'Holopherne pour toujours,
et de la
menace assyrienne pour longtemps.
Le Livre d'Esther
relate un épisode se déroulant à la cour du
royaume perse. Une femme juive, Esther, devient la reine de l'empire
perse en épousant son roi, Xerxès. Pendant le
règne de son mari, un complot de grande envergure est
fomenté contre l'ensemble de la communauté juive,
à l'instigation d'un haut fonctionnaire nommé Aman. Cet
homme persuade le roi Xerxès de signer un décret
permettant de poursuivre tous les Juifs qui vivent dans son empire, et
de les exécuter.
Lorsque la reine Esther est
informée de cette disposition, elle est horrifiée et
s'évanouit. Ranimée par le roi, elle prend alors la
parole pour défendre son peuple victime du complot,
déclarant avec force que le décret est totalement
injustifié. Convaincu par son épouse, le roi est alors
ému et annule immédiatement son décret anti-juif.
Il fait même poursuivre l'homme qui a suscité cette haine
des Juifs, Aman. L'homme est mis en prison.
Un autre personnage juif
intervient à la cour, Mardochée, le tuteur
d'Esther. Celui-ci protège le roi en le prévenant qu'un
autre complot se trame, contre la personne royale cette fois. Aman
tente de faire pendre Mardochée. Mais la justice royale est
rendue : Aman est lui-même condamné à la pendaison.
Bas-relief perse représentant le roi Xerxès.
Palais de Xerxès à
persépolis, Iran.
(source: www.bcee.concordia.ca)
L'empire grec et la lutte des Machabées
La
domination de l'empire perse n'a qu'un temps. Le Premier Livre
des Machabées évoque les conquêtes
d'Alexandre le Grand, le nouveau roi macédonien qui soumet
rapidement tout le proche-Orient. Il abat la puissance perse, et occupe
les territoires qu'elle contrôlait, y compris Israël. Et
lorsque le grand conquérant meurt, son empire est partagé
entre ses officiers. La Palestine échoit à Antiochus
Epiphane, qui devient roi de Syrie.
La domination grecque a des
conséquences sur les cultes religieux. Le roi ordonne à
tous ses sujets de vénérer les dieux grecs, et ne
tolère aucune autre religion. C'est contre cela que s'insurge un
homme juif du nom de Mattathias. Lors d'une cérémonie
païenne, Mattathias refuse de sacrifier au culte royal. Un
incident éclate, Mattathias en colère tue deux hommes,
renverse l'autel grec, puis s'enfuit aussitôt dans les montagnes.
Il sera bientôt suivi par d'autres Juifs qui approuvent son
action. C'est le point de départ de la résistance. Les
hommes s'organisent et se préparent à la lutte
armée.
Vase grec representant une course
d'athlétisme.
La pratique des jeux sportifs se répandit dans tout l'empire
grec.
(source: biblepicturegallery)
Les luttes militaires sont
menées par les insurgés israélites contre la
domination hellénistique. L'un des
fils de Mattathias, Judas Machabée, lui succède à
la tête de la rébellion. Le terme
de Machabée ("marteau" en hébreu), s'étendra
à ses frères, qui seront aussi chefs résistants
israélites. Judas Machabée et ses hommes mènent un
combat efficace, et le nombre des combattants juifs s'accroît
rapidement. Judas reprend Jérusalem, restaure et purifie le
temple de Yahvé. La guerre prend de l'ampleur et s'étend
à d'autres territoires juifs. Dans ces combats, il arrive aux
Hébreux de s'allier avec Rome.
A la mort de Judas
Machabée, son frère Jonathas le remplace, puis ensuite
son autre frère Simon. Les victoires juives se succèdent,
ce qui amènera finalement les rois syriens à signer un
accord avec les Israélites. Les Hébreux sont
autorisés à pratiquer leur culte.
Le
Second Livre des
Macchabées décrit plus en détail les
persécutions contre les Juifs ayant lieu au début de
l'occupation gréco-syrienne. Des abominations sont commises dans
le Temple. Le livre relate ensuite les combats de guérilla
menés au temps de Judas Machabée. Le récit se
termine par une victoire miraculeuse des Israélites, et par la
mort de leur ennemi le
gouverneur syrien Nicanor.
Les Grottes de Qumran, où ont été
trouvés les manuscrits de la mer
Morte.
C'est aussi dans des grottes que se
réfugièrent les premiers
résistants juifs à l'occupation syrienne.
(source: bibleplaces.com)
Les livres poétiques
Les livres
suivants diffèrent du genre historique, et sont davantage des
textes littéraires indépendants. Ils sont écrits
à diverses époques durant l'histoire du royaume
hébreu.
Le
Livre de Job
conte l'histoire d'un riche et honnête propriétaire
terrien nommé Job. Le début du récit se passe au
Ciel, avec une brève discussion céleste entre Dieu et
Satan. Ce dernier incite l'Eternel à mettre à
l'épreuve la piété de Job. Pour cela le Malin
obtient l'autorisation de frapper Job de toutes sortes de drames
personnels. C'est ce qui arrive aussitôt : pour Job et sa
famille, c'est soudain la faillite en affaires. Le malheureux
propriétaire, ruiné, attrape ensuite toutes sortes de
maladies. Rejeté par les siens, Job s'installe à
l'extérieur de sa maison, sur un tas de fumier.
Job apprend les malheurs qui le frappent. Enluminure du
XIIIe s., France.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
La plus grande partie du récit est occupée par le
discours de Job avec lui-même et avec son entourage
réduit. Ce long texte est une réflexion
intéressante sur la condition humaine. Il pose le
problème du malheur non mérité. Pourquoi Dieu
permet-il cela ? Des amis de Job viennent le voir. Au nombre de trois,
ils tentent de lui apporter un peu de soutien moral. Job est
désespéré, se maudissant lui-même. Mais il
n'apostrophe pas Dieu. A la fin de la discussion, l'Eternel vient
parler à Job. Il ressort de la discussion que Dieu est plus
puissant que le malheur. N'ayant pas blasphémé durant
l'épreuve, Job est finalement récompensé. Il est
rétabli dans sa santé et dans sa
prospérité, et en définitive sa situation devient
encore meilleure qu'au début.
Le Livre
des Psaumes est un ensemble de poèmes chantés
attribués à David, et à plusieurs auteurs, dont
Salomon, pour glorifier Yahvé. A la fois recueil de
prières, textes de morale et de théologie, le nombre des
psaumes atteint les 150.
Le roi David chantant des psaumes.
Peinture contemporaine d'Anne de Vries.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Le Livre
des Proverbes est une collection de maximes, attribuées
à Salomon et à d'autres auteurs plus récents. On y
parle en particulier de la Sagesse de Dieu personnifiée,
inspiratrice de toute sagesse humaine.
Le
Livre de
l'Ecclésiaste a un titre qui vient d'un terme qui
signifie "l'homme de l'assemblée". Ce livre rassemble des
réflexions assez pessimistes sur la vie, la mort, la
vanité, le mal.
Le
Cantique des Cantiques
est une sorte de poème, un chant d'amour entre deux
époux. Le mari exalte la beauté de la femme qu'il aime,
la comparant à toutes les richesses de la Création. Cette
oeuvre littéraire originale est unique dans la Bible. Elle
exprime l'idée que tout Amour vient de Dieu. On peut aussi y
voir un éloge symbolique de toute la nature, elle-même
oeuvre de Yahvé.
Le
Livre de la Sagesse
est partiellement attribué à Salomon, si l'on en croit la
tradition. Ce livre disserte sur le destin des justes et des
pécheurs. Les premiers sont promis à une vie de bonheur
éternel, alors que les seconds sont voués à un
châtiment sans fin.
Le
Livre de
l'ecclésiastique est dû à un auteur
appelé Jésus, fils de Sira. Grand connaisseur des
Ecritures, il fait l'éloge de la sagesse des Anciens qui ont
transmis la tradition de la Loi. Le terme d'Ecclésiastique
s'explique par l'utilisation de ce livre qui sera faite plus tard pour
instruire les prêtres.
Les livres des prophètes
Le
Livre d'Isaïe
est contemporain du schisme des royaumes, des rois de Juda Achaz et
Ezéchias. Son Livre contient des descriptions de visions, des
hymnes, des récits historiques et des considérations
morales.
Au cours d'une apparition dont il
est témoin, Isaïe a la vision du Trône divin,
entouré d'anges (séraphins) dotés de six ailes.
L'Eternel s'adresse à Isaïe, et lui donne plusieurs
messages. Il fait allusion à un futur roi d'Israël,
descendant de David, qui sera appelé l'Emmanuel. Ce sera le roi
du monde, et il n'y aura
plus de haine sur terre. Le prophète Isaie met
ensuite en garde plusieurs nations de son époque, qui seront
abattues car elles ne se sont pas soumises à la Loi de
Yahvé.
Ce livre fait aussi le
récit d'un épisode de guerre au cours duquel le
prophète intervient, durant la guerre entre Juda et
l'Assyrie au temps d'Ezéchias. L'armée du roi
Sennachérib vient de Ninive pour prendre Jérusalem.
Lorsque ses troupes entourent les remparts, le roi d'Israël
Ezéchias fait une prière pour la sauvegarde de la ville.
Dieu lui répond par l'intermédiaire d'Isaïe, et le
rassure : la ville ne sera pas prise. Et bientôt on apprend que
dans
le camp assyrien, 185 000 soldats ennemis ont trouvé la mort.
Sennachérib privé d'armée retourne alors à
Ninive, où il
sera finalement assassiné.
Dans son livre, Isaïe parle
également d'autres visions prophétiques et symboliques
qu'il a eues. Il rapporte l'image allégorique d'un serviteur
accablé, qui est méprisé et affligé; il
doit porter un grand poids, qui représente toutes les fautes de
ses semblables. Le fardeau étant de plus en plus lourd, le
serviteur ne peut
plus le porter, et meurt sans avoir émis la moindre plainte.
Le
Livre de
Jérémie relate le détail des
évènements historiques se déroulant dans les murs
de Jérusalem au moment du siège désastreux de la
ville par les Babyloniens. Après la chute, le prophète
est mis en liberté par le roi vainqueur. Jérémie
reste en Israël et contemple la ville désertée par
le peuple en exil.
Les
Lamentations de
Jérémie sont un second
livre du même auteur. Ce livre reprend les pensées du
prophète méditant devant la ville morte, se lamentant sur
son sort parce qu'elle n'a pas suivi la voie tracée par
Yahvé. Le livre est entièrement constitué de
poèmes, paroles amères de leur auteur qui constate
l'impiété du peuple de Dieu.
Baruch lisant
son livre. Enluminure
extraite d'une Bible en Italien, XVe s., France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)
|
Le Livre de Baruch est écrit
par le secrétaire de Jérémie, qui vit à
Babylone au temps de l'exil. Il fait une lecture publique de son livre
devant l'assemblée des exilés et leur roi Joakin ; en
l'écoutant, ses auditeurs sont émus et reconnaissent leur
désobéissance envers Dieu. Ils écrivent alors une
lettre, adressée aux autres Juifs restés à
Jérusalem, qui contient de l'argent pour le temple,
ainsi qu'un message de repentir et une longue prière.
La seconde partie du Livre de
Baruch est une autre lettre de Jérémie, adressée
aux exilés. Le prophète insiste pour que les captifs ne
soient pas influencés et tentés de suivre le culte
païen des Chaldéens.
|
Le
Livre d'Ezéchiel
est composé par un Juif qui vit à Babylone durant
l'exil des Hébreux. Il est témoin de nombreuses visions
extraordinaires. Ezéchiel voit en apparition quatre êtres
vivants fantastiques, des chérubins, ainsi qu'un char
monté sur quatre roues et portant le Trône de feu de
Yahvé. Dieu parle alors à Ezéchiel. Il lui montre
un rouleau de livre, que le prophète doit avaler, et où
sont inscrits des plaintes et des gémissements. Ezéchiel
est alors chargé de parler aux Israélites, et de leur
faire prendre conscience de toutes les fautes morales qu'ils commettent
: idolâtrie, fausses
prophéties, prostitution, inceste, fornication. Les reproches de
l'Eternel s'appliquent aussi à plusieurs autres nations
voisines, dont l'Egypte, Edom, Tyr et Sidon.
Une vision d'Ezechiel : Dieu et les
chérubins.
Enluminure extraite d'une Bible en Italien, XVe s., France.
(source: bibliothèque
municipale de Lyon)
Dieu montre aussi à
Ezéchiel l'image symbolique d'une plaine couverte d'ossements
humains desséchés. Les ossements se mettent soudain en
mouvement, pour reformer des corps humains, qui retrouvent leurs chairs
puis reprennent vie. Ces corps représentent le peuple
hébreu, qui est tombé en captivité mais qui se
relèvera car Dieu lui rendra sa digniité.
Yahvé promet
qu'après le relèvement du peuple, la ville sainte sera
reconstruite. Dans une nouvelle vision, Ezéchiel peut contempler
une vue de ce que sera la Jérusalem future. Un personnage se met
à
mesurer la cité, et en établit une
description détaillée.
Le
Livre de Daniel
est dû à un prophète qui vit à Babylone au
temps de la captivité des Hébreux. Daniel exerce un
emploi administratif à la cour du roi Nabuchodonosor. Il a
l'occasion de rencontrer le puissant monarque, parce qu'il est capable
d'interpréter les rêves. Une nuit, le roi Nabuchodonosor
voit en songe une grande statue de métal, aux pieds faits
d'argile et de fer, qui s'écroule lorsqu'une pierre vient
heurter son pied. Il n'y a que Daniel qui parvienne à
interpréter ce rêve. Daniel explique au roi
que la statue symbolise son empire, et qu'un jour il viendra à
s'effondrer. Lorsque Nabuchodonosor entend l'explication de Daniel, il
est ému et le remercie en lui donnant une place importante dans
son gouvernement.
Porte du temple de Nabuchodonosor
à Babylone.
Reconstruction.
(source: ancient near east images)
Peu de temps après, le roi
Nabuchodonosor fait ériger sur la place publique une grande
statue d'or qui le représente lui-même. Il décide
que toute personne vivant dans son empire sera tenue de s'agenouiller
devant la statue. Cependant, il se trouve trois hauts fonctionnaires
juifs qui refusent de faire ce geste, contraire au culte du Dieu
unique. Ces hommes sont alors arrêtés et
présentés au roi. Celui-ci se met en colère, et
les condamne à être brûlés vifs dans une
grande fournaise. Mais lorsqu'ils sont précipités dans le
feu, celui-ci ne semble aucunement les consumer. Et lorsque
Nabuchodonosor met fin à l'expérience, les trois
condamnés ressortent indemnes. Impressionné, le roi les
rétablit dans leurs fonctions.
Les trois hommes dans la fournaise.
Peinture contemporaine.
(source: freebiblepictures)
Balthazar est le fils et
successeur du roi Nabuchodonosor. Ayant hérité du
pouvoir, il organise un grand festin auquel prennent part de nombreux
invités. Les convives commettent l'erreur de boire du vin dans
des
vases sacrés pris à Jérusalem. Au cours du
dîner, une vision extraordinaire se produit. Une main
mystérieuse trace des signes sur l'un des murs de la salle. Les
convives, qui assistent tous à cette apparition, sont
très troublés. Cependant l'inscription, tracée
miraculeusement, est inconnue. Le roi Balthazar, très
impressionné, fait alors appeler Daniel et l’interroge à
propos de
la mystérieuse écriture. Le prophète en donne
immédiatement la signification. Ce texte signifie que Balthazar
va mourir, parce qu'il a beaucoup péché et qu'il n'a pas
respecté le Dieu des Hébreux. Son royaume ne lui survivra
pas, et sera donné aux Mèdes et aux Perses. Lorsque le
roi entend cela, il est atterré. Mais il n'aura pas le temps de
réagir : il sera tué la nuit suivante.
Le festin de Balthazar.
Peinture contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Après
la mort de Balthazar, les Perses submergent effectivement l'empire
babylonien, qui s'écroule et passe sous leur domination. Le roi
perse Darius prend le contrôle de Babylone. Pour administrer la
ville récemment conquise, Darius la met sous la surveilance
d'une armée de fonctionnaires, les satrapes. A leur tête,
le roi choisit de nommer Daniel, en raison de sa réputation de
grande sagesse.
Cependant Daniel est rapidement
jalousé par les fonctionnaires perses qu'il doit diriger. Il est
bientôt victime d'un complot visant à le faire condamner
à mort. Les satrapes persuadent d'abord le roi Darius de signer
un décret, interdisant sous peine de mort la pratique de tout
culte rendu à quelqu'un d'autre que le roi. Ayant obtenu leur
décret, les satrapes se rendent chez Daniel, et le surprennent
à l'heure de sa prière quotidienne à Yahveh.
Daniel qui a enfreint le décret royal, est immédiatement
arrêté, et mené devant le roi avec le chef
d'accusation. Surpris, le souverain est contraint à contre-coeur
de faire jeter Daniel dans une fosse avec des lions affamés.
Le jour suivant, le monarque
trouve Daniel toujours vivant au milieu des lions. Le prophète
assure que les fauves ne lui ont fait aucun mal, car Yahveh l'a
protégé. Tout heureux, le roi fait sortir le
prophète indemne, et le couvre d'honneurs. Il rend lui aussi
gloire à Yahveh qui a sauvé Daniel.
Daniel et la fosse aux lions.
Peinture contemporaine.
(source: www.bibleexplained.com)
Le Livre de Daniel contient
également des récits de visions apocalyptiques que le
prophète aurait eues. Dans ces visions, des animaux
apparaissent, et se combattent successivement. Il est aussi
question d'une époque future où le pouvoir terrestre
serait soumis à une abomination, ce qui provoquerait une grande
détresse sur
la Terre, jusqu'à ce que le Très-Haut apparaisse et
abatte son pouvoir.
Il faut aussi citer l'histoire de
Suzanne, une femme mariée et faussement accusée
d'infidélité par deux vieillards qui la convoitent. Elle
sera finalement innocentée et sauvée grâce à
l'intervention de Daniel.
Le livre de Daniel met encore en
scène un animal fantastique, une sorte de dragon que les
Babyloniens vénèrent et considèrent comme un dieu.
N'ayant d'autre Dieu que Yahvé, Daniel se présente devant
la bête, et lui donne des gâteaux empoisonnés
à l'étoupe. Le monstre se jette sur cette apparence de
nourriture, la dévore et meurt aussitôt. Le roi
stupéfait se met alors à écouter Daniel et
à vénérer son Dieu unique, Yahvé.
Daniel et le dragon.
Enluminure extraite du
"Speculum humanae salvationis", XVe s,
France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)
Les livres des autres prophètes
Les derniers livres de l'Ancien
Testament sont courts et présentés dans un ordre non
chronologique. Ils sont écrits aux temps des rois du schisme et
de l'exil à Babylone. Leurs auteurs sont des prophètes,
inspirés par des messages et des visions prophétiques
émanant de Yahvé. Ils expriment tous de
sévères avertissements divins à l'adresse du
peuple d'Israël et des nations voisines. Tous ces peuples sont
coupables de grandes fautes, et risquent un châtiment terrible
s'ils ne rectifient pas leur conduite.
Le
Livre d'Osée
exprime plusieurs reproches que fait Yahvé aux
Hébreux : débauche, idolâtrie, alliances militaires
sans l'accord divin.
Le
Livre de Joël
évoque l'image d'une invasion de sauterelles pour symboliser le
châtiment prochain de Yahvé. Son livre contient aussi des
visions
apocalyptiques, montrant une guerre menée contre
Jérusalem par des nations en armes, et le jugement final de
Yahvé sur tous les peuples.
Le
Livre d'Amos
exprime l'irritation de l'Eternel à l'égard de plusieurs
peuples accusés de
crimes ; le feu dévorera leurs capitales et les palais de leurs
rois. Yahvé préconise aussi une conduite plus juste
envers les personnes faibles.
Le
Livre d'Abdias
est dirigé contre le royaume d'Edom, au sud de Juda. Il est
reproché à ce peuple d'avoir exercé sa violence
sur la Maison d'Israël ; sa violence retombera sur elle, tout
comme sur chaque nation qui aura porté les armes contre
Israël.
Le prophète Jonas avalé par un poisson. Art africain.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Le Livre de Jonas
est celui d'un prophète chargé par Yahvé de
prophétiser à Ninive. Refusant de remplir sa mission,
Jonas s'enfuit sur un navire en Méditerranée ; mais au
cours d'une forte tempête, il est jeté à l'eau et
avalé par un très gros poisson. Le prophète reste
trois jours dans le poisson, puis est vomi près d'une plage.
Ayant survécu, Jonas se rend finalement à Ninive, et
obtient de l'ensemble des Ninivites un repentir pour leurs fautes et
une vénération pour le Dieu des Hébreux.
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Le prophète et auteur du Livre
de Michée reçoit des messages annonçant la
destruction future de Jérusalem à cause de ses fautes,
puis sa restauration finale comme capitale spirituelle,
repeuplée avec des survivants éclopés et faibles.
Michée annonce que de Bethléem naîtra prochainement
un roi, qui règnera par la force de Yahvé et dont le
royaume s'étendra sur la Terre entière.
Le
Livre de Nahum
prédit la ruine de la puissante Ninive. L'Assyrie a
été l'instrument de la punition d'Israël, mais elle
sera à son tour châtiée pour sa cruauté.
Dans ses visions, Nahum
voit Ninive assiégée, pillée et
dévastée.
Le
Livre d'Habacuc
exprime une plainte de son auteur, qui ne voit que du mal et de
l'impiété autour de lui. Yahvé lui répond
par une
vision : bientôt les Babyloniens déferleront sur
Israël et puniront le peuple pour son égarement moral. Le
livre se termine par un psaume exaltant la confiance en Yahvé.
Le
Livre de Sophonie
transmet des messages divins exprimant de sérieuses mises en
garde à l'adresse du peuple hébreu et des nations
voisines. Un jour viendra où Dieu détruira tous les
hommes arrogants. Il protègera cependant les gens humbles, et
leur donnera un royaume de vraie justice.
Le Livre d'Aggée
est écrit à la fin de l'époque d'exil. Ce livre
insiste pour que l'on commence à reconstruire le Temple de
Jérusalem. Il encourage les restaurateurs à se mettre
à l'ouvrage, leur faisant voir la gloire de Yahvé qui
emplira Sa maison une fois terminée.
Le
Livre de Zacharie
décrit de nombreuses visions divines symboliques. Dieu demande
au peuple de respecter le faible et l'opprimé. Il parle aussi
d'un futur roi d'Israël, qui paraîtra humble et monté
sur un ânon. Ce sera alors le temps de proclamer la paix sur la
terre. Il annonce aussi un jour où les peuples, ayant pris les
armes contre Jérusalem, seront décimés.
Après cela, les nations vénèreront
Jérusalem et viendront la fêter chaque année.
Dans le
Livre de Malachie,
il est reproché aux Israélites de négliger le
culte, l'enseignement religieux, la fidélité conjugale.
En revanche, il promet l'espérance pour les hommes justes qui
respectent pleinement la Loi de Yahvé.