L'Ancien Testament





La Création


        "Au commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre". Le premier livre de la Bible, La Genèse, commence par cette phrase exprimant l'idée que Dieu est la source de toute Création, et que rien ne peut exister sans Dieu. La Bible dit qu'Il a créé le Monde en six jours, qui sont aussi six étapes cruciales dans le déroulement de la Création.

        Le premier jour, Dieu crée le ciel et la terre, puis Il sépare la lumière des ténèbres.
        Le deuxième jour, Il crée le firmament et le sépare des eaux et des mers.
        Le troisième jour, il y a apparition de la terre ferme, sortie du milieu des mers. Les plantes apparaissent et recouvrent la terre.
        Le quatrième jour, ce sont les astres qui sont créés : soleil, lune, étoiles, appelés luminaires pour distinguer le jour de la nuit.
        Le cinquième jour, Il fait apparaître les animaux marins, ainsi que les espèces volatiles comme les oiseaux.
        Le sixième jour, Dieu crée les animaux terrestres. Il modèle aussi le premier homme dans de l'argile, et lui insuffle la vie. Puis Il tire de l'homme endormi un morceau de côte, qu'Il modèle pour créer la première femme.
        Le septième jour, Dieu étant satisfait de tout ce qu'Il a fait, Il décide de ne rien créer ce jour-là, et de se reposer. Ce sera le jour béni du Créateur.




"Et la lumière fut". Peinture contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        Dieu installe l'homme et la femme dans un jardin merveilleux appelé le jardin d'Eden. Il permet à L'homme Adam et à la femme Eve, de profiter du jardin dans sa totalité, à l'exception d'une seule chose : il est interdit de prendre des fruits d'un arbre appelé l'Arbre de la connaissance du bien et du mal, sous peine de mort.

        Les deux êtres humains évoluent quelques temps dans le jardin. Puis ils rencontrent le serpent, présenté comme l'animal le plus rusé. Et voilà que le serpent se met à parler. Il discourt sur le fait que les fruits défendus de cet arbre permettent d'accéder à la connaissance du bien et du mal et de devenir eux-mêmes des dieux, comme Dieu qui les a créés. S'ils mangent de ces fruits, ils ne mourront pas mais gagneront la force et la puissance. Eve est la première à accepter de tenter l'expérience. Elle croque le fruit, et en donne à Adam, qui en mange à son tour.




Adam et Eve tentés par le serpent.
Peinture contemporaine.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        A peine Eve puis Adam ont-ils avalé leur première bouchée, que leurs yeux s'ouvrent et que leur vision du monde change radicalement. Ils réalisent qu'ils sont dévêtus. Craignant alors de rencontrer Dieu à nouveau, ils se font des ceintures de feuilles et se cachent dans le jardin. Le serpent s'enfuit. Mais leur Créateur réapparaît, et c'est alors la déchéance. L'Eternel leur fait de vifs reproches, et leur expose les conséquences de leur désobéissance.

        Adam et Eve sont chassés du Jardin d'Eden. Désormais ils seront obligés de travailler dur pour se nourrir. Ils connaîtront la peine du travail de la terre. La femme enfantera dans la douleur. Il existera une inimitié entre la femme et le serpent. Leur descendants seront eux aussi victimes de leur faute. Adam et Eve quittent le jardin d'Eden, vêtus de peaux de bêtes.


Caïn et Abel


        Dans leur nouvel environnement terrestre, Adam et Eve ont deux enfants qu'ils appellent Caïn et Abel. Le premier se fera cultivateur et le second deviendra berger. Mais il se produit un jour un incident grave. Caïn est jaloux de son frère Abel, car Dieu n'a considéré qu'Abel pour les offrandes qu'ils lui font. Caïn en colère se jette sur son frère Abel et le tue.

        A la suite de ce meurtre, Dieu apparaît bientôt, et demande à Caïn des nouvelles de son frère. Puis Il le met en face de son crime, et lui montre la gravité de son acte. La colère de l'Eternel est grande, et Caïn est condamné à partir, à errer sur la terre sans pouvoir la cultiver, et à ne connaître ni trêve ni repos.




Caïn et Abel. Peinture de Vergara, XIXe s., Espagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        Adam et Eve donnent naissance à un troisième fils, qu'ils appellent Seth. Les fils de Caïn et de Seth se multiplient, et commencent à occuper des territoires s'étendant dans la Palestine et la Mésopotamie. Le Livre de la Genèse donne une importante liste généalogique, en précisant que les hommes de cette époque vivent un temps incroyablement long, s'étalant souvent sur plusieurs centaines d'années. Le record de longévité semble remporté par Mathusalem, qui meurt après avoir vécu neuf cent soixante-neuf ans.


Le Déluge


        L'Eternel constate que les hommes se conduisent de plus en plus mal, qu'ils sont pleins de cruauté. Il se lasse de voir les hommes s'entre-déchirer et ne pas vivre selon Sa volonté. Dans l'une de ces villes, un seul homme mène une vie droite et juste. Il se nomme Noé. Un jour Dieu se manifeste à Noé, et lui montre les grandes fautes des hommes. L'humanité va subir la grande colère divine, et elle sera presque entièrement détruite, à l'exception de Noé car il est le seul juste. Si celui-ci veut être sauvé, il doit construire un grand navire capable de supporter les tempêtes, car une terrible inondation va avoir lieu. Il faudra qu'il y embarque toute sa famille. Il devra aussi prendre avec lui des représentants de toutes les espèces d'animaux terrestres, pour qu'elles ne disparaissent pas totalement, car il y aura grande destruction.

        Noé accepte de suivre les conseils de Yahvé, et se met à construire sa fameuse grande Arche. Lorsque l'oeuvre est terminée, il y fait embarquer ses proches, et fait aussi pénétrer un couple de chaque espèce animale. Lorsque l'équipage du navire est au complet, Noé ferme la porte derrière lui.




L'entrée dans l'Arche de Noé.
Enluminure de Jacquemard de Hesdin, XVe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        C'est le moment où Dieu peut accomplir sa prophétie. Des pluies torrentielles commencent à s'abattre sur terre. Il pleuvra à torrent sans discontinuer pendant quarante jours et quarante nuits. L'Arche flotte, en sauvegardant ses occupants. Tout autour c'est le désastre. Les eaux emportent tout, submergent tout, détruisent tout. Habitations, plantations, bétail, populations, fleuves, collines, montagnes disparaissent tour à tour sous les flots.

          Lorsque la pluie cesse de tomber, le navire est totalement entouré d'eau. Sur tout l'horizon, on n'aperçoit pas une montagne, mais seulement de l'eau à perte de vue, ce qui suggère que la totalité des terres sont englouties. Mais à présent le ciel se dégage, les nuages s'écartent, et il apparaît un magnifique arc-en-ciel. A ce moment, Dieu parle à Noé dans une de ses visions. Dieu désigne cette image de l'arc-en-ciel comme le symbole de la future alliance qu'Il contractera avec les hommes, une fois la Terre purifiée du mal et du péché.

        Il faut maintenant attendre que le niveau baisse et que le sol réapparaisse. L'équipage patiente pendant quelques jours, guettant le moindre signe d'assèchement. Pour tenter de savoir si une terre est réapparue quelque part, Noé prend une colombe dans l'Arche et lui rend la liberté. Celle-ci s'envole et disparaît à l'horizon ; mais elle revient bientôt vers l'Arche, n'ayant trouvé aucun lieu pour se poser. Alors après quelques jours d'attente, Noé lâche l'oiseau une deuxième fois. Il revient encore, mais en tenant dans son bec un rameau d'olivier. Noé renouvellera l'expérience une troisième fois, mais cette fois la colombe ne reviendra pas. C'est le signe qu'elle s'est probablement posée, sur quelque objet ou sommet de montagne.

        Effectivement, le jour vient où une terre émergée se laisse enfin apercevoir. L'embarcation finit par se poser sur un sommet montagneux, le mont Ararat. Les occupants sortent alors du navire échoué et peuvent reconquérir la terre. Tandis que les eaux retrouvent leur niveau initial, les survivants sortis de l'Arche salvatrice se réinstallent sur la terre ferme. Après avoir accosté, Noé offre un sacrifice à Yahvé qui lui redonne les mêmes consignes qu’Adam et Ève : « Soyez féconds et multipliez-vous. »




Noé lâchant la colombe. Peinture indienne, XXe s., USA.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        Noé et sa femme auront trois enfants, trois fils appelés Sem, Cham et Japhet. D'après le texte biblique, l'ensemble des peuples de la terre seraient des descendants de ces trois fils. Chacun ira vivre dans une région du Monde où il établira sa descendance. La Genèse donne des listes généalogiques de leur postérité. Certains de ces personnages donneront leur nom à des régions qui le garderont longtemps. C'est le cas de Canaan, de Sidon, d'Elam, d'Assur.


La tour de Babel

 
        Le peuplement de la terre ainsi renouvelé ne tarde pas à recommencer à prospérer. La population des descendants de Noé se multiplie. De nouveaux centres urbains se construisent. Une ville, Babel, prend des proportions particulièrement importantes. Ses habitants font des projets architecturaux ambitieux. Ils se mettent à construire une tour gigantesque, un monument démesuré. Leur intention inavouée est de montrer leur puissance, de faire étalage de leur génie constructif. Mais dans leurs projets prestigieux, peut-être ont-ils oublié de garder la modestie et la mesure de toute chose.

        C'est précisément ce que leur reproche Yahvé, le Dieu qui a préservé leur ancêtre Noé de la noyade, et qu'ils ont peu à peu négligé de vénérer. Mécontent des projets délirants des hommes, Dieu décide d'empêcher leur réalisation. Jusqu'à présent, dans la région on ne parlait qu'une seule langue. Dieu introduit chez les habitants l'usage de plusieurs langues. Désormais polyglottes, les constructeurs deviennent alors incapables de communiquer entre eux. Les hommes cessent alors de bâtir leur ville et leur tour géante. Finalement le chantier est abandonné, et la population dispersée.


   

   Vestiges de la ziggurat d'Ur, prototype de celle de Babylone aujourd'hui détruite.
 Cette dernière a été identifiée
par les archéologues comme étant l'ancienne tour de Babel.
(source: Ancient near east images)


Abraham le patriarche



        Abraham est le fils d'un homme nommé Tharé, originaire de la ville de Ur en Mésopotamie. Tharé quitte cette région pour s'installer à Haran, une ville située sur le chemin de Canaan. Lorsque son père Tharé décède, Abraham lui succède ; bientôt celui-ci sera témoin d'une vision. Dieu lui demande de quitter Haran avec ses proches, et de partir en direction du territoire de Canaan, c'est-à-dire de la Palestine. Ce sera la terre prospère que Dieu lui donnera pour y habiter. Abraham obéit, emmène sa famille et s'établit en Canaan. Dieu promet à Abraham qu'il aura une très nombreuse descendance. Pourtant il est âgé, il n'a pas d'enfants et sa femme Sara n'est plus en âge d'enfanter. Mais Dieu le lui assure : ses descendants seront plus nombreux que les étoiles du ciel, ou les grains de sable d'une plage.

        Dans sa famille, Abraham a un neveu appelé Loth qui voyage avec lui. En arrivant en Palestine, le patriarche vit avec sa famille comme de simples bergers nomades. Mais lui et sa petite troupe rencontrent bien vite des difficultés avec les peuplades déjà installées dans la région. Pour pouvoir s'établir dans le pays, il n'y a pas d'autre choix que de combattre. Des échauffourées ont lieu entre la famille d'Abraham et des tribus autochtones. Lors d'une de ces luttes, Loth est fait prisonnier, et emmené par ses vainqueurs dans une ville appelée Sodome, proche de la Mer Morte.




Image de la vie de nomade en Palestine.
(source: biblepicturegallery)

        Quelques temps plus tard, Sarah étant trop âgée pour enfanter, Abraham aura un premier enfant nommé Ismaël, dont la mère est la servante Agar. Sur demande de Yahvé il est instauré la pratique de la circoncision, qui est établie dans toute la famille d'Abraham, en signe de sa fidélité à Yahvé.

        Abraham a le sens de l'hospitalité. Un jour trois inconnus se présentent devant sa tente : sans hésiter il les invite à déjeuner et leur propose un moment de repos. Il comprend que ses hôtes sont des anges envoyés par Dieu. En même temps Dieu parle au patriarche. Il lui confirme qu'il aura bien un fils de sa femme Sara, et qu'il est confirmé dans son destin de père d'une future grande nation, qui sera bénie entre toutes. Les trois énigmatiques visiteurs prennent ensuite congé du patriarche pour se rendre à Sodome.




Abraham et les trois anges.
Peinture de Marc Chagall, XXe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


Sodome  et Gomorrhe


        Sodome et Gomorrhe ont très mauvaise réputation. On dit que ce sont des villes perverties, dont les moeurs sont très relâchées, y compris entre les personnes de même sexe. Loth dispose d'une maison dans la ville de Sodome. Lorsqu'il voit arriver les hommes envoyés par Dieu, il les invite à séjourner chez lui. Mais cette visite ne passe pas inaperçue : la demeure de Loth est rapidement investie par une foule d'individus manifestement sans morale. Loth ouvre sa porte pour tenter de disperser la foule, mais il est lui-même pris à parti. Une bousculade a lieu, et finalement les invités tirent Loth à l'intérieur puis referment la porte.

        Entretemps, Dieu révèle à Abraham l'intention de Yahvé de détruire Sodome et Gomorrhe, car leurs fautes sont très graves. Abraham effrayé plaide pour la clémence, et demande à Dieu d'épargner ces villes s'il s'y trouve des habitants non pervertis, sages et justes. Abraham négocie : il demande qu'un minimum de dix justes suffise pour que la ville soit sauvée ; mais en réalité ce nombre ne sera même pas atteint. En conséquence, la ville ne pourra pas échapper à la justice divine.

        A l'intérieur de la ville, les étrangers entrés chez Loth lui expliquent qu'il doit quitter la ville de toute urgence, car Yahvé va punir leurs habitants, faire tomber la foudre sur leurs villes et les détruire. Au matin, Loth et ses compagnons ainsi que leurs femmes quittent donc la cité en hâte. Lorsqu'ils sont hors de la ville, ils entendent derrière eux de grands fracas. La terre tremble, les flammes éclairent les alentours. Tandis qu'ils poursuivent leur chemin, la femme de Loth regarde en arrière, malgré la consigne formelle de ne pas se retourner. Immédiatement elle est transformée en statue de sel.

        Le reste des fuyards se réfugie dans une ville voisine, Ségor, qui ne sera pas détruite. Le lendemain, le patriarche Abraham peut observer ce qui est arrivé : à la place des deux villes, il ne voit plus que des cendres fumantes, restes des deux cités rayées de la surface terrestre pour avoir gravement péché contre Dieu.




La mer Morte vue du sud, région où étaient bâties les cités
 de Sodome et de Gomorrhe. Les vestiges de ces villes ont été retrouvés.

(source: ebibleteacher.com)


Isaac, Esaü et Jacob


        Plus tard la réalité confirme la prophétie de Yahvé : Sara devient enceinte et met au monde Isaac. Lorsque Isaac est devenu plus grand, Dieu demande à Abraham de lui offrir son fils en sacrifice. Pour Abraham, cet ordre est dur et contradictoire : si son fils unique meurt, qui assurera la descendance promise ? N'osant pourtant pas désobéir à l'ordre divin, Abraham emmène donc son unique enfant sur une montagne, et l'attache. Mais à l'instant où il lève son couteau pour frapper, un ange arrête le sacrificateur : Dieu n'accepte pas les sacrifices humains. Dieu félicite Abraham de n'avoir pas refusé de lui offrir son seul fils. Le sacrifice aura lieu toutefois, mais la victime sera un bélier qui s'est pris les cornes dans des branchages.





Le sacrifice d'Isaac.
Peinture de Marc Chagall, XXe s., France.

(source: maurice.lamouroux.com)


        Pour avoir une descendance, il faut avoir un fils qui se marie. Lorsque son fils Isaac a atteint l'âge adulte, Abraham envoie l'un de ses serviteurs en mission. Son devoir : trouver une femme pour Isaac et revenir avec elle. Le serviteur quitte donc le campement, et part en direction de l'est, le pays d'origine d'Abraham. Pour être sûr de faire le bon choix, il s'en réfère à Dieu. Dans sa prière, il souhaite que la promise se reconnaisse grâce à un signe. Si une femme accepte de lui donner à boire ainsi qu'à ses chameaux, elle sera la choisie.

        La réponse ne tarde pas à venir : arrivant près d'un puits, le serviteur trouve une jeune fille occupée à y puiser. Lorsque celle-ci l'aperçoit, elle lui offre immédiatement de l'eau, et abreuve aussi ses montures. Alors le serviteur lui révèle le but de sa mission. La jeune fille accepte, et bientôt sa famille donne son accord pour un mariage. Quelques jours plus tard, Isaac épouse Rebecca.


 

Femmes porteuses d'eau en Samarie.
(source: biblepicturegallery)


        Le couple aura deux fils, Esaü et Jacob. Lorsque ces fils auront grandi, un désaccord s'établira entre eux. Esaü étant l'aîné, il bénéficie du droit d'aînesse, d'après lequel tout l'héritage de leur père lui revient en totalité. Mais son frère cadet ne l'entend pas ainsi. Jacob use d'un stratagème pour s'approprier ce droit d'aînesse. Jacob prépare un très grand plat de lentilles. Son frère est affamé car rentre épuisé des travaux des champs. Alors Jacob marchande : le plat de lentilles contre le droit d'aînesse. Esaü a une telle faim, qu'il accepte de renoncer à son droit d'aînesse ; après quoi il se jette sur le plat pour le dévorer.

        Mais un nouveau litige apparaît sur un autre point. Leur père Isaac est âgé et malade. De surcroît, il est devenu aveugle. Avant de mourir, Isaac souhaite donner la bénédiction à son fils aîné Esaü. C'est sans compter avec la ruse de Jacob. Sur les conseils de sa mère, Jacob se fait passer pour son frère afin d'être béni à sa place. Pour prendre l'aspect de son frère, il se recouvre d'une peau de mouton, son frère étant très velu ... Isaac touchant la peau de mouton, le prend pour l'aîné, et donne à Jacob la bénédiction prévue pour Esaü !



La bénédiction de Jacob. Peinture contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)

    
        Jacob ayant arraché à son frère le droit d'aînesse et la bénédiction paternelle, il s’enfuit craignant la vengeance d’Esaü. Il fait un long séjour en Mésopotamie où il fondera une famille comptant douze fils. Jacob, impénitent, poursuivra ses malversations, y compris avec son beau-père. Une nuit Jacob voit dans un rêve une échelle qui relie la terre et le ciel, avec des anges qui montent et descendent. Cela l’amène à considérer cet endroit comme un lieu saint. Puis, une nuit, il luttera contre quelqu’un et sortira boiteux de ce combat. Dieu lui donnera un nouveau nom : Israël, qui signifie « fort contre Dieu ». Finalement Jacob rentre en Canaan, où il se réconcilie avec son frère, après lui avoir fait parvenir de nombreux présents.





La lutte de Jacob avec l'ange.
Gravure peinte de Gustave Doré, XIXe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        Esaü et Jacob continueront à mener leur vie de bergers, se déplaçant sur les mêmes territoires. Ils auront chacun sa famille, celle de Jacob ayant hérité du titre de peuple de Dieu. Jacob s'appelle aussi Israël, nom qui désignera toute sa descendance. Jacob aura douze fils, qu'il élèvera dans la tradition du respect de Yahvé.


Joseph en Egypte


        Joseph est l'un des douze fils de Jacob. Lui et ses frères mènent comme leur père, la vie de bédouins dans le désert. Encore jeune, Joseph n'est pas aimé par ses frères qui le méprisent. Son père tient cependant à reconnaître sa place dans la famille.

        Les onze frères de Joseph lui jouent un jour un bien mauvais tour. Un jour, se trouvant loin de chez eux, ils complotent contre Joseph, le saisissent et le jettent dans un puits. Ils ne le tireront de son puits que pour le vendre comme esclave à une caravane de marchands se dirigeant vers l’Égypte. Ils donneront à son père la fausse nouvelle de sa mort. Prenant ce récit au sérieux, Jacob pleure beaucoup la disparition de son fils.

       



Joseph emmené en esclavage.
Peinture contemporaine d'Aurore, France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        En Egypte, un dignitaire égyptien du nom de Potiphar, proche du pharaon, fait l'acquisition de l'esclave Joseph. Il l'emmène chez lui et l'affecte à des tâches domestiques. Devenu serviteur, Joseph effectue un travail qui est apprécié. Mais bientôt un incident se produit dans la demeure de Potiphar. En l'absence du maître, la femme de Potiphar tente de séduire Joseph. Celui-ci repousse vigoureusement ses avances. Alors, vexée de ce refus, elle accuse faussement Joseph d'avoir tenté de la séduire. Potiphar est choqué : croyant les affirmations de son épouse, il fait arrêter Joseph et le fait mettre en prison.

       Le malheureux Joseph passe quelques temps en prison. Heureusement pour lui, ses gardiens lui confient des tâches de confiance, car malgré sa condition de prisonnier, il fait toujours preuve de bonne conduite. Mais bientôt le destin va changer totalement. On apprend que le roi d'Egypte, le puissant pharaon, est troublé car il a fait un rêve. Le souverain est convaincu que ce rêve est un songe qui contient un message prophétique et qui doit être déchiffré. Le pharaon ne trouve personne susceptible d'interpréter son rêve. C'est alors que les geôliers de Joseph proposent à Pharaon son concours. En effet, ils se sont aperçus que leur prisonnier hébreu avait le don d'interpréter les rêves. Alors on sort Joseph de son cachot et on le présente au puissant monarque.

        Heureux d'avoir trouvé un candidat, Pharaon dépeint son rêve à Joseph. Le songe montre des images qui se succèdent : des vaches très bien nourries, au nombre de sept, défilent dans le rêve du roi. Puis elles sont suivies par d'autres vaches, elles aussi au nombre de sept, mais celles-ci sont désespérément maigres. Finalement les vaches maigres, affamées, se jettent sur les vaches grasses pour les dévorer.




Le rêve du pharaon. Peinture contemporaine d'Aurore, France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)





Joseph interprète le rêve de pharaon.
Peinture contemporaine d'Anne de Vries, Pays-Bas.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Lorsque le roi a terminé son récit, Joseph lui expose son interprétation. Il confirme que ce rêve est effectivement d'essence divine, et explique qu'il vient de son Dieu à lui, Yahvé. Les sept vaches grasses représentent sept années de prospérité économique à venir. Elles seront suivies par sept années de sécheresse - les sept vaches maigres - tellement désastreuses qu'il y aura une grande famine. La famine détruira le bénéfice de la prospérité antérieure.

        Ayant entendu ces paroles, le pharaon se montre très satisfait. L'interprétation lui parait convaincante, et il en remercie Joseph, le seul qui a été capable de l'éclairer. Pour l'avoir ainsi aidé, Pharaon décide d'élever Joseph aux plus grands honneurs. Il le nomme à un poste de fonctionnaire de haut rang. Il le charge d'organiser lui-même la gestion des affaires économiques, en prévision des évènements annoncés.

        Mais voilà que la prophétie commence à se réaliser. Des années exceptionnellement bonnes permettent au pharaon et à Joseph de faire accumuler des réserves de nourriture. Les récoltes de blé sont stockées en quantité, et tout le royaume d'Egypte fait des réserves importantes sous le contrôle royal. Puis, au bout de sept ans, la prospérité économique laisse la place à une terrible sécheresse. Pour l'Egypte et la plupart des pays d'Orient, cette crise est une catastrophe. Heureusement il y a les réserves emmagasinées. Pendant sept ans, l'Egypte vit sur les stocks qu'elle a accumulés. Bien plus, les habitants des pays voisins de l'Egypte, sans ressources, viennent acheter de la nourriture à Joseph et à Pharaon.


 

Récolte du blé en Egypte.
Peinture murale de la tombe de Senedjem.

(source:
www.carey.ac.nz)


        Parmi les acheteurs potentiels du blé égyptien, il y a la famille d'origine de Joseph qui est restée en Palestine. Son vieux père Jacob envoie les onze frères se procurer du blé en Egypte. Au terme de leur voyage, ils arrivent dans la capitale, et présentent leur demande à l'administrateur des réserves. Sans le savoir, ils se trouvent face à face avec leur frère.

        Joseph reconnaît sa famille. Sans révéler son identité, il se souvient du vieil incident, et décide de mettre ses frères à l'épreuve. Il s'arrange pour faire accuser de vol le plus jeune d'entre eux, appelé Benjamin. Un coup monté par Joseph met son frère devant les preuves apparentes de sa culpabilité. Il les convoque tous à un banquet, au cours duquel il leur fait de graves reproches. Les voyant effrayés, Joseph est alors finalement pris par l'émotion. Il leur révèle sa véritable identité. A leur grande stupéfaction, il relate devant eux toute son aventure, et finit par leur pardonner à tous. Avec l’autorisation de Pharaon, il permet à sa famille de s'établir en Égypte. Leur vieux père Jacob, apprenant l'heureux dénouement, vient les rejoindre et s'installe lui aussi sur les rives du Nil.





Joseph accueille Jacob en Egypte.
Peinture contemporaine d'Anne de Vries, Pays-Bas.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        La famille de Jacob s'établit durablement en Egypte. Elle y restera pendant plusieurs générations, augmentant en nombre, et et formant au fil des années une communauté de plus en plus importante. Les années passent. Les descendants de Jacob, devenant le peuple hébreu, se trouveront bientôt dans une situation d'immigrés en surnombre.




Peinture murale égyptienne figurant des Sémites, désignés sous
l'appellation de "Habiru" (Hébreux?). Tombe de Khnoumhotep II, Beni Hasan.

(source: www.Jesuswalk.com)


La jeunesse de Moïse


        Le livre de l'Exode relate la fin du séjour en Egypte de la famille de Jacob. L'Egypte devient peu à peu hostile aux enfants d'Israël qui y vivent, et dont le nombre est constamment croissant. Un jour le pharaon de l'époque, lassé lui aussi de la présence des Hébreux, prend une décision radicale : il ordonne que tous les nouveaux-nés hébreux soient mis à mort. Un massacre des Hébreux est perpétré par le Pharaon et ses soldats.

        Il se trouve parmi eux une mère qui tient absolument à sauver son fils menacé. Elle installe son nourrisson dans un panier flottant, et l'abandonne sur le Nil. Le panier part à la dérive, suivi discrètement à distance par la soeur du nouveau-né.

        L'enfant a beaucoup de chance. En aval du fleuve se trouve par hasard la famille royale d'Egypte. La fille du pharaon est près de la rive, avec ses servantes. Son attention est attirée par ce panier qui vogue et qui émet des piaillements d'enfant. La fille du roi recueille le panier et le nourrisson. La princesse égyptienne est attendrie. Ne retrouvant pas sa propriétaire, elle décide de l'adopteret lui donne un nom : Moïse, ce qui signifie : "sauvé des eaux". Le jeune Moïse grandit à la cour royale.




Moïse sauvé des eaux.
Peinture de He Qi, XXe s., Chine.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Qu'est devenu le peuple hébreu ? Méprisé par les Egyptiens, il est maintenant réduit en esclavage. Partout en Egypte, les Hébreux effectuent les travaux les plus pénibles pour le compte du puissant pharaon. Ils confectionnent les briques, taillent les pierres, traînent les gros blocs, assemblent les matériaux pour construire les palais prestigieux de leurs maîtres. Le travail est rude, ce sont même des travaux forcés. Un jour, Moïse assiste à une scène de châtiment : un ouvrier hébreu est flagellé par un contremaître égyptien. Révolté, Moïse intervient, se jette sur l'Egyptien et le tue. Moïse réalise alors la gravité de son acte : effrayé, il s'enfuit alors dans le désert.


 

Travaux en Egypte. Fabrication de briques.
Peinture murale de la tombe de Nakht.



        Craignant d'être arrêté et condamné pour homicide, Moïse se réfugie dans le désert du Sinaï. Il rencontre des Madianites, un groupe de bédouins du désert, et vit avec eux. Il occupe son temps à garder leurs troupeaux dans les collines éloignées de toute agglomération.

        Mais voilà qu'il va assister à un phénomène extraordinaire. Pendant qu'il veille sur ses moutons en plein désert, Moïse aperçoit un buisson en feu. Ce spectacle l'intrigue, d'autant plus que le buisson brûle mais ne se détruit pas. Etonné par ce phénomène, il s'approche pour mieux l'observer.




Moïse et le buisson ardent.
Peinture d'Aurore, XXe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
       Tandis que Moïse se rapproche, une voix se fait soudain entendre, venant de l'arbuste. C'est Dieu qui lui parle, le Dieu unique des Israélites. La voix de Dieu évoque la détresse de son peuple, puis confie à Moïse une mission : il doit retourner en Egypte voir le pharaon, pour lui demander la libération du peuple hébreu. Le peuple de Dieu devra ensuite quitter le pays pour retourner sur la terre de ses ancêtres. Pour aider Moïse à convaincre le monarque, Dieu promet à Moïse de réaliser des prodiges spectaculaires devant le roi, pour lui montrer qu'Il est le plus grand. Comme Moïse lui demande son nom, Il répond : « Je suis celui qui est » : Yahvé.

        A la suite de cette vision, Moïse retourne donc à la ville et se présente à la cour royale. Devant le roi d'Egypte, il exprime sa requête, qui bien évidemment est repoussée avec dédain. Mais Moïse insiste. Pour convaincre le roi, il accomplit les miracles promis par Dieu. Le bâton qu'il porte se transforme en serpent. Sa main se couvre de pustules. Pourtant le pharaon s'entête, refusant obstinément d'accorder la liberté au peuple hébreu.


Les dix plaies d'Egypte


        Les visites de Moïse auprès du pharaon deviennent plus fréquentes. Il fait chaque fois la même demande, inlassablement. Et chaque fois, le roi refuse. Alors, chaque fois, Moïse fait pleuvoir sur l'Egypte une nouvelle calamité. De terribles plaies s'abattent sur l'Egypte : le pays est tour à tour envahi par les grenouilles, les mouches, les moustiques, les sauterelles, la grêle, l'obscurité. L'eau se transforme en sang et le bétail est terrassé. Finalement, la dernière plaie est la mort de tous les hommes égyptiens qui sont des premiers-nés. Même le fils du pharaon succombe. Seuls les Hébreux sont épargnés. A ce moment-là seulement, le roi cède enfin, et autorise Moïse à quitter l'Egypte avec son peuple.

        La dernière plaie, la mort des premiers-nés, marque le moment où les Hébreux fêtent la Pâque juive pour la première fois. A la demande de Yahvé, ils font ce soir-là un repas constitué d'un agneau rôti. Ils doivent en outre marquer les montants de leurs portes avec du sang de l'animal immolé. Ainsi, la mort des premiers-nés ne frappera pas les enfants d'Israël, car le signe sur leurs portes sera reconnu par l'ange exterminateur. Cette nuit-là, lorsque la mort vient frapper le pays, les Egyptiens comptent un grand nombre de morts chez eux. Ils se tournent alors vers les Hébreux, et les supplient de partir aussi loin que possible de leur pays.


La sortie d'Egypte


        Ayant enfin obtenu l'autorisation d'emmener les Hébreux hors du pays d'Egypte, Moïse rassemble le peuple de Dieu pour le grand départ. Lorsque le signal est donné, la longue colonne se met en marche. Les Hébreux font route vers le nord-est, en direction de la frontière égyptienne.

        Mais entretemps, le pharaon se ravise : il refuse à nouveau l'autorisation de départ. Les Hébreux sont à ce moment sur le point de sortir du territoire égyptien, près d'un bras de mer qui se trouve sur la frontière. Le roi est déterminé à employer la force. Il arme toute sa cavalerie, et part à la poursuite des fuyards. Les Hébreux à ce moment arrivent sur la rive de la mer des Roseaux. 



Ramsès II sur son char de guerre. Ce serait lui qui aurait été confronté à Moïse.
Peinture murale d'une tombe égyptienne.

(source: z.radovan)


        Lorsqu'ils aperçoivent la puissante armée égyptienne qui apparaît derrière eux à l'horizon, les Hébreux sont preis de panique. Ils craignent d'être massacrés. Mais Moïse les rassure : ils n'ont rien à craindre, parce que Yahvé leur Dieu va les délivrer du danger. A ces mots, Moïse prend son bâton et le dirige vers la mer. Et soudain les eaux se fendent en deux, laissant miraculeusement un passage à sec au milieu de la mer.

        Sous la conduite de Moïse, le peuple d'Israël s'engage dans le lit asséché de la mer. Les Hébreux ont juste le temps de le franchir et d'atteindre l'autre rive, car la cavalerie égyptienne est à leur poursuite. Les Egyptiens s'engagent eux aussi dans la mer asséchée. Alors Moïse étend son bâton une nouvelle fois, et brusquement la mer se referme sur les soldats égyptiens. Et c'est un grand désastre pour l'armée égyptienne. Des centaines de soldats meurent noyés, renversés, emportés par les flots. La cavalerie du pharaon est détruite. Ce jour-là, l'Egypte renonce définitivement à retenir le peuple hébreu en esclavage.


   

La traversée de la mer par les Hébreux.
Peinture d'Aurore, XXe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



Quarante ans dans le désert : de l'Egypte au Sinaï



        Le peuple hébreu ayant réussi à traverser la mer et à échapper à la menace égyptienne, Moïse lui explique que sa destination est la terre fertile de leurs ancêtres, la "Terre promise", appelée Canaan. Pour y parvenir, la route sera longue et difficile. Mais pour l'heure, on se doit d'organiser une grande fête en l'honneur de Yahvé qui a accompli de grands miracles pour délivrer Israël. Un cantique, appelé le cantique de Miriam, est chanté dans le campement par tout le peuple rassemblé.

        Le voyage vers la Terre promise commence. L'itinéraire choisi contourne le massif du Sinaï par le sud. Mais les régions traversées sont arides. Le désert est omniprésent, même au bord de la mer. La difficulté majeure est le ravitaillement, en eau et en nourriture. Les Hébreux s'impatientent. Qui les désaltèrera ? De quoi se nourriront-ils ? Ils apostrophent Moïse, déclarant qu'ils préfèrent vivre comme esclaves en Egypte plutôt que mourir de faim et de soif dans le désert.

        Pressé par le peuple impatient, Moïse s'en réfère à l'Eternel. adresse à Dieu une prière. Yahvé répond et promet que chaque nuit, Il fera tomber du ciel une sorte de pain miraculeux, la manne céleste. Effectivement, le matin suivant, les Hébreux trouvent le sol entièrement recouvert de mie de pain ayant l'aspect de la neige. Ils s'en nourrissent, et dès lors la manne divine suffit pour nourrir les gens au jour le jour. Le seul matin où la manne ne tombe pas est le dimanche, jour de repos du Seigneur. En prévision, les bénéficiaires sont invités à faire des provisions supplémentaires la veille.

        Le même problème ne tarde pas à se poser pour l'eau potable. Conscient de ce manque, Moïse se tourne vers Dieu une nouvelle fois. Celui-ci lui répond qu'il trouvera de l'eau miraculeusement : il n’a qu’à frapper le rocher qu’Il lui indique à l'aide de son bâton. Moïse se tourne alors vers le peuple, et transmet la réponse de Yahvé. Il prend son bâton, s'approche du bord d'une colline et frappe. De l'eau apparaît, comme une source cachée que l'on fait renaître. Le peuple est rassuré et sauvé, et peut se désaltérer autant que nécessaire.




    Une vue du massif du Sinaï.
(source: ebibleteacher.com)



       Il faut cependant poursuivre la route et marcher. La longue colonne se remet en route, et avance lentement vers le nord. Jour après jour, étape après étape, le peuple avance dans le désert. Moïse est à sa tête et maintient l'unité. Durant tout le voyage, Dieu lui apparaît régulièrement. Sur Sa demande, Moïse monte sur le Mont Sinaï. Il dresse une tente pour Yahvé, espace qui devient un lieu saint. Yahvé donne à Moïse ses instructions. Le peuple juif est le peuple élu, choisi par Dieu pour avoir une place particulière parmi les nations. Israël est le peuple saint, qui porte en lui le principe du Dieu unique.




La manne céleste. Enluminure extraite du
"Speculum humanae salvationis", XVe s., France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)


        Le groupe de voyageurs doit aussi affronter des ennemis redoutables sur leur passage. Une bataille fameuse a lieu contre le peuple d'Amalec. Au plus fort de la bataille, Moïse lève les bras au Ciel pour implorer l'aide de Yahvé. Par miracle, les choses s'arrangent dès cet instant. Moïse se rend compte que pour garder l'avantage, il doit garder ses bras levés vers le ciel. Il le fera pendant toute la durée de l'affrontement, mais il doit appeler alors ses deux fils pour qu'ils lui soutiennent les bras jusqu'à la fin de la bataille. C'est finalement une grande victoire pour Israël.


Les dix Commandements



Moïse recevant les tables de la Loi. Icône russe.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)

        Dans son dialogue avec Yahvé, Moïse reçoit de l'Eternel un code de lois à respecter, valable pour tous les enfants d'Israël. Ce sont les Dix Commandements, que Moïse reçoit sur le mont Sinaï. Les Dix Commandements sont gravés par l'Eternel sur deux tables de pierre. Lorsque Moïse en a pris possession, il quitte la tente et redescend dans la vallée pour les transmettre au peuple.





        Lorsque Moïse muni des tables de la Loi retrouve les Hébreux, une amère déception l'attend : pendant qu'il dialoguait face à face avec Dieu, les Juifs se sont fabriqués un faux dieu, une statue en or représentant un veau. Ils sont en train de festoyer en l'honneur de ce nouveau dieu, incompatible avec le culte de Yahvé. Voyant cela, Moïse entre alors dans une violente colère. Il renverse la statue du veau d'or, la fait fondre, adresse de très virulents reproches au peuple dissipé. Les Hébreux ont commis un grave péché, celui de l'idôlatrie qui les a détournés du vrai Dieu. Dans sa colère, Moïse jette au sol les tables de la Loi. Celles-ci se brisent net ; il faudra donc graver de nouvelles tables. Moïse remonte donc sur le Sinaï dans la tente de Yahvé, et reçoit de nouvelles tables.






Le veau d'or. Peinture de Nicolas Poussin, XVIIe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


Moïse brisant les tables de la loi.
 Peinture anonyme
contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)

       
        Le peuple d'Israël prend connaissance du contenu des tables de la Loi. Les dix commandements sont un code de pratique religieuse envers le Dieu unique Yahvé, et de principes moraux à respecter. Pour être conservées à l'abri, les tables sont enfermées dans un coffre que les Israëlites confectionnent en le décorant avec le plus grand soin : de l'or, du bois précieux, des ornements sont utilisés. Ce coffre symbolise le contrat passé avec l'Eternel, et est appelé l'Arche d'Alliance. Le texte des dix commandements est conçu ainsi :




Texte des Dix Commandements, écrit en langue
hébraïque d'origine.
(source: ebibleteacher.com)

" Moi, Yahvé, Je suis ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude.
Tu n'auras pas d'autre dieux en dehors de moi.
Tu ne te feras pas d'image taillée, ni aucune figure ; tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne leur rendras pas de culte.
Tu ne prendras pas en vain le nom de Yahvé.
Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.
Honore ton père et ta mère.
Tu ne tueras point.
Tu ne commetras point d'adultère.
Tu ne voleras point.
Tu ne déposeras pas comme témoin mensonger contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni sa femme, ni rien de ce qui lui appartient."

         La fin du Livre de l'Exode complète les paroles dites par Yahvé à Moïse dans le désert. Il définit le rôle particulier des fils d'Aaron, descendants de Lévi, qui seront les prêtres. Sur la demande de Dieu, le peuple construit un ensemble d'objets de culte constituant le mobilier liturgique qu'ils transporteront avec eux. Les Israélites mettent leur meilleur savoir-faire dans la fabrication des objets de culte dédiés à Yahvé.

        Le mobilier magnifique que les Hébreux fabriquent pour le culte comprend : un coffre en acacia plaqué or, appelé Arche d'Alliance et destiné à contenir les tables de la Loi ; une table des offrandes, dite des pains de proposition, également en bois d'acacia ; un chandelier à sept branches en or massif ; un autel des parfums et un autel des sacrifices ; des vêtements somptueux pour les prêtres ; une tente appelée Tente de la Réunion ou Tabernacle, qui sera le lieu saint et qui contiendra tout le mobilier.




Le Tabernacle ou Tente de la Réunion.
Maquette
réduite réalisée par Andrew Gillesae.
(source: biblepicturegallery)





L'Arche d'Alliance contenant les Tables de la Loi. Reconstitution.
(source: ebibleteacher.com) 



Le chandelier en or à sept branches. Reconstitution.
(source: freestockphotos.com)

        Le Livre appelé Le Lévitique contient un certain nombre de préceptes donnés par Dieu à son peuple. Les Lévites sont les descendants de Lévi, l'un des frères de Joseph le patriarche. Ils ont un rôle particulier lié au culte. Ce livre détermine le rituel des sacrifices, définit le rôle des prêtres, donne quelques mesures d'hygiène, différencie ce qui est pur et impur.


La suite du long périple : du Sinaï à la Mer Morte


        Ayant quitté le mont Sinaï, les Israélites progressent peu à peu vers le nord, pour s'approcher de la Palestine qu'ils contournent par l'est, en remontant la vallée qui prolonge la Mer Morte. Ils passent sur la rive est derrière la Mer Morte. Les régions désertiques qu'ils traversent constituent un itinéraire assez peu fréquenté. L'objectif final est la Palestine, alors appelée Canaan ; cette riche contrée est occupée par diverses peuplades qui y sont établies depuis plus ou moins longtemps.

        Le livre appelé les Nombres rend d'abord compte d'un recensement des Enfants d'Israël, effectué durant l'Exode sur demande divine. Il recense les douze tribus d'Istraël, qui sont en fait les descendants des douze fils de Jacob. Tribu par tribu, le dénombrement donne le chiffre total considérable de plus de six-cent mille hommes valides.

        Ce livre relate également plusieurs épisodes de la progression des Hébreux entre le Sinaï et la Palestine. En remontant vers le nord, les Israélites abordent d'autres territoires dont les possesseurs ne sont pas toujours disposés à les laisser passer. Ils demandent au roi d'Edom l'autorisation de traverser son royaume, mais ne l'ayant pas obtenue, ils le contournent. Cela se passe moins bien avec le roi du territoire suivant, celui des Amorrhéens, qui se montre franchement hostile et lève une armée contre Israël. Un affrontement sanglant a lieu, qui se termine par la victoire des Hébreux ; ceux-ci prennent alors possession de tout le territoire des Amorrhéens. Par la suite, les Hébreux doivent aussi vaincre d'autres peuples comme les Madianites.




Le territoire d'Edom à l'est de la mer Morte, contourné par les Hébreux durant l'Exode.
(source: bibleplaces.com)



        Le Deutéronome reprend lui aussi quelques faits narratifs de l'Exode. C'est aussi un recueil des préceptes moraux que Dieu donne à Moïse dans le désert. Dans ce texte, Yahvé exhorte le peuple à la fidélité et à l'obéissance à son Dieu. Il est aussi question de droit et d'éthique, où l'on préconise notamment la bienveillance envers les personnes faibles, et un comportement strict en matière de moeurs.




Carte du trajet suivi par les Hébreux durant l'Exode (tracé rouge).
(source: ebibleteacher.com)




Chameaux dans le désert.
(source: freestockphotos.com)


        La dernière partie du Deutéronome reprend le fil du récit, au moment où la mission de Moïse touche à sa fin. Yahvé demande à son serviteur de monter au sommet du mont Nebo ; cette montagne qui domine toute la région, offre une large vue sur la Palestine. Le prophète est informé par Dieu qu'il n'entrera pas en Terre promise. Les Hébreux seront conduits à destination par son successeur, qui sera Josué. En attendant, Moïse peut contempler depuis le mont Nebo le vaste pays qui sera donné par Dieu à son peuple.


                                                               
La plaine de Capharnaüm en Palestine, au bord du lac 
de Tibériade.
Une image du pays promis par Dieu au peuple hébreu.
(source: ebibleteacher.com)
                                                
                                                                                                                                                                                   
        Moïse décède en cet endroit, après que Josué a reçu la mission de conduire le peuple de Dieu. Il est enterré dans la vallée de Moab, nul ne sait exactement où. Les Hébreux célébrent un deuil de trente jours pour honorer Moïse.


 

Les espions de Moïse ramenant du raisin. Enluminure
extraite du "Specu
lum humanae salvationis", XVe s., France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)


Sous la conduite de Josué


        Dans le Livre de Josué, le successeur de Moïse prend le commandement du peuple. Sa mission est de conquérir la Palestine et d'y installer le peuple d'Israël. A l'époque de Josué, cette région encore aux mains des Cananéens, mais elle sera bientôt la proie des Philistins, un peuple d'envahisseurs venu sans doute par la mer depuis la péninsule turque. Les Philistins ont cruellement ravagé la région au moment de leur conquête. Mais face à cet adversaire, Josué est un fin stratège militaire. Son plan consiste à prendre possession du pays progressivement, en commençant par la ville de Jéricho, proche du nord-ouest de la Mer Morte.

        Lorsque les habitants de Jéricho voient les Hébreux s'approcher, ils prennent peur et s'enferment dans leurs murs. Les Israélites font alors le siège de la ville. Pendant leur approche, deux éclaireurs hébreux réussissent à s'infiltrer discrètement dans la cité. Ils le font avec la complicité d'une habitante, qui se trouve être une prostituée. Celle-ci leur permet d'en ressortir en descendant le long d'un mur avec une corde. Les intrus obtiennent ainsi quelques informations sur l'état moral de la cité.




Vue de la partie nord de la Mer Morte et de l'embouchure du Jourdain.
(source: bibleplaces.com)  


La prise de Jéricho


        La ville de Jéricho sera prise grâce à une opération d'envergure, qui demeure dans toutes les mémoires. Sur demande de Yahvé, le peuple tout entier fait spectaculairement le tour de la ville, en transportant l'Arche d'Alliance et en invoquant Dieu.  Le mouvement est renouvelé sept fois de suite. Après cela, les Hébreux font entendre leurs voix et sonner de la trompette devant les remparts de la ville. Ils émettent un cri aussi puissant qu'ils le peuvent. A ce moment précis, les murailles de Jéricho s'effondrent soudainement. En l'espace de quelques instants, les défenses de la ville ne sont plus que ruines.

        Ce n'est désormais plus qu'un jeu de pénétrer dans la ville et de se rendre maîtres du lieu. Les vaincus sont passés au fil de l'épée et la ville incendiée. Dans le texte biblique, il est dit que Dieu insiste pour que les habitants ne soient pas épargnés. La raison qu'Il donne à cela est la nécessité d'éviter que des survivants cananéens n'exercent plus tard une influence néfaste sur le peuple d'Israël par leurs cultes païens.

        Les Hébreux ayant pris Jéricho, ils ne s'y installent pas, car Josué le leur interdit. Cette ville ne doit pas être reconstruite, et si un jour quelqu'un tente de le faire, il y laissera la vie.




Vestige d'une vieille tour de Jéricho.
Jéricho est l'une des plus anciennes villes du monde.
(source: bibleplaces.com)


Vestige d'un mur effondré de Jéricho,
datant sans doute des temps bibliques.
(source: ebibleteacher.com)


La conquête de la Palestine


        Le reste de la Palestine sera conquis progressivement, par étapes, sous la direction de Josué. Ce sera fait de manière méthodique, et cela nécessitera plusieurs années.

        La deuxième ville prise par Israël sera Haï. La ville est conquise par la ruse, grâce à une diversion. A la suite de ce brillant fait d'armes, les autres peuplades locales prennent peur, et fomentent deux coalitions de rois : celle du sud et celle du nord. Elles seront vaincues toutes les deux.

        C'est lors de cette conquête guerrière que se situe un épisode fameux. Lors de la bataille de Gabaon contre les coalisés du sud, Dieu intervient et arrête la course du soleil, pour laisser aux Hébreux le temps de terminer leur victoire. Les rois vaincus s'enfuient et se cachent dans une grotte, mais sont finalement retrouvés puis exécutés. De la même manière, la coalition du nord est défaite lors d'une attaque-surprise à Mérom, près de Sidon.

        Après chaque victoire, Josué s'empare des possessions territoriales des vaincus. A mesure que les terres de la Palestine sont conquises, les Hébreux s'y établissent. Ils ne se mélangent pas avec les gens qu'ils remplacent, de peur d'être corrompus et détournés du culte de Yahvé. La consigne est d'éliminer les habitants par le fer, afin d'empêcher toute compromission. Les territoires conquis militairement sont partagés, et confiés chacun à une tribu israélite. Les hébreux s'établissent dans les territoires qu'ils ont acquis.

        Lorsque la vie de Josué s'achève, la conquète est loin d'être finie, de nombreuses terres restant à prendre. En mourant, Josué demande aux Hébreux de toujours respecter scrupuleusement la fidélité au Dieu unique, condition impérative pour la survie de son peuple.
    

Le temps des Juges


        Le Livre des Juges relate la période qui suit la mort de Josué. Les années s'écoulant, les nouvelles générations installées ne respectent pas le culte de Yahvé, et se tournent vers des divinités locales telles que Baal et Astarté. Alors Dieu en colère suscite à Israël des ennemis puissants pour l'éprouver. Ce livre relate une succession de succès et de revers militaires, selon la fidélité ou l'infidélité du peuple à Yahvé. Le salut revient chaque fois grâce à l'intervention de personnes choisies par Dieu, appelées les juges, sortes de gouverneurs qui délivrent Israël du danger.

        L'un d'eux appelé Gédéon, sauve Israël menacé par une agression venue du peuple de Madian. Gédéon prend le commandement des troupes. Conseillé par Yahvé, Il livre avec succès une spectaculaire bataille nocturne. Trois cents soldats juifs encerclent nuitamment le camp ennemi ; puis soudain ils sonnent du cor, et sortent des torches enflammées qu'ils cachaient dans des cruches. Les Madianites, effrayés et pris de panique, s'entretuent dans la plus grande confusion.



Statuette d'une divinité locale trouvée à Ougarit. Les cultes idolâtres attireront constamment
 les Israélites, malgré l'interdiction formelle des prophètes de Yahvé.
(source: www.kchanson.com)



        Après Gédéon, le peuple d'Israël connaîtra d'autres juges. L'un d'eux nommé Samson, est connu pour sa force herculéenne. Cela est bien utile pour combattre les ennemis d'Israël ! Samson devient un jour l'amant d'une femme nommée Dalila, pourtant originaire du peuple philistin adversaire des Hébreux. Le roi ennemi qui veut capturer Samson, obtient de Dalila qu'elle lui arrache le secret de sa force invincible. Samson ne se méfiant pas, finit par révéler que sa force disparaîtrait si ses cheveux lui étaient totalement coupés. Alors, pendant le sommeil de son amant, Dalila lui rase le crâne. Samson tombe aussitôt entre les mains des Philistins.

        Le prisonnier a les yeux crevés, puis il est traîné dans un temple où a lieu une cérémonie païenne. Mais tandis que ses cheveux commencent à repousser, les forces lui reviennent. Son dernier acte sera de faire s'écrouler le temple, en s'appuyant sur une colonne avec son énergie légendaire. Le pilier s'effondre, entraînant la destruction du temple tout entier, et la mort de tous les occupants rassemblés en ce lieu.

        La dernière partie du Livre des Juges relate un conflit interne au peuple élu. La tribu des descendants de Benjamin fait sécession avec les autres tribus d'Israël, à la suite d'une affaire de viol et de meurtre. Une guerre fratricide éclate, qui se termine par la défaite des Benjaminites ; elle est néanmoins suivie d'une réconciliation entre les belligérants. Cet épisode amène l'auteur à la conclusion que le désordre menace l'unité de tout le peuple, et qu'il manquerait l'autorité d'un roi.

        Avant que l'histoire d'Israël ne devienne celle d'une monarchie, Le Livre de Ruth commence à préparer la transition. Ce texte met en scène une habitante veuve du pays de Moab nommée Ruth, qui choisit de devenir israélienne en suivant sa belle-mère originaire d'Israël. Ruth la Moabite s'incorpore au peuple hébreu, et épouse un cultivateur nommé Booz. Le couple aura une descendance dont sera issu le futur roi David.




Travaux des champs en Israël.
(source: biblepicturegallery)


Le roi Saül et la jeunesse de David



        Au début du Premier Livre de Samuel, Dieu se manifeste auprès de Samuel, un jeune novice au service d'Héli, grand prêtre de Yahvé et juge en Israël. Après la mort d'Héli, Samuel sera établi à son tour juge pour Israël.

        En fait le gouvernement des juges ne plaît pas aux Israélites. Ils envient les peuples voisins, qui sont des monarchies. Par l'intermédiaire de Samuel, les Hébreux demandent à Dieu l'instauration de la royauté. A cette requête, Dieu répond négativement. Un roi serait tenté d'abuser de son pouvoir, de se conduire en tyran et de faire du peuple ses esclaves. Cependant le peuple insiste, et finalement Yahvé décide lui accorde le roi qu'ils réclament.

        Yahvé demande à Samuel d'aller à la rencontre d'un homme brave et brillant appelé Saül, et de l'établir comme roi d'Israël. Samuel rencontre le futur monarque, et lui annonce que Dieu l'a choisi pour régner sur son peuple. Samuel emmène Saül sur un chemin, et de proclame roi d'Israël. Pour officialiser l'évènement, il lui verse de l'huile sur la tête.

        Le roi Saül sera un monarque brillant au début. A la tête des armées d'Israël, il remportera de nombreuses victoires contre les Philistins. Mais il n'obéira pas toujours aux directives de Yahvé, transmises par le prophète Samuel. Alors Dieu fait savoir à Saül qu'Il va le délaisser, et que la royauté reviendra finalement à quelqu'un d'autre.




David et Goliath. Peinture contemporaine
 d'Angela, Etats-Unis.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)

        Cependant les rivalités se poursuivent entre Israël et les territoires voisins. Les guerres contre les Philistins sont les plus coûteuses. De plus, les combattants philistins ont un héros. Leur champion est un soldat nommé Goliath, un géant haut de plus de deux mètres à carrure d'athlète. Ce colosse lance un défi aux Israélites : il leur propose un combat singulier qui décidera du sort de cette guerre. Les Juifs sont sommés de désigner un combattant pour affronter Goliath.

        Du côté des Hébreux, les volontaires ne se bousculent pas pour relever le défi ! Finalement, il se présente un berger nommé David, un être jeune et frêle. Et lorsque les deux combattants sont mis en présence, Goliath tout en armure ne peut s'empêcher d'éclater de rire devant son fragile adversaire. David répond à son ennemi en déclarant que Dieu combat pour Israël, et que personne ne peut vaincre Yahvé. Puis le jeune berger se saisit d'une pierre et arme sa fronde : le projectile est lancé, et atteint Goliath directement au front. Le géant meurt sur le coup et s'écroule.




        Le jeune David saisit aussitôt le glaive du géant tombé à terre, et lui tranche le cou. A ce moment-là, les Philistins sont épouvantés. Ils prennent aussitôt la fuite, mais sont poursuivis, et la victoire est complète pour les Israélites.

        A la suite de cet évènement, le roi Saül ne peut pas ignorer l'exploit du jeune David. Il l'invite à sa cour, l'engage dans l'armée, l'héberge dans son palais. Le jeune David devient l'ami du fils de Saül, Jonathan. Mais bientôt, les succès militaires de David surpasseront ceux de Saül. David gagne en prestige. Une rivalité s'instaure peu à peu entre les deux hommes. Le monarque est de plus en plus jaloux, et bientôt il ne supporte plus David. Un jour où David joue de la cithare, pris de folie, le roi tente de le clouer contre le mur avec sa lance.





Le roi Saül luttant contre les Philistins. Peinture contemporaine.
(source: freebiblepictures)


        Aidé par Jonathan, David est obligé de quitter le palais, et de se cacher hors des zones habitées. Saül le fait rechercher, dans l'intention évidente de le faire mourir ce rival. Mais David a des partisans. Il mène alors la vie de maquisard. Un soir, l'armée de Saül vient camper près du désert de Ziph, non loin du camp de David qu'il poursuit. En pleine nuit, lorsque l'armée du roi est endormie, David pénètre discrètement dans le camp royal. Il va jusqu'au monarque, lui prend son arme, puis s'en retourne sans l'avoir frappé.

        Le matin suivant, David se manifeste hors de sa cachette, et de loin il interpelle le souverain. Il lui crie qu'il est venu nuitamment lui prendre son épée, qu'il aurait pu le tuer mais qu'il ne l'a pas fait ! Il justifie ceci en disant qu'il respecte le roi désigné par Dieu ; il n'est donc pas nécessaire que le roi en veuille à sa vie. Entendant ces paroles, Saül, confus, s'en retourne et rentre dans son palais.

        Le vieux roi Saül finira par perdre confiance en lui-même, se sentant abandonné par Dieu. Lors d'une ultime bataille à Gelboé, Saül est finalement encerclé par des Philistins ; pour ne pas être pris vivant, il se jette sur son épée et sera retrouvé mort empalé. Son corps sera suspendu par ses ennemis à la muraille de la ville de Bethsan.




David en vue du camp de Saül. Peinture de Tissot, XIXe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


La grotte d'Adullam, où se serait caché David lors de sa poursuite par Saül.
(source: ebibleteacher.com)




Le roi David


        Le Second Livre de Samuel montre l'avènement du nouveau pouvoir. Le nouvel homme fort d'Israël, David, s'installe avec ses hommes et sa famille dans la ville d'Hébron, au sud-ouest de Jérusalem. Saül étant mort, David est bientôt proclamé roi à Hébron. La cérémonie officielle est l'onction : comme pour Saül, on lui verse de l'huile sur la tête. Le nouveau roi règnera bientôt sur toute la Palestine.

        L'une des étapes incontournables de la conquête d'Israël est la prise de Jérusalem, une plac forte habitée par le peuple jébuséen. David décide de l'attaquer, et l'emporte. S'étant emparé de la grande cité, David en fera sa capitale, qui désormais s'appelle aussi "cité de David", et devient la ville symbole d'Israël. David fait transférer l'Arche d'Alliance dans la nouvelle capitale. Lors de la cérémonie du transfert, il est tellement enthousiaste qu'il se met à danser de bonheur autour de l'Arche.







La ville actuelle de Jérusalem,
 aperçue depuis le Mont des Oliviers.

(source: freestockphotos.com)



La galerie d'Ezéchias à Jérusalem. C'est vraisemblablement grâce à
un tunnel que les  soldats du roi David ont pu s'in
filtrer dans la ville.
(source: ebibleteacher.com)


        Ayant pris la grande cité, David est désormais le roi incontesté. Il affermit son pouvoir, se réconcilie avec les derniers partisans du camp de Saül. Il remporte des victoires éclatantes contre les ennemis d'Israël, poursuivant ainsi la conquête de la Palestine. Il réussit même à soumettre plusieurs des peuples voisins. Il bat les Philistins, les Moabites, les Syriens, les Edomites, les Ammonites.

        L'histoire de David sera celle d'un roi prestigieux. Sa renommée spirituelle est immense. Il réaffirme le culte de Yahvé et lui rend tout son lustre. Son règne est celui d'un monarque très pieux, respecté par tous ses sujets, jusque dans les contrées voisines.

        Le roi David est aussi connu pour ses chants religieux à la gloire de Yahvé, qu'il avait coutûme d'accompagner de sa harpe. Ses paroles deviennent une longue série de textes littéraires, consignés dans le livre des Psaumes.

        Pourtant, David commet aussi une faute. Il tombe amoureux d'une femme nommée Bethsabée, qu'il aperçoit un soir depuis son palais en train de se baigner nue. Comme elle est déjà mariée à un soldat hittite nommé Urie, il projette un scénario destiné à faire mourir son mari. Au cours d'une bataille, plusieurs soldats à la solde de David laissent Urie se faire tuer en première ligne. La manoeuvre réussit, et on apprend bientôt que le guerrier Urie est tombé au champ d'honneur.

        Bethsabée étant désormais veuve, David n'a pas de difficulté à la prendre pour épouse, et la rend enceinte. Seulement, les circonstances de cette rencontre ne plaisent pas à Yahvé. L'Eternel le lui fait savoir par l'un de ses prophètes, Nathan. Alors le roi, conscient de son acte criminel, accepte de se repentir et de faire pénitence. Il s'isole dans son palais, se met à jeûner et à prier longuement. Pourtant, l’enfant de David que porte Bethsabée meurt. La repentance de David dure plusieurs jours, jusqu'à ce que Dieu lui fasse savoir que sa colère est apaisée. Yahvé pardonne à David en lui donnant un encore un fils de Bethsabée. Ce dernier se nommera « Aimé de Dieu ». Il succèdera à son père sous le nom de Salomon.




Le roi David.
Enluminure du XIIe siècle, France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


          Le roi David a plusieurs fils, dont l'un d'eux s'appelle Absalom. Celui-ci a l'esprit rebelle. Avec quelques amis, Absalom fomente une rébellion contre son père. La conspiration éclate, et les révoltés prennent les armes. Au cours d'un affrontement dans la forêt d'Ephraïm, Absalom doit prendre la fuite. Se déplaçant sur une mule, il passe sous un arbre, mais ses longs cheveux restent accrochés aux branches. Il reste ainsi pendu par les cheveux, et se fait rapidement rejoindre par les soldats du roi.

        L'officier Joab qui recueille le prince prisonnier ne fait pas dans le sentiment : il sort son épée, et transperce mortellement un Absalom incapable de se défendre. Sa mort est rapportée à David. Lorsque l'illustre roi apprend la mort de son fils, il est pris par l'émotion et pleure amèrement. Même révolté contre son père, un fils a toujours droit à l'amour paternel.


Le roi Salomon


        Le Premier Livre des Rois évoque l'histoire de la royauté après David. Salomon est désigné comme son successeur au trône d'Israël. Bientôt le vieux roi meurt, et est enterré à Jérusalem.

        Lorsque Salomon devient roi d'Israël, il est encore jeune et inexpérimenté. Sera-t-il le digne successeur de son père ? Une nuit, Salomon fait un rêve. Il voit Dieu qui lui demande de choisir une faveur à obtenir pour son royaume. Salomon n'hésite pas : il demande non pas richesse et puissance, mais plutôt sagesse et équité. Alors Dieu le félicite : puisqu'il a fait le bon choix, celui de la justice, il obtiendra non seulement l'esprit de sagesse mais aussi la richesse et la puissance.

        Et de fait, la prophétie se réalise : bientôt la sagesse de Salomon s'avère être encore plus grande que celle de David. Toute la région admire le prestige du nouveau roi. Son royaume est prospère, ses ennemis inexistants. Toute la Palestine est pacifiée, les pays voisins lui envoient de riches présents. Il épouse une princesse royale égyptienne.

        Un épisode fameux illustre la renommée du roi Salomon. Le monarque est souvent amené à siéger comme juge, et à arbitrer les litiges. Un jour on lui présente deux femmes qui revendiquent la maternité du même nourrisson. Laquelle des deux est la véritable mère ? Pour les départager, le roi propose alors de trancher le bébé en deux, et d'en donner la moitié à chaque femme. L'une d'elles accepte. L'autre refuse énergiquement, préférant laisser le bébé à l'autre prétendante plutôt que le voir mourir. Alors Salomon rend sa sentence : la vraie mère est certainement celle qui refuse que l'enfant soit mis à mort. Le nouveau-né est donc remis à sa véritable mère.

        Le roi Salomon entreprend la construction du Temple de Jérusalem, édifié à la gloire de Yahvé pour abriter l'Arche d'Alliance, qui contient les tables de la Loi. Une construction monumentale est alors mise en chantier. Le roi s'applique à créer un sanctuaire aussi beau que possible. Il fait appel aux meilleurs artisans de son royaume, fait venir les matériaux les plus précieux de plusieurs pays. Son allié le roi phénicien Hiram lui fournit les bois d'ébénisterie les plus précieux.

        Le Livre décrit en détail les caractéristiques du temple dédié à Yahvé. Ses dimensions, sa forme, les matériaux utilisés, sa décoration : tout est explicité dans le texte. On peut aujourd'hui faire des reconstitutions de ce temple, aujourd'hui disparu. Outre l'Arche d'Alliance, le Temple contient tout le mobilier liturgique servant au culte de Yahvé.



Le temple de Salomon à Jérusalem. Représentation inspirée de la Bible.
Peinture de christopher Evans.

(source: www.fas.harvard.edu/~semitic)


        La renommée du roi Salomon s'étend loin hors des frontières d'Israël. Elle atteint un pays du sud de la péninsule d'Arabie, où une reine souhaite le rencontrer. La reine de Saba veut être elle-même témoin de la sagesse du roi. Elle entreprend alors un voyage en direction de Jérusalem. Lorsqu'elle y parvient, Salomon l'accueille avec tous les plus grands honneurs. La souveraine séjourne quelques temps à la cour du roi d'Israël, et se rend compte par elle-même du prestige du roi d'Israël. De richissimes présents sont échangés.

        A la fin de sa vie, le zèle de Salomon pour l'Eternel se relâche. Il tombe dans un travers que Dieu a toujours voulu empêcher : sous l'influence de ses épouses étrangères, il oublie que Yahvé est le Dieu unique, et se met à rendre des cultes aux dieux païens. Yahvé lui fait alors savoir la gravité de son erreur. Le châtiment divin est arrêté : Salomon aura de nouveaux ennemis, et après lui le royaume sera divisé et affaibli. Alors que la piété du monarque envers Yahvé s'est relâchée, Salomon meurt au cours d'une période à nouveau troublée.


Les successeurs de Salomon et le schisme en deux royaumes


        Le successeur de Salomon est son fils Roboam, qui ne connaîtra effectivement pas le même prestige. Sous Roboam, le royaume d'Israël perd son unité politique. Une révolte est fomentée par un ancien ouvrier de Salomon nommé Jéroboam. L'Etat juif se scinde alors en deux royaumes indépendants et rivaux : au sud le royaume de Juda autour de Jérusalem, et au nord le royaume d'Israël qui comprend le reste du pays. Jéroboam devient le roi du royaume sécessionniste d'Israël.




Sceau portant le nom du roi d'Israël Jéroboam.
(source: biblepicturegallery)



        Après Roboam et Jéroboam, de nombreux souverains se succèderont à la tête des deux royaumes hébreux. Ces rois mènent chacun leur propre politique, et sont souvent en guerre. Ils se détournent de la conduite fixée par Yahvé, dont le culte est délaissé au profit des dieux païens. Des autels dédiés à Baal sont érigés en Israël. Yahvé fait savoir à ces rois impies qu'ils vont être victimes de leurs errements. L'Eternel s'exprime par l'intermédiaire de plusieurs prophètes : Elie, Elisée, Michée.

        L'action de ces prophètes est évoquée tout au long du récit historique. Le prophète Elie, devant tout le peuple rassemblé pour un sacrifice, montre de façon éclatante une manifestation de Yahvé. A côté de plusieurs autels dédiés à divers dieux locaux pour des holocaustes, seul celui de Yahvé est frappé par la foudre et s'enflamme. Le prophète Elie aura un successeur, qui sera son serviteur Elisée. Quant au prophète Michée, il avertit le roi d'Israël Achab qu'il mourra s'il s'engage militairement contre les Syriens, ce qui se produit effectivement lors d'un combat à Ramoth.

        Le Second Livre des Rois poursuit le récit de l'histoire des deux royaumes. La plupart des souverains hébreux continuent à s'écarter de la ligne monothéiste. Parallèlement, les guerres reprennent ; les interventions du prophète Elisée sauvent miraculeusement Israël de plusieurs invasions guerrières, venues de Moab et de Syrie. Malgré ces signes divins, les rois suivants continuent à gouverner en ignorant Yahvé.

        Dans ces deux monarchies israélites, il se trouvera néanmoins quelques rois d'exception pour rester fidèles au Dieu unique. L'un d'eux, Ezéchias, entreprend de restaurer sérieusement le culte du Dieu d'Abraham. Ezéchias reprend les pratiques monothéistes, réorganise le clergé, restaure le temple, démolit les autels étrangers.

       Cependant, le danger extérieur menace à nouveau les territoires juifs. L'Assyrie, devenue puissante, entre en guerre contre Israël et Juda. Les troupes assyriennes prennent la ville de Samarie, sonnant le glas du royaume schismatique d'Israël, qui ne renaîtra pas. Ses habitants sont déportés en Assyrie. Le royaume de Juda quant à lui, se maintiendra encore pendant quelques années.


Les derniers jours du royaume de Juda


        La guerre avec l'Assyrie met aussi en péril le petit royaume de Juda. Les troupes ennemies s'avancent et se présentent devant Jérusalem. Leur roi Sennachérib menace les citadins, et exprime des sommations en insultant Yahvé. Pourtant le pieux roi Ezéchias, soutenu par le prophète Isaïe, met tout son espoir en Yahvé. Et un matin, la plupart des soldats assyriens sont retrouvés morts dans leur campement, tués par un fléau inconnu. A la suite de ce désastre, le roi Sennachérib lève le camp et rentre dans son pays. Jérusalem a été épargnée grâce à Yahvé, mais ce sauvetage n’est que provisoire.





Cavalerie assyrienne. Plaque en relief
conservée au British Museum de Londres.
(source: biblepicturegallery)



        Un autre successeur d'Ezéchias au trône de Juda, Josias, entreprend lui aussi de rétablir le culte monothéiste. Il fait restaurer le Temple de Salomon. C'est alors que l'un des prêtres y découvre un vieux manuscrit oublié. Il s'agit d'un livre de l'Ancien Testament, le Deutéronome. Lorsque le roi Josias prend connaissance de son contenu, il est saisi d'une grande émotion. Il réalise à quel point on s'est éloigné du Dieu véritable. A partir de ce jour, il s'applique encore davantage à rétablir le lustre du culte de Yahvé et à supprimer toutes les pratiques étrangères. Une grande fête de la Pâque est célébrée avec ferveur.




L'un des rouleaux manuscrits de la mer Morte.
Ces documents contiennent la quasi-totalité de l'Ancien Testament.
(source: ebibleteacher.com)



    Quelques années plus tard, la situation internationale se dégrade encore pour le royaume de Juda. Jusque-là vassal de l'empire babylonien, le royaume hébreu dirigé par Joachim refuse de payer tribut à Nabuchodonosor, le puissant monarque babylonien.

    Cette fois, le conflit tourne mal pour le royaume hébreu qui ne fait pas le poids devant son puissant suzerain. La capitale insoumise est menacée, et bientôt investie. Au bout de plusieurs mois de siège, Jérusalem tombe. Elle est punie par l'armée babylonienne, qui y commet des exactions. Puis l'armée ennemie se retire de Jérusalem, en emmenant captifs le roi Joachim et un grand nombre d'habitants. Nabuchodonosor établit à Jérusalem un nouveau roi, Sédécias.

    Une dizaine d'années plus tard, le problème se pose une deuxième fois avec le nouveau roi. A nouveau révoltée, Jérusalem est encore assiégée. Une brêche est ouverte dans la muraille. A l'intérieur de la ville investie, le prophète Jérémie tente au nom de Yahvé de convaincre le roi et les habitants de se soumettre. Le roi Sédécias ne l'écoute pas : au moment où tout semble perdu, il essaye de quitter la ville, et y parvient. Mais il est rattrapé près de Jéricho où il tombe aux mains de l'ennemi. La cité sainte, privée de son roi, succombe à nouveau sous les assauts des troupes babyloniennes. Cette fois, les assaillants se montrent plus féroces, s'en prenant même aux murs. La ville jusque-là épargnée, est rasée, habitations, Temple et remparts compris.


La déportation à Babylone


        Le sort réservé par Nabuchodonosor au peuple vaincu est sévère. La famille royale est massacrée en présence du roi. Ensuite, celui-ci a les yeux crevés. L'ensemble de la population est couverte de chaînes. Les habitants doivent former un cortège de prisonniers. Une longue colonne de captifs se met en marche pour une destination lointaine : Babylone.




La porte d'Ishthar à Babylone. Reconstruction.
(source: ancient near east images)


    Une période d'exil commence pour Israël. Parvenus à Babylone, les prisonniers juifs sont utilisés comme main-d'oeuvre par la population de son empire. Au cours de leur captivité, les Juifs sont soumis, mais néanmoins ils peuvent vivre dans des conditions correctes. Ils sont serviteurs, agriculteurs ou artisans. Ils se distinguent dans tous ces métiers et leurs qualités sont appréciées. Au fil du temps, certains d'entre eux obtiennent le droit d'exercer des métiers plus nobles : négociants, hommes de loi, comptables, administrateurs. L'exil durera environ soixante-dix ans.




Le temple de Nabuchodonosor à Babylone. Reconstruction.
(source: ebibleteacher.com)


        Le livre suivant, le Premier Livre des Chroniques, revient sur l'histoire de l'Etat hébreu à partir du roi David. Il donne la généalogie de David, puis apporte quelques compléments sur son règne. Il détaille les guerres qu'il mène, son installation à Jérusalem, les directives qu'il donne à son fils Salomon en vue de la construction du futur temple. Ce livre décrit davantage l'organisation du culte, et parle d'un recensement de population organisé par David contre la volonté de Yahvé.

        Le Second Livre des Chroniques commence avec le règne de Salomon. Il reprend lui aussi le récit de son règne, ainsi que celui de ses successeurs. Toute l'histoire des royaumes schismatiques est relatée à nouveau, jusqu'à la prise de Jérusalem et la déportation à Babylone.


Le retour de l'exil


         Les deux livres suivants, ceux d'Esdras et de Néhémie, parlent du retour de l'exil des Hébreux à Babylone. Pendant la captivité, la ville sainte est restée abandonnée et déserte. Seuls quelques paysans juifs ont pu y demeurer après le siège et la chute.

        Sur le plan international, la situation se modifie. La domination assyrienne sera d'assez courte durée, car une nouvelle puissance militaire monte à l'horizon, venue de l'est : la Perse. Son roi, Cyrus le Grand, entre en guerre avec Babylone et envahit son empire. Le grand empire babylonien s'effondre.


 

Guerriers perses. Bas-relief découvert à Suse.
(source: biblepicturegallery)


        Le Livre d'Esdras transcrit la correspondance qu’Esdras échange avec les Perses et évoque le retour de l'exil. Pour le peuple juif en exil, l'avènement de l'empire perse est une chance. Le roi Cyrus, vainqueur l'empire babylonien, publie un décret autorisant les Hébreux à rentrer chez eux. Dans la joie de la liberté enfin retrouvée, le voyage retour de tout un peuple s'organise. La population d'origine juive se met en marche, et rejoint la ville éternelle.




Sceau cylindrique du roi Cyrus.
(source: freestockphotos.com)  


        Lorsque les enfants d'Israël reprennent possession de leur ville, tout est à reconstruire. La restauration du Temple est entreprise. Le culte de Yahvé est rétabli. Cependant les peuples voisins autochtones et les Perses ne voient pas nécessairement d'un bon oeil le retour des Hébreux. Les Juifs auront à se justifier auprès du nouveau roi perse Darius, puis ensuite Artaxerxès. Esdras, le secrétaire, transmet la correspondance entre Jérusalem et le pouvoir perse. Mais le chantier de reconstruction avance néanmoins.

        Esdras apprend que de nombreux Juifs rapatriés ont épousé des femmes étrangères. Pour lui, les mariages mixtes constituent une grave faute. En effet, le mélange des familles juives avec celles d'autres peuples a pour conséquence de détourner Israël du culte du Dieu unique, et d'adopter des rites païens. Esdras en est très affecté. Cependant, à la suite d'une prière, il voit venir vers lui tous les responsables du peuple. qIlsacceptent de faire répudier toutes les femmes étrangères. Ainsi, les épouses non juives et leurs enfants retournent dans leurs familles d'origine.

        Le Livre de Néhémie raconte comment ce fonctionnaire, resté à Babylone, obtient du roi Artaxerxès l'autorisation de se rendre dans la cité en ruine, afin de la reconstruire. Parvenu dans la ville sainte, Néhémie fait un état des lieux. Les dégâts sont très importants, en particulier en ce qui concerne le mur d'enceinte qui a été abattu. Il entreprend de le reconstruire, car des risques d'attaques armées se font sentir de la part des peuplades voisines non juives. Le prophète Néhémie organise le chantier. Un tour de rôle est mis en place, pour reconstruire le mur tout en protégeant le chantier. Le travail avance, et bientôt la capitale du peuple élu retrouve un système de défense efficace. Une fois terminée, la muraille fait l'objet d'une cérémonie de dédicace. La capitale peut alors se repeupler.


  

La Porte d'Or et la muraille actuelle de Jérusalem.
(source: freestockphotos.com)


Les autres Livres narratifs


        Le Livre de Tobie met en scène l'histoire particulière d'un personnage aveugle, Tobie, qui a un fils portant le même nom. Il envoie celui-ci en Perse, avec mission d'y retirer une importante somme d'argent. Durant tout le voyage, le jeune Tobie est assisté par un inconnu, qui en fait n'est autre que l'ange Raphaël. Une jeune femme appelée Sara, fille de ce parent, est particulièrement malchanceuse dans sa vie privée. Plusieurs fois mariée, elle semble victime d'une malédiction : la mort frappe chaque fois son nouveau mari juste avant la nuit de noces. L'ange intervient en faveur de Tobie qui désire l’épouser, et Sara gardera vivant ce dernier époux. La malédiction est brisée.

        Accompagné de sa femme Sara, Tobie achève son voyage vers la Perse, puis s'en retourne finalement chez son père. Au moment des retrouvailles, le vieux Tobie recouvre miraculeusement la vue grâce à l'intervention de l'ange. C'est alors que celui-ci dévoile sa véritable identité, puis disparaît. Très troublés, les époux remercient le Ciel avec ferveur, pour les avoir autant favorisés.




Le départ de Tobie accompagné par l'ange Raphaël. Enluminure
extraite du
 "Speculum humanae salvationis", XVe s., France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)


        L'étonnante histoire relatée dans le Livre de Judith se déroule à un moment où le Proche-Orient est dévasté par une guerre contre l'empire assyrien. Les armées du général assyrien Holopherne prennent rapidement le dessus et ravagent l'une après l'autre les villes de l'Etat hébreu. Lorsqu'elles paraissent devant Jérusalem, les Juifs s'enferment dans leurs murs, et le siège de la ville commence. Les assiégés n'ont aucune chance. La population terrifiée se met à prier Yahvé, Lui demandant Sa protection.

        C'est alors que se manifeste Judith, une habitante de la capitale, veuve depuis peu mais encore jeune et réputée pour sa beauté. Inspirée par Dieu, Judith entreprend une opération de sauvetage. Un soir, elle sort de la ville en grande toilette et se présente à l'entrée du camp assyrien. Ne s'attendant pas à cette apparition, les soldats assyriens ne se méfient pas et sont séduits. Ils l'accueillent dans leur camp et la présentent à leur chef. La prenant pour une courtisane, le général en chef Holopherne lui-même ne peut résister, et tombe inévitablement amoureux.

        Holopherne invite Judith à assister à un banquet. Au cours du dîner, Holopherne fait des propositions galantes à la femme juive. Les deux personnages conviennent de se retrouver le soir-même dans l'intimité. Et une fois la fête finie, comme prévu, la tente d'Holopherne reçoit Judith. Le général est ivre, tellement il a bu au cours du banquet. Allongé sur sa couche, il s'endort en présence de Judith.

        Lorsque son hôte est profondément endormi, la femme juive ouvre son sac, et en sort une petite épée ... Silencieusement, après avoir récité sa prière, elle lève son bras, frappe Holopherne au cou et lui tranche la tête. Le général meurt immédiatement. Judith enferme la tête dans le sac, puis sort de la tente. Elle demande aux soldats assyriens l'autorisation de passage, en prétextant de devoir dire une prière à l'extérieur. Ne sachant rien du meurtre, les soldats la laissent passer. Judith regagne rapidement Jérusalem en pleine nuit.


 

Judith décapitant Holopherne. Enluminure extraite du
"Speculum humanae salvationis"
, XVe s., France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)


        Le matin du jour suivant, l'armée assyrienne a la terrible surprise d'apercevoir la tête de leur chef suspendue aux murailles de la cité sainte. Tout de suite, les assiégés profitent de l'effet de surprise : c'est le moment qu'ils choisissent pour tenter une sortie. L'arme au poing, ils foncent vers le camp ennemi, et déciment les Assyriens. La victoire du peuple hébreu est totale. Ce jour-là, le royaume d'Israël est débarrassé de l'armée d'Holopherne pour toujours, et de la menace assyrienne pour longtemps.

        Le Livre d'Esther relate un épisode se déroulant à la cour du royaume perse. Une femme juive, Esther, devient la reine de l'empire perse en épousant son roi, Xerxès. Pendant le règne de son mari, un complot de grande envergure est fomenté contre l'ensemble de la communauté juive, à l'instigation d'un haut fonctionnaire nommé Aman. Cet homme persuade le roi Xerxès de signer un décret permettant de poursuivre tous les Juifs qui vivent dans son empire, et de les exécuter.

        Lorsque la reine Esther est informée de cette disposition, elle est horrifiée et s'évanouit. Ranimée par le roi, elle prend alors la parole pour défendre son peuple victime du complot, déclarant avec force que le décret est totalement injustifié. Convaincu par son épouse, le roi est alors ému et annule immédiatement son décret anti-juif. Il fait même poursuivre l'homme qui a suscité cette haine des Juifs, Aman. L'homme est mis en prison.

        Un autre personnage juif intervient à la cour, Mardochée, le tuteur d'Esther. Celui-ci protège le roi en le prévenant qu'un autre complot se trame, contre la personne royale cette fois. Aman tente de faire pendre Mardochée. Mais la justice royale est rendue : Aman est lui-même condamné à la pendaison.




Bas-relief perse représentant le roi Xerxès. Palais de Xerxès à persépolis, Iran.
(source: www.bcee.concordia.ca)


L'empire grec et la lutte des Machabées


        La domination de l'empire perse n'a qu'un temps. Le Premier Livre des Machabées évoque les conquêtes d'Alexandre le Grand, le nouveau roi macédonien qui soumet rapidement tout le proche-Orient. Il abat la puissance perse, et occupe les territoires qu'elle contrôlait, y compris Israël. Et lorsque le grand conquérant meurt, son empire est partagé entre ses officiers. La Palestine échoit à Antiochus Epiphane, qui devient roi de Syrie.

        La domination grecque a des conséquences sur les cultes religieux. Le roi ordonne à tous ses sujets de vénérer les dieux grecs, et ne tolère aucune autre religion. C'est contre cela que s'insurge un homme juif du nom de Mattathias. Lors d'une cérémonie païenne, Mattathias refuse de sacrifier au culte royal. Un incident éclate, Mattathias en colère tue deux hommes, renverse l'autel grec, puis s'enfuit aussitôt dans les montagnes. Il sera bientôt suivi par d'autres Juifs qui approuvent son action. C'est le point de départ de la résistance. Les hommes s'organisent et se préparent à la lutte armée.




Vase grec representant une course d'athlétisme.
La pratique des jeux sportifs se répandit dans tout l'empire grec.

(source: biblepicturegallery)


        Les luttes militaires sont menées par les insurgés israélites contre la domination hellénistique. L'un des fils de Mattathias, Judas Machabée, lui succède à la tête de la rébellion. Le terme de Machabée ("marteau" en hébreu), s'étendra à ses frères, qui seront aussi chefs résistants israélites. Judas Machabée et ses hommes mènent un combat efficace, et le nombre des combattants juifs s'accroît rapidement. Judas reprend Jérusalem, restaure et purifie le temple de Yahvé. La guerre prend de l'ampleur et s'étend à d'autres territoires juifs. Dans ces combats, il arrive aux Hébreux de s'allier avec Rome.

        A la mort de Judas Machabée, son frère Jonathas le remplace, puis ensuite son autre frère Simon. Les victoires juives se succèdent, ce qui amènera finalement les rois syriens à signer un accord avec les Israélites. Les Hébreux sont autorisés à pratiquer leur culte.

        Le Second Livre des Macchabées décrit plus en détail les persécutions contre les Juifs ayant lieu au début de l'occupation gréco-syrienne. Des abominations sont commises dans le Temple. Le livre relate ensuite les combats de guérilla menés au temps de Judas Machabée. Le récit se termine par une victoire miraculeuse des Israélites, et par la mort de leur ennemi le gouverneur syrien Nicanor.




Les Grottes de Qumran, où ont été trouvés les manuscrits de la mer Morte.
C'est aussi dans des grottes que
se réfugièrent les premiers résistants juifs à l'occupation syrienne.
(source: bibleplaces.com)


Les livres poétiques


        Les livres suivants diffèrent du genre historique, et sont davantage des textes littéraires indépendants. Ils sont écrits à diverses époques durant l'histoire du royaume hébreu.

        Le Livre de Job conte l'histoire d'un riche et honnête propriétaire terrien nommé Job. Le début du récit se passe au Ciel, avec une brève discussion céleste entre Dieu et Satan. Ce dernier incite l'Eternel à mettre à l'épreuve la piété de Job. Pour cela le Malin obtient l'autorisation de frapper Job de toutes sortes de drames personnels. C'est ce qui arrive aussitôt : pour Job et sa famille, c'est soudain la faillite en affaires. Le malheureux propriétaire, ruiné, attrape ensuite toutes sortes de maladies. Rejeté par les siens, Job s'installe à l'extérieur de sa maison, sur un tas de fumier.




Job apprend les malheurs qui le frappent. Enluminure du XIIIe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        La plus grande partie du récit est occupée par le discours de Job avec lui-même et avec son entourage réduit. Ce long texte est une réflexion intéressante sur la condition humaine. Il pose le problème du malheur non mérité. Pourquoi Dieu permet-il cela ? Des amis de Job viennent le voir. Au nombre de trois, ils tentent de lui apporter un peu de soutien moral. Job est désespéré, se maudissant lui-même. Mais il n'apostrophe pas Dieu. A la fin de la discussion, l'Eternel vient parler à Job. Il ressort de la discussion que Dieu est plus puissant que le malheur. N'ayant pas blasphémé durant l'épreuve, Job est finalement récompensé. Il est rétabli dans sa santé et dans sa prospérité, et en définitive sa situation devient encore meilleure qu'au début.

       Le Livre des Psaumes est un ensemble de poèmes chantés attribués à David, et à plusieurs auteurs, dont Salomon, pour glorifier Yahvé. A la fois recueil de prières, textes de morale et de théologie, le nombre des psaumes atteint les 150.




Le roi David chantant des psaumes. Peinture contemporaine d'Anne de Vries.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        Le Livre des Proverbes est une collection de maximes, attribuées à Salomon et à d'autres auteurs plus récents. On y parle en particulier de la Sagesse de Dieu personnifiée, inspiratrice de toute sagesse humaine.
   
        Le Livre de l'Ecclésiaste a un titre qui vient d'un terme qui signifie "l'homme de l'assemblée". Ce livre rassemble des réflexions assez pessimistes sur la vie, la mort, la vanité, le mal.

        Le Cantique des Cantiques est une sorte de poème, un chant d'amour entre deux époux. Le mari exalte la beauté de la femme qu'il aime, la comparant à toutes les richesses de la Création. Cette oeuvre littéraire originale est unique dans la Bible. Elle exprime l'idée que tout Amour vient de Dieu. On peut aussi y voir un éloge symbolique de toute la nature, elle-même oeuvre de Yahvé.

        Le Livre de la Sagesse est partiellement attribué à Salomon, si l'on en croit la tradition. Ce livre disserte sur le destin des justes et des pécheurs. Les premiers sont promis à une vie de bonheur éternel, alors que les seconds sont voués à un châtiment sans fin.

        Le Livre de l'ecclésiastique est dû à un auteur appelé Jésus, fils de Sira. Grand connaisseur des Ecritures, il fait l'éloge de la sagesse des Anciens qui ont transmis la tradition de la Loi. Le terme d'Ecclésiastique s'explique par l'utilisation de ce livre qui sera faite plus tard pour instruire les prêtres.


Les livres des prophètes


        Le Livre d'Isaïe est contemporain du schisme des royaumes, des rois de Juda Achaz et Ezéchias. Son Livre contient des descriptions de visions, des hymnes, des récits historiques et des considérations morales.

        Au cours d'une apparition dont il est témoin, Isaïe a la vision du Trône divin, entouré d'anges (séraphins) dotés de six ailes. L'Eternel s'adresse à Isaïe, et lui donne plusieurs messages. Il fait allusion à un futur roi d'Israël, descendant de David, qui sera appelé l'Emmanuel. Ce sera le roi du monde, et il n'y aura plus de haine sur terre. Le prophète Isaie met ensuite en garde plusieurs nations de son époque, qui seront abattues car elles ne se sont pas soumises à la Loi de Yahvé.

        Ce livre fait aussi le récit d'un épisode de guerre au cours duquel le prophète intervient, durant la guerre entre Juda et l'Assyrie au temps d'Ezéchias. L'armée du roi Sennachérib vient de Ninive pour prendre Jérusalem. Lorsque ses troupes entourent les remparts, le roi d'Israël Ezéchias fait une prière pour la sauvegarde de la ville. Dieu lui répond par l'intermédiaire d'Isaïe, et le rassure : la ville ne sera pas prise. Et bientôt on apprend que dans le camp assyrien, 185 000 soldats ennemis ont trouvé la mort. Sennachérib privé d'armée retourne alors à Ninive, où il sera finalement assassiné.

        Dans son livre, Isaïe parle également d'autres visions prophétiques et symboliques qu'il a eues. Il rapporte l'image allégorique d'un serviteur accablé, qui est méprisé et affligé; il doit porter un grand poids, qui représente toutes les fautes de ses semblables. Le fardeau étant de plus en plus lourd, le serviteur ne peut plus le porter, et meurt sans avoir émis la moindre plainte.

        Le Livre de Jérémie relate le détail des évènements historiques se déroulant dans les murs de Jérusalem au moment du siège désastreux de la ville par les Babyloniens. Après la chute, le prophète est mis en liberté par le roi vainqueur. Jérémie reste en Israël et contemple la ville désertée par le peuple en exil.

        Les Lamentations de Jérémie sont un second livre du même auteur. Ce livre reprend les pensées du prophète méditant devant la ville morte, se lamentant sur son sort parce qu'elle n'a pas suivi la voie tracée par Yahvé. Le livre est entièrement constitué de poèmes, paroles amères de leur auteur qui constate l'impiété du peuple de Dieu.




        Baruch lisant son livre. Enluminure
extraite d'une Bible en Italien, XVe s., France.

(source: bibliothèque municipale de Lyon)
        Le Livre de Baruch est écrit par le secrétaire de Jérémie, qui vit à Babylone au temps de l'exil. Il fait une lecture publique de son livre devant l'assemblée des exilés et leur roi Joakin ; en l'écoutant, ses auditeurs sont émus et reconnaissent leur désobéissance envers Dieu. Ils écrivent alors une lettre, adressée aux autres Juifs restés à Jérusalem, qui contient de l'argent pour le temple, ainsi qu'un message de repentir et une longue prière.

        La seconde partie du Livre de Baruch est une autre lettre de Jérémie, adressée aux exilés. Le prophète insiste pour que les captifs ne soient pas influencés et tentés de suivre le culte païen des Chaldéens.



        Le Livre d'Ezéchiel est composé par un Juif qui vit à Babylone durant l'exil des Hébreux. Il est témoin de nombreuses visions extraordinaires. Ezéchiel voit en apparition quatre êtres vivants fantastiques, des chérubins, ainsi qu'un char monté sur quatre roues et portant le Trône de feu de Yahvé. Dieu parle alors à Ezéchiel. Il lui montre un rouleau de livre, que le prophète doit avaler, et où sont inscrits des plaintes et des gémissements. Ezéchiel est alors chargé de parler aux Israélites, et de leur faire prendre conscience de toutes les fautes morales qu'ils commettent : idolâtrie, fausses prophéties, prostitution, inceste, fornication. Les reproches de l'Eternel s'appliquent aussi à plusieurs autres nations voisines, dont l'Egypte, Edom, Tyr et Sidon.




Une vision d'Ezechiel : Dieu et les chérubins.
Enluminure extraite d'une Bible en Italien, XVe s., France.

(source: bibliothèque municipale de Lyon)


        Dieu montre aussi à Ezéchiel l'image symbolique d'une plaine couverte d'ossements humains desséchés. Les ossements se mettent soudain en mouvement, pour reformer des corps humains, qui retrouvent leurs chairs puis reprennent vie. Ces corps représentent le peuple hébreu, qui est tombé en captivité mais qui se relèvera car Dieu lui rendra sa digniité.

        Yahvé promet qu'après le relèvement du peuple, la ville sainte sera reconstruite. Dans une nouvelle vision, Ezéchiel peut contempler une vue de ce que sera la Jérusalem future. Un personnage se met à mesurer la cité, et en établit une description détaillée.

        Le Livre de Daniel est dû à un prophète qui vit à Babylone au temps de la captivité des Hébreux. Daniel exerce un emploi administratif à la cour du roi Nabuchodonosor. Il a l'occasion de rencontrer le puissant monarque, parce qu'il est capable d'interpréter les rêves. Une nuit, le roi Nabuchodonosor voit en songe une grande statue de métal, aux pieds faits d'argile et de fer, qui s'écroule lorsqu'une pierre vient heurter son pied. Il n'y a que Daniel qui parvienne à interpréter ce rêve. Daniel explique au roi que la statue symbolise son empire, et qu'un jour il viendra à s'effondrer. Lorsque Nabuchodonosor entend l'explication de Daniel, il est ému et le remercie en lui donnant une place importante dans son gouvernement.




Porte du temple de Nabuchodonosor à Babylone.
Reconstruction.

(source: ancient near east images)


        Peu de temps après, le roi Nabuchodonosor fait ériger sur la place publique une grande statue d'or qui le représente lui-même. Il décide que toute personne vivant dans son empire sera tenue de s'agenouiller devant la statue. Cependant, il se trouve trois hauts fonctionnaires juifs qui refusent de faire ce geste, contraire au culte du Dieu unique. Ces hommes sont alors arrêtés et présentés au roi. Celui-ci se met en colère, et les condamne à être brûlés vifs dans une grande fournaise. Mais lorsqu'ils sont précipités dans le feu, celui-ci ne semble aucunement les consumer. Et lorsque Nabuchodonosor met fin à l'expérience, les trois condamnés ressortent indemnes. Impressionné, le roi les rétablit dans leurs fonctions.




Les trois hommes dans la fournaise.  Peinture contemporaine.
(source: freebiblepictures)


        Balthazar est le fils et successeur du roi Nabuchodonosor. Ayant hérité du pouvoir, il organise un grand festin auquel prennent part de nombreux invités. Les convives commettent l'erreur de boire du vin dans des vases sacrés pris à Jérusalem. Au cours du dîner, une vision extraordinaire se produit. Une main mystérieuse trace des signes sur l'un des murs de la salle. Les convives, qui assistent tous à cette apparition, sont très troublés. Cependant l'inscription, tracée miraculeusement, est inconnue. Le roi Balthazar, très impressionné, fait alors appeler Daniel et l’interroge à propos de la mystérieuse écriture. Le prophète en donne immédiatement la signification. Ce texte signifie que Balthazar va mourir, parce qu'il a beaucoup péché et qu'il n'a pas respecté le Dieu des Hébreux. Son royaume ne lui survivra pas, et sera donné aux Mèdes et aux Perses. Lorsque le roi entend cela, il est atterré. Mais il n'aura pas le temps de réagir : il sera tué la nuit suivante.




Le festin de Balthazar.  Peinture contemporaine.
 (source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        Après la mort de Balthazar, les Perses submergent effectivement l'empire babylonien, qui s'écroule et passe sous leur domination. Le roi perse Darius prend le contrôle de Babylone. Pour administrer la ville récemment conquise, Darius la met sous la surveilance d'une armée de fonctionnaires, les satrapes. A leur tête, le roi choisit de nommer Daniel, en raison de sa réputation de grande sagesse.

        Cependant Daniel est rapidement jalousé par les fonctionnaires perses qu'il doit diriger. Il est bientôt victime d'un complot visant à le faire condamner à mort. Les satrapes persuadent d'abord le roi Darius de signer un décret, interdisant sous peine de mort la pratique de tout culte rendu à quelqu'un d'autre que le roi. Ayant obtenu leur décret, les satrapes se rendent chez Daniel, et le surprennent à l'heure de sa prière quotidienne à Yahveh. Daniel qui a enfreint le décret royal, est immédiatement arrêté, et mené devant le roi avec le chef d'accusation. Surpris, le souverain est contraint à contre-coeur de faire jeter Daniel dans une fosse avec des lions affamés.

        Le jour suivant, le monarque trouve Daniel toujours vivant au milieu des lions. Le prophète assure que les fauves ne lui ont fait aucun mal, car Yahveh l'a protégé. Tout heureux, le roi fait sortir le prophète indemne, et le couvre d'honneurs. Il rend lui aussi gloire à Yahveh qui a sauvé Daniel.




Daniel et la fosse aux lions. Peinture contemporaine.
(source: www.bibleexplained.com)


       Le Livre de Daniel contient également des récits de visions apocalyptiques que le prophète aurait eues. Dans ces visions, des animaux apparaissent, et se combattent successivement. Il est aussi question d'une époque future où le pouvoir terrestre serait soumis à une abomination, ce qui provoquerait une grande détresse sur la Terre, jusqu'à ce que le Très-Haut apparaisse et abatte son pouvoir.

        Il faut aussi citer l'histoire de Suzanne, une femme mariée et faussement accusée d'infidélité par deux vieillards qui la convoitent. Elle sera finalement innocentée et sauvée grâce à l'intervention de Daniel.

        Le livre de Daniel met encore en scène un animal fantastique, une sorte de dragon que les Babyloniens vénèrent et considèrent comme un dieu. N'ayant d'autre Dieu que Yahvé, Daniel se présente devant la bête, et lui donne des gâteaux empoisonnés à l'étoupe. Le monstre se jette sur cette apparence de nourriture, la dévore et meurt aussitôt. Le roi stupéfait se met alors à écouter Daniel et à vénérer son Dieu unique, Yahvé.


 

Daniel et le dragon.  Enluminure extraite du
"Speculum humanae salvationis"
, XVe s, France.
(source: bibliothèque municipale de Lyon)
 


Les livres des autres prophètes


        Les derniers livres de l'Ancien Testament sont courts et présentés dans un ordre non chronologique. Ils sont écrits aux temps des rois du schisme et de l'exil à Babylone. Leurs auteurs sont des prophètes, inspirés par des messages et des visions prophétiques émanant de Yahvé. Ils expriment tous de sévères avertissements divins à l'adresse du peuple d'Israël et des nations voisines. Tous ces peuples sont coupables de grandes fautes, et risquent un châtiment terrible s'ils ne rectifient pas leur conduite.

        Le Livre d'Osée exprime plusieurs reproches que fait Yahvé aux Hébreux : débauche, idolâtrie, alliances militaires sans l'accord divin.

     Le Livre de Joël évoque l'image d'une invasion de sauterelles pour symboliser le châtiment prochain de Yahvé. Son livre contient aussi des visions apocalyptiques, montrant une guerre menée contre Jérusalem par des nations en armes, et le jugement final de Yahvé sur tous les peuples.

        Le Livre d'Amos exprime l'irritation de l'Eternel à l'égard de plusieurs peuples accusés de crimes ; le feu dévorera leurs capitales et les palais de leurs rois. Yahvé préconise aussi une conduite plus juste envers les personnes faibles.

        Le Livre d'Abdias est dirigé contre le royaume d'Edom, au sud de Juda. Il est reproché à ce peuple d'avoir exercé sa violence sur la Maison d'Israël ; sa violence retombera sur elle, tout comme sur chaque nation qui aura porté les armes contre Israël.




Le prophète Jonas avalé par un poisson. Art africain.
 (source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
    Le Livre de Jonas est celui d'un prophète chargé par Yahvé de prophétiser à Ninive. Refusant de remplir sa mission, Jonas s'enfuit sur un navire en Méditerranée ; mais au cours d'une forte tempête, il est jeté à l'eau et avalé par un très gros poisson. Le prophète reste trois jours dans le poisson, puis est vomi près d'une plage. Ayant survécu, Jonas se rend finalement à Ninive, et obtient de l'ensemble des Ninivites un repentir pour leurs fautes et une vénération pour le Dieu des Hébreux.






        Le prophète et auteur du Livre de Michée reçoit des messages annonçant la destruction future de Jérusalem à cause de ses fautes, puis sa restauration finale comme capitale spirituelle, repeuplée avec des survivants éclopés et faibles. Michée annonce que de Bethléem naîtra prochainement un roi, qui règnera par la force de Yahvé et dont le royaume s'étendra sur la Terre entière.

        Le Livre de Nahum prédit la ruine de la puissante Ninive. L'Assyrie a été l'instrument de la punition d'Israël, mais elle sera à son tour châtiée pour sa cruauté. Dans ses visions, Nahum voit Ninive assiégée, pillée et dévastée.

        Le Livre d'Habacuc exprime une plainte de son auteur, qui ne voit que du mal et de l'impiété autour de lui. Yahvé lui répond par une vision : bientôt les Babyloniens déferleront sur Israël et puniront le peuple pour son égarement moral. Le livre se termine par un psaume exaltant la confiance en Yahvé.

        Le Livre de Sophonie transmet des messages divins exprimant de sérieuses mises en garde à l'adresse du peuple hébreu et des nations voisines. Un jour viendra où Dieu détruira tous les hommes arrogants. Il protègera cependant les gens humbles, et leur donnera un royaume de vraie justice.

        Le Livre d'Aggée est écrit à la fin de l'époque d'exil. Ce livre insiste pour que l'on commence à reconstruire le Temple de Jérusalem. Il encourage les restaurateurs à se mettre à l'ouvrage, leur faisant voir la gloire de Yahvé qui emplira Sa maison une fois terminée.

        Le Livre de Zacharie décrit de nombreuses visions divines symboliques. Dieu demande au peuple de respecter le faible et l'opprimé. Il parle aussi d'un futur roi d'Israël, qui paraîtra humble et monté sur un ânon. Ce sera alors le temps de proclamer la paix sur la terre. Il annonce aussi un jour où les peuples, ayant pris les armes contre Jérusalem, seront décimés. Après cela, les nations vénèreront Jérusalem et viendront la fêter chaque année.

        Dans le Livre de Malachie, il est reproché aux Israélites de négliger le culte, l'enseignement religieux, la fidélité conjugale. En revanche, il promet l'espérance pour les hommes justes qui respectent pleinement la Loi de Yahvé.



La suite : le Nouveau Testament

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