Le Nouveau Testament
Le contexte
historique
Quelques années avant la naissance de Jésus,
le monde ancien tombe sous la domination d'un nouveau
conquérant, venu d'Europe : l'empire
romain. En 63 avant Jésus-Christ, le petit royaume d'Israël
est vaincu par le général Pompée. L'Etat
hébreu devient vassal de Rome et subit son occupation.
L'empereur a néanmoins autorisé
le peuple juif à conserver un
roi sémite, Hérode
le Grand, qui règne sur Israël
dans une position de vassal de Rome. Hérode
fait entièrement reconstruire le Temple
de Jérusalem qui avait été
détruit au cours des guerres antérieures.
Lorsque l'Enfant Jésus vient
au Monde, la puissance militaire romaine est omniprésente.
Une grande partie du peuple juif aspire à l'indépendance. Les partisans actifs de
ce mouvement, appelés les zélotes, commettent des attentats cruellement
réprimés par l'armée d'occupation.
Dans cette situation, une autre attitude
consiste à se réfugier dans une pratique religieuse intensive la plus
fidèle possible au culte monothéiste traditionnel. Cette tendance est
illustrée par les prêtres, les pharisiens et les scribes qui
entretiennent le Temple et font appliquer la loi juive.
Les quatre
Evangiles
Les quatre premiers
livres du Nouveau Testament relatent la
vie et les actes de Jésus-Christ. Pratiquement
identiques, ils sont l'oeuvre de quatre auteurs dont
certains ont connu le Christ : Matthieu,
Marc, Luc et Jean.
Matthieu est un ancien collecteur d'impôts,
devenu l'un des douze apôtres. Marc fait partie
de l'entourage des disciples, et sera un proche de saint Pierre
et de saint Paul. Luc est un médecin grec qui fait partie
des tout premiers chrétiens. Jean est vraisemblablement
aussi l'un des douze apôtres. Les quatre livres ont
été écrits quelques années après
le ministère de Jésus.
Jean le Baptiste
Jean est le fils de Zacharie et d'Elisabeth,
qui sont membres de la famille de la Vierge Marie.
Lorsque Elisabeth est enceinte, Marie vient lui
rendre visite aors qu'elle-même attend déjà Jésus.
Au moment où les deux femmes enceintes se retrouvent,
Elisabeth sent son fils bouger ; ce signe signifie qu'il
a senti la présence du futur Fils de Dieu.
Mais le jour de l'accouchement approche. Depuis
quelques mois, Zacharie est devenu muet. Lorsque son fils
naît, on lui demande de choisir un prénom
et de l'inscrire. Zacharie écrit : l'enfant s'appellera
Jean. Et à cet instant précis, Zacharie retrouve
miraculeusement l'usage de la parole. Il prononce alors
des paroles de bénédiction en l'honneur de Dieu,
et annonce que l'enfant deviendra un prophète.
Le prophète Jean devenu adulte,
parcourt la région du fleuve Jourdain. Il vit le
plus pauvrement du monde, habillé d'une simple
peau de bête. Il parle aux gens qui viennent
à sa rencontre. Il explique que le Royaume de
Dieu est très proche, que chacun doit se repentir,
purifier sa conscience et s'ouvrir à Dieu. Jean
purifie symboliquement chaque personne en l'aspergeant
d'eau : c'est le baptême. Jean dit qu'il prépare
la venue de Celui qui vient de Dieu.
Vue de la rivière Jourdain,
qui relie le lac de Tibériade à la
Mer Morte.
(source: holylandnetwork.com)
Mais le destin de Jean le Baptiste sera
tragique. Dans ses discours, il dérange
certaines personnes qu'il apostrophe. C'est le
cas du tétrarque de Galilée Hérode Antipas,
à qui il reproche de vivre illégitimement
avec Hérodiade, la femme de son frère.
Cela finit par irriter sérieusement la
famille régnante, et bientôt Jean est arrêté.
On le jette dans un cachot au fond du palais royal.
Cependant Hérode veut ménager son
prisonnier. Sa maîtresse Hérodiade a moins
de scrupules, et dans son intérêt elle
veut la mort de Jean. Pour l'obtenir, elle use d'un stratagème.
Au cours d'une fête, elle demande à sa fille
Salomé de danser en public, et celle-ci s'exécute.
Hérode est séduit. Il promet à
l'adolescente de lui accorder une grande faveur,
au choix. A l'instigation de sa mère, Salomé
demande alors la tête de Jean-Baptiste. Surpris
par une telle demande, Hérode n'ose pas refuser car
il a engagé sa parole : sur le champ, il ordonne que
le prophète prisonnier soit décapité.
Jean le Baptiste prêchant
près du Jourdain.
Enluminure
des frères Limbourg, XVe siècle,
Belgique.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
La naissance
et la jeunesse de Jésus
Dans le petit village
de Nazareth, la jeune Vierge Marie est fiancée
avec le charpentier Joseph. Le mariage est
planifié. Mais la future Mère du Christ
est un jour témoin d'une apparition. Un personnage
lui rend visite, se présentant comme l'ange
Gabriel. Envoyé par Dieu, il l'informe qu'elle
sera bientôt enceinte, et qu'elle aura un fils
venu du Ciel et qui s'appellera Jésus. Même
en étant toujours vierge, Marie enfantera un Enfant
de Dieu.
La Vierge Marie, Mère de Jésus,
interprétée par Olivia Hussey.
Film de Francisco Zeffirelli, "Jésus
de Nazareth", 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
Quelques jours plus tard, il lui faut
révéler la vérité à
Joseph : avant même d'être mariée
à son fiancé, elle est déjà
enceinte d'un enfant qui ne vient pas de lui.
Joseph est catastrophé. Le soir-même,
il a lui aussi une vision. On lui révèle que
le futur Fils de Marie ne vient pas des hommes, Il vient
de Dieu. Ce sera un grand prophète et un grand roi.
L'Annonciation. Peinture contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Dans ces conditions,
le mariage prévu redevient possible,
car Joseph pourra être le père adoptif
de l'enfant. Le mariage est effectivement célébré
quelques jours plus tard. Il est suivi
par les quelques mois de grossesse de Marie. Quelques
jours avant l'accouchement, une contrainte administrative
vient compliquer les choses. L'empereur
romain procède à un recensement de
population dans tout l'empire. Seulement, le recensement
doit se faire dans le lieu de naissance de chacun. Etant
originaires de Bethléem, près de Jérusalem,
Joseph et Marie doivent s'y rendre. Les conditions
du voyage sont mauvaises, à cause de la grossesse.
Le couple arrive à Bethléem un jour d'affluence,
alors que l'accouchement est imminent. Les hôtelleries
étant toutes pleines, Joseph et Marie sont obligés
de s'installer à la hâte dans une étable.
L'Enfant Jésus vient au monde dans ces conditions
précaires, au milieu de la paille et des mangeoires
pour bestiaux.
L'Adoration des Mages.
Enluminure, XIIe
s., Allemagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Cette naissance ne passera
pas tout à fait inaperçue.
La sainte famille reçoit des visites inattendues.
Des bergers ont été informés
d'une naissance divine, annoncée par des anges
qui leur sont apparus. Puis des hommes de haut rang,
venant d'un lointain pays d'Orient, se présentent
pour voir le nouveau-né. Ils sont mages,
c'est-à-dire savants, et ils ont interprété
les signes du ciel : un Enfant est né en Israël
et ce sera un futur roi. Ils offrent des présents
à l'Enfant : or, myrrhe, encens, qui sont des matières
très précieuses.
En arrivant à Jérusalem
après avoir été guidés
par une étoile, les mages ont dû se renseigner
sur le lieu exact de la naissance du futur roi.
Ils s'étaient adressés à Hérode,
le roi d'Israël du moment. Celui-ci ignorait
tout, mais il s'intéresse à l'évènement.
Il demande à ses visiteurs de le tenir
informé une fois qu'ils l'auront trouvé.
Pourtant les mages ne font pas confiance à Hérode.
L'un d'eux fait un songe, qui contient un message divin : les
trois hommes ne doivent pas retourner chez Hérode,
ils doivent repartir directement vers leur pays. C'est
ce qu'ils font après leur visite à Bethléem.
|
Lorsque le roi Hérode réalise que
les mages ne sont pas revenus le voir, il entre dans une
violente colère. Ainsi, en Israël,
un futur roi est né et on le lui cache. Il ne
saurait y avoir d'autre roi que lui ! Fou de rage, Hérode
prend une grave décision. Il donne l'ordre de passer au fil de l'épée
tous les jeunes enfants mâles d'Israël.
Dans tout le pays, les nouveaux-nés sont ainsi exterminés. Cet évènement
terrible est resté sous le nom de massacre
des innocents.
Bergers à Bethléem.
(source: www.bibleplaces.com)
La famille de Jésus est prévenue
à temps du danger, grâce à un rêve
que fait Joseph : un nouveau message de Dieu demande
à Joseph et à Marie de quitter rapidement
le pays, et de se rendre en Egypte pour mettre l'enfant
Jésus à l'abri. Les parents de Jésus
obéissent, et partent en voyage pour l'Egypte.
Parvenus sur les rives du Nil, ils s'y installent
pendant plusieurs mois, et y restent jusqu'à
ce que le cruel roi Hérode soit décédé.
Alors, le danger étant passé,
Jésus et ses parents rentrent en Israël
et réintègrent leur village de Nazareth.
La fuite en Egypte.
Peinture de Bernard Brouillard,
XXe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
On a peu de détails
sur la jeunesse de Jésus
à Nazareth. En grandissant,
il apprend le métier de charpentier aux
côtés de son père. Un épisode
est relaté alors que Jésus a environ douze
ans. Comme chaque année, sa famille se rend à
Jérusalem pour la fête de la Pâque juive.
Au retour, Joseph et Marie s'aperçoivent
sur le chemin qu'ils ont perdu leur fils. Ils le retrouvent
dans la ville, plus exactement à l'intérieur
du Temple, en train de s'entretenir avec des prêtres.
Il leur pose des questions auxquelles ils ne savent
pas répondre. Lorsque Marie intervient, Jésus
répond qu'il doit s'occuper des affaires de son
Père ...
Jésus
enfant. Film de Francisco Zeffirelli,
"Jésus de Nazareth", 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
Episodes
de la vie publique de Jésus-Christ
L'un des premiers épisodes connus
de la vie de Jésus devenu adulte est celui
de son baptème. Quittant sa famille, il se
rend auprès de Jean le Baptiste près
du fleuve Jourdain. Il demande le baptême, ce qui étonne
Jean : ce serait plutôt l'inverse qu'il faudrait
faire! Mais Jésus insiste, et se fait baptiser
par Jean.
Lorsque Jésus remonte
du fleuve où il s'était plongé,
une colombe s'approche et se pose sur sa tête. A cet instant retentit une voix
puissante venue du Ciel, dont les personnes présentes
peuvent entendre les mots : "Celui-ci est Mon Fils
bien-aimé, écoutez-Le". Sous les
yeux de la foule remplie d'étonnement, Jésus
sort de l'eau et s'éloigne.
Le baptême de Jésus. Enluminure.
Musée arménien
d'Ispahan, Iran.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Jésus commence par se retirer
et vivre dans le désert où il séjourne durant quarante jours, méditant
seul, préparant sa mission dans la prière. Il est alors tenté par le
démon, qui lui apparaît en lui présentant divers pièges. Nourriture
miraculeuse, pouvoir, richesse, tentative de saut dans le vide pour
mettre Dieu à l'épreuve : Jésus refuse systématiquement. Alors le malin
l'abandonne. Puis des anges de Dieu s'approchent, et se font
symboliquement les serviteurs de Jésus qui a su résister au démon.
Lorsque sa retraite prend fin, Jésus
retourne à la vie publique. Il choisit
quelques personnes pour l'accompagner dans
sa mission. Les apôtres seront au
nombre de douze. Quelques-unes sont des proches cousins,
d'autres des amis, d'autres des hommes rencontrés
sur son chemin. Jésus et ses compagnons
commencent à parcourir le pays d'Israël de village en village, professant la venue imminente
du Royaume de Dieu et convertissant de nombreux habitants.
Dans le périple
que suit Jésus en Palestine avec
ses compagnons, il traverse aussi la région
de Samarie, extérieure à Israël
et réputée hostile au
peuple juif. S'arrêtant seul près d'un
village, Jésus s'approche d'un puits. Une femme du pays vient y puiser de l'eau. Jésus engage
la conversation avec elle, et lui parle d'une autre eau qu'il peut
lui donner, une eau est capable de désaltérer
quelqu'un pour toujours. La Samaritaine accepte de recevoir
cette eau. Puis Jésus révèle sa vie privée elle a connu six maris successifs. Alors la femme très
troublée comprend que Jésus est un homme de Dieu,
elle exprime sa foi et son attente d'un Messie qui doit venir bientôt.
Et Jésus de révéler que le Messie n'est autre que lui-même.
La Samaritaine très émue
retourne au village pour y témoigner de sa rencontre.
Intrigués, les villageois la suivent et se rendent près du puits. Jésus
est toujours là, s'adresse aux habitants venus à sa rencontre et leur
parle de Dieu. Plusieurs d'entre eux adhèrent à ses paroles.
Jésus et la Samaritaine.
Peinture de Juan de Flandes,
XVIe s..
(source: spiritualite-chretienne.com)
Au cours de son
périple en Palestine, Jésus
fréquente les bords du lac de Tibériade, où l'apôtre Simon avait l'habitude
de pêcher. En présence de la foule, Il utilise
la barque de pêche, s'éloigne de la rive
et depuis la barque, se met à parler au peuple présent
sur la rive. Les gens accueillent son discours avec
bienveillance, car Il prêche l'Amour, la générosité
et la fraternité entre les hommes.
Barque
de pêche évoquant
celle de Pierre.
Reconstitution s'inspirant d'une ancienne
épave.
(source: bibleplaces.com)
Jésus s'intéresse particulièrement aux personnes défavorisées,
qu'il veut délivrer du malheur et de la misère. Un jour, il monte sur
une colline, suivi d'une grande foule à qui il s'adresse en prononçant
des paroles qui seront appelées les Béatitudes :
Jésus s'adressant à
la foule. Film de Francisco
Zeffirelli,
"Jésus de Nazareth", 1977
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
|
"Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume
des cieux est à eux.
Heureux les doux, car ils auront la Terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront
miséricorde.
Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront
Dieu.
Heureux ceux qui font régner la paix, car
ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés
pour la justice, car le Royaume des cieux est à
eux.
Heureux serez-vous quand on vous outragera, quand
on vous persécutera, quand on dira faussement
contre vous toute sorte de mal à cause de
Moi. Réjouissez-vous ! Soyez dans l'allégresse
! Car grande sera votre récompense
dans les cieux ; c'est ainsi en effet qu'on a persécuté
les prophètes qui vous ont précédés."
|
La pratique religieuse
Les apôtres
ayant demandé à Jésus comment faire pour prier, il leur transmet le texte du Notre
Père :
"Notre père, qui es
aux cieux,
Que Ton Nom soit sanctifié,
Que Ton Règne vienne,
Que Ta volonté soit
faite sur la Terre comme au Ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre
pain quotidien,
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensé,
Et ne nous soumets pas à
la tentation,
Mais délivre-nous
du mal."
Jésus
conseille d'insister dans la prière sans se décourager. Expliquant
qu'il ne viendrait à l'idée de personne de nourrir ses enfants avec des
pierres, à plus forte raison Dieu d'une infinie bienveillance
donnera-t-il aux hommes ce dont ils ont besoin. Même aux oiseaux, Dieu
donne aussi à manger. Plutôt que se soucier de trouver de la nourriture
ou des vêtements, il vaut mieux commencer par vivre avec justice et
piété, et l'on recevra de Dieu tout ce dont on a besoin.
Les miracles de
Jésus
Le premier miracle relaté dans l'Evangile est celui
des noces de Cana, du nom d'un village où Jésus est invité pour un
repas de noces. Au cours du dîner, une rumeur circule parmi les
convives : le vin est épuisé. Sollicité par Marie sa mère, Jésus
s'adresse aux servants pour leur conseiller de mettre de l'eau dans les
cruches à vin. Les serviteurs s'exécutent, et constatent aussitôt après
que l'eau s'est transformée en vin. La fête peut donc continuer, et les
invités remarquer que le vin de la meilleure qualité a été gardé pour
la fin !
Le miracle des noces de Cana..
Peinture de Duccio di Buonning
Cegna , XVIe s., Italie.
(source: spiritualite-chretienne.com)
La multiplication des pains. Icône
byzantine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
|
Jésus s'adresse quotidiennement à la foule, toujours
plus nombreuse à se presser pour se nourrir de ses paroles. Un jour il
emmène les gens loin de leurs habitations. Tandis que les heures
passent, les apôtres réalisent qu'il se fait tard, et qu'il faut
renvoyer la foule ou bien la nourrir sur place. N'ayant que très peu de
pain et de poisson, les disciples s'en inquiètent auprès de leur
maître. Celui-ci leur demande de nourrir la foule à partir de ce maigre
reste. Mais le miracle se produit : des paniers entiers remplis de pain
et de poisson sont distribués à la foule. La population ce jour-là
compte au moins cinq mille personnes, et la nourriture est plus que
suffisante. Finalement il reste plusieurs corbeilles, douze exactement,
pleines de nourriture en surplus.
|
Jésus accomplit
aussi et surtout des miracles de guérison.
On lui présente constamment des personnes atteintes
de toutes sortes de maladies ou de handicaps : paralysie, lèpre,
épilepsie, surdité, mutisme, cécité,
possession du démon. Il les guérit
systématiquement, devant une foule toujours
plus enthousiaste.
Il arrive aussi
qu'il ressuscite des morts. Dans une scène fameuse,
la soeur de son ami Lazare de Béthanie le sollicite,
parce que son frère vient de décéder. Alors
Jésus se rend au tombeau où il a été
enterré, et demande qu'on réouvre le sépulcre. Ceci fait, il appelle le défunt d'une voix forte.
Lazare se lève et sort du caveau, bien vivant, son corps encore
entouré de bandelettes. Ainsi, la résurrection
d'un mort illustre l'une de ses paroles : "Je suis la
Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, celui-là
vivra".
Lazare ressuscité sortant de son tombeau.
Film de Francisco Zeffirelli, "Jésus de
Nazareth", 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
Les guérisons
miraculeuses se multiplient. Partout où
Jésus va, on lui amène des malades et des
infirmes. Alors qu'il est en train d'enseigner une foule rassemblée dans une maison dont
l'entrée est totalement encombrée, se trouve à l'extérieur
un paralytique transporté par deux hommes sur
un brancard qui tentent de s'approcher. Comme il leur est impossible de pénétrer, les
porteurs trouvent une solution audacieuse. Ils n'hésitent
pas à grimper sur le toît et à démonter
la terrasse, pour descendre le paralysé à l'intérieur
avec des cordes ! Le paralysé se trouve
face à Jésus. Alors que les présents protestent contre ce geste hardi, Jésus dit à
la personne handicapée : "Ta foi t'a sauvé.
Prends ton brancard et lève-toi !" A
cet instant, l'infirme se dresse sur ses pieds et parvient
à marcher. L'assemblée est stupéfaite
: "Jamais, nous n'avons rien vu de pareil !"
Sur un chemin, Jésus rencontre un
groupe de dix lépreux, qui reconnaissent en lui le grand guérisseur.
Les lépreux lui ayant demandé de les délivrer de la maladie, il leur
conseille simplement d'aller se laver dans le bassin de Siloé. Lorsque
les hommes s'y plongent, ils en ressortent en parfaite santé. Mais seul
l'un d'eux retourne vers Jésus pour le remercier. Celui-ci s'étonne :
Où sont les neuf autres ? Il constate que sur dix miraculés, un seul
est revenu exprimer sa reconnaissance.
Les miracles
concernent aussi des personnes en proie à
des maux mystérieux, qualifiées de "possédées
par le démon". Sur une route, deux hommes
apparaissent dans un état effrayant, faisant fuir
tout le monde. Jésus les interpelle : "Quel est votre
nom ?" Ils répondent "Légion", ce qui signifie
que les démons qui les habitent sont
très nombreux. Ils supplient aussitôt Jésus
de les laisser entrer dans un troupeau de porcs se trouvant
à proximité. "Allez-y" dit-il.
Alors les démons sortent, atteignent le troupeau et aussitôt les porcs se jettent tous dans un précipice ...
Les deux possédés quant à eux, retrouvent un aspect calme
et serein.
Les guérisons miraculeuses
ne sont cependant pas réservées aux
Juifs. Un officier romain vient un jour à la rencontre de Jésus et demande la
guérison de l'un de ses serviteurs. Le centurion explique modestement
que Jésus n'a pas besoin de se déplacer, mais qu'il lui suffit sans
doute de prononcer une phrase pour que la guérison ait lieu. Car,
dit-il, comme lorsqu'un officier donne un ordre à ses soldats, il n'a
pas besoin de se déplacer. Jésus exprime alors son enthousiasme :
"Vraiment, dans tout Israël, Je n'ai trouvé personne ayant une si
grande foi !" A cet
instant, le serviteur est délivré de la maladie.
Jésus réalise aussi des
miracles sur les éléments naturels.
Il utilise souvent la barque de l'apôtre
Pierre, pêcheur de profession. Un jour celui-ci
navigue sur le lac de Tibériade avec
ses compagnons, et aperçoit à quelque
distance Jésus qui se tient droit, debout
sur les flots. Effrayés, les disciples sont
rassurés par Jésus lui-même
qui leur parle. Alors Pierre demande à le
rejoindre, en marchant lui aussi sur le lac. Avec l'accord
de Jésus il s'engage, mais bientôt perd
courage et s'enfonce. Jésus lui tend la
main, et explique qu'il a sombré parce qu'il n'avait
pas assez de foi ...
Un autre épisode montre Jésus
endormi dans la barque de Pierre, en pleine traversée
alors que ses occupants font face à
une violente tempête. Le danger semble grave,
au point que l'un des apôtres angoissé
réveille Jésus pour l'appeler au secours.
Réveillé, Jésus s'étonne
que l'on n'ait pas confiance, puis tend la main
et ordonne à la tempête
de se calmer. Le vent tombe immédiatement et
les vagues s'aplatissent net. Le calme étant
revenu aussi subitement, les compagnons se demandent en
eux-mêmes : qui est celui-ci, à qui même
le vent et la mer obéissent ?
La tempête apaisée. Enluminure.
Evangéliaire
d'Echternach, XIe s., Allemagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Lorsque Jésus emmène trois de ses
disciples sur une montagne, ils assistent à un phénomène spectaculaire.
Les vêtements et le corps de Jésus changent soudain d'aspect et
deviennent resplendissants. Les apôtres impressionnés demeurent à
distance. Au
cours de cette vision, ils voient aussi deux personnages, qu'ils
identifient aux prophètes Moïse et Elie. Simon-Pierre propose à Jésus
de s'installer sur place avec les deux illustres visiteurs, et de
dresser pour eux trois tentes. Mais la vision prend fin, Jésus retrouve
son aspect habituel et les prophètes disparaissent. Jésus demande alors
à ses compagnons de ne parler à personne de cette
Transfiguration.
La Transfiguration. Enluminure.
Evangile de Trezibonde, XIe
s., Italie.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Les paraboles
Jésus s'exprime souvent
de façon imagée pour illustrer
sa pensée. Il raconte plusieurs paraboles. Celle du
bon pasteur est l'histoire imaginaire d'un berger qui
perd une brebis de son troupeau. Inquiet, il laisse le reste
du troupeau dans l'enclos et part à la recherche de l'égarée.
Lorsqu'il la retrouve, il est très heureux car la vie d'une
seule de ses brebis est précieuse à
ses yeux. De la même manière, le devenir d'un seul
homme a une grande importance devant Dieu, car il veut
qu'aucune âme ne soit perdue.
La parabole du bon pasteur.
Icône contemporaine,
Etats-Unis.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
La parabole du bon Samaritain est
l'histoire d'un riche voyageur, qui est agressé et dépouillé sur une
route. Abandonné sans connaissance sur le bord
du chemin, il est dépassé par plusieurs personnes, indifférentes. Le
seul passant qui s'occupe de lui et qui le soigne est un Samaritain. Le
passant transporte la victime jusqu'à une auberge, et prend même en
charge les frais médicaux. Jésus montre le dévouement de ce Samaritain
comme le modèle d'une conduite exemplaire.
Celle
de l'enfant prodigue met en scène un adolescent
qui fait une fugue, quittant la maison de son père
pour un pays lointain. Il dépense là-bas tout son argent,
en menant une vie de débauche. Se trouvant
bientôt sans ressources, il n'a pas d'autre choix
que de rentrer chez son père, qui seul peut subvenir
à ses besoins. Le père l'apercevant de loin, organise
alors une grande fête en l'honneur du fils retrouvé.
Voyant cela, son autre fils resté au foyer familial
est pris de jalousie. Mais son père lui explique qu'il
tient à marquer les retrouvailles, le plus important étant
que la famille soit de nouveau réunie.
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La parabole du bon Samaritain.
Peinture contemporaine
de Anne de Vries, Pays-Bas.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
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La parabole de l'enfant
prodigue.
Peinture
contemporaine de soeur Sainte-Anne, Afrique.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
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Une autre parabole toute
simple est celle du grain de sénevé. Si le germe minuscule d'une plante est mis
en terre, il pousse pour donner un arbuste qui continuera à se
développer jusqu'à devenir un arbre immense. De la même manière, chez
l'homme un minimum de foi peut croître et se développer jusqu'à
permettre la réalisation de grandes oeuvres.
Jésus
prend encore l'image d'un figuier stérile. Dans le
verger fertile d'un cultivateur, un seul arbre ne donne pas de
fruit. L'idée vient alors au propriétaire
de couper l'arbre stérile, qui prend inutilement de la place
en épuisant le sol. Pourtant son serviteur lui donne
un autre conseil. Avant de le supprimer, pourquoi ne pas
tout tenter pour le faire produire : rajouter de l'engrais,
lui bêcher le pied, l'arroser davantage. Après cela,
si vraiment il ne donne toujours rien alors qu'on a fait le
maximum pour l'y aider, alors seulement on le coupera. Il faut
avoir la patience d'attendre de bons résultats avant de sceller
un destin.
L'histoire des servantes vierges
est celle de dix femmes chargées de veiller en attendant le retour de
leur maître, sans connaître l'heure où il viendra. Lorsqu'il rentre
enfin de voyage, il trouve la moitié d'entre elles endormies. Ces
vierges négligentes sont alors condamnées. Il en va ainsi de la
destinée humaine : chacun doit être toujours prêt à faire face à l'imprévu.
Jésus parle à la foule.
Peinture contemporaine
de
Carme Sole Vendrell, XXe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Citons encore
l'image d'un semeur, qui sort pour ensemencer son champ.
Les grains qu'il jette peuvent tomber sur le chemin
où il seront picorés, dans les rochers
où ils se dessècheront, ou au contraire
dans le champ où ils pousseront correctement.
Ainsi, lorsque la parole de Dieu est transmise
aux hommes, elle peut tomber sur un terrain favorable ou
défavorable, selon si les personnes qui l'entendent prêtes à la recevoir ou non.
Un riche
père de famille prépare le mariage de
son fils en organisant une grande
fête, à laquelle tous ses amis sont conviés.
Pourtant, ceux-ci déclinent tous l'invitation
sous des prétextes futiles. Déçu,
le maître se met alors en colère : puisque les invités refusent de venir, il charge
ses serviteurs d'aller chercher dans les rues tous les mendiants
et les estropiés qu'ils trouveront, afin de les remplacer. Et aucun invité
de départ n'aura le droit de partager le repas de
noces.
Jésus
conte aussi l'histoire du propriétaire
d'une vigne, qui part en voyage en confiant sa plantation
à ses serviteurs. Ayant quitté
le pays, il envoie un émissaire prendre des
nouvelles de son domaine. Mais le voyant arriver, les
serviteurs se jettent sur le messager et le tuent.
Apprenant cela, le maître envoie alors son fils comme
nouvel émissaire, espérant que son propre
fils sera respecté ; mais celui-ci est tué pareillement.
Alors le propriétaire revient au pays, et fait arrêter
et juger les vignerons homicides qui ont agi en insensés.
On peut y voir une comparaison avec le Dieu d'Israël,
qui a envoyé auprès de son peuple ses
prophètes, puis son Fils : au lieu d'être
écoutés, ils ont été bafoués
et rejetés.
La parabole des vignerons homicides. Enluminure
extraite
du Speculum
humanae salvationis, XVe s., France.
(source : bibliothèque
municipale de Lyon)
On peut encore évoquer
la parabole du riche propriétaire qui
confie sa fortune à trois serviteurs, et les
charge d'investir l'argent pour qu'il rapporte un intérêt.
Il quitte le pays, et revient quelques mois plus tard.
A son retour, il demande à chaque serviteur quel
gain il a obtenu. Les deux premiers serviteurs ont fait fructifier
leur argent : ils sont récompensés en proportion.
Le troisième explique qu'il s'est contenté
de cacher l'argent qu'il détenait, et le rend tel quel
à son maître, à qui il reproche
en outre d'être dur et impérieux. Le maître
alors chasse ce serviteur, qui n'a fait aucun effort pour
valoriser le capital qu'on lui a confié.
Il faut enfin rapporter
l'histoire d'un roi qui fait ses comptes avec
ses employés. L'un des serviteurs est très
endetté. Le roi menace de le mettre en prison
; cependant il se ravise en entendant l'expression de la détresse
du serviteur. Pris de pitié, il lui laisse alors sa liberté, allant même jusqu'à annuler
la dette. Le serviteur sort du palais et rencontre
par hasard un ami qui lui doit un peu d'argent. Réclamant
son dû, il se montre intraitable et lui intente un procès. Cette affaire parvient aux oreilles du
roi. Surpris de cette intransigeance, le monarque convoque à
nouveau son serviteur. Puisque celui-ci a été
sans pitié, le roi le redevient lui aussi envers lui :
la dette ne sera finalement pas annulée. Le Juge suprême
nous traitera comme nous traitons nos semblables.
Une morale
chrétienne
Dans l'enseignement de Jésus-Christ,
la morale tient une place importante. Jésus donne
à ses disciples un nouveau commandement :
"Aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés".
Jésus insiste sur le devoir de générosité.
Chacun doit être attentif à la détresse
humaine, et en particulier à celle des personnes les
moins favorisées de ce Monde : malades, personnes
sans ressources, handicapés, victimes de
toutes sortes de fléaux. Le premier devoir de chaque
homme est de pratiquer l'Amour et la charité. Il s'agit
pour chacun de se montrer solidaire avec les faibles, d'apporter
du secours aux personnes nécessiteuses.
Il faut également éviter de
chercher querelle, quelles que soient les circonstances.
Ne pas être rancunier : "Si quelqu'un te frappe
sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche. Si l'on
te vole ta bourse, ne la retiens pas ; au contraire, donne
aussi ton manteau. Donne à qui te demande, et ne te détourne
pas de qui veut t'emprunter".
Jésus
de Nazareth, interprété par
Robert Powell.
Film de
Francisco Zeffirelli, 1977.
(source
: users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
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On ne peut pas combattre le
mal par le mal. On ne l'éliminera que par le bien.
"Soignez ceux qui vous persécutent, aimez ceux
qui vous haïssent. Car si vous n'aimez que vos
amis, que faites-vous là d'extraordinaire? Aimez non
seulement vos amis, mais aussi vos ennemis."
Il n'est
pas conseillé aux hommes de se juger entre
eux. Dieu est le seul Juge, et il jugera chacun de
la manière dont il a jugé son prochain.
Ne faisons pas à autrui ce que l'on ne voudrait
pas que l'on fasse à nous-même.
Exprimer des reproches
à quelqu'un est aussi une attitude à éviter,
car nous avons tous nos propres défauts.
Ainsi, il nous arrive de dire à quelqu'un qu'il
a une paille dans son oeil. Mais nous ne réalisons
pas que dans notre oeil, c'est une poutre que nous avons
! Retirer d'abord la poutre qui est dans notre oeil sera préférable, avant
de faire la remarque à un autre. Un aveugle ne peut
pas guider un autre aveugle.
|
L'apôtre Simon-Pierre
questionne Jésus sur le pardon, car celui-ci
préconise à chacun de pardonner en
cas d'offense. Si quelqu'un nous fait du tort plusieurs fois
de suite, jusqu'à combien de fois devra-t-on
lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? Jésus
répond : "Non pas sept fois, mais soixante-dix-sept
fois sept fois."
On doit
aussi savoir rester humble. "Si vous ne vous présentez
pas devant le Royaume des cieux avec un coeur
d'enfant, vous n'y entrerez pas", dit Jésus
en se penchant sur des enfants qui l'entourent.
En matière
de moeurs, la morale est plutôt stricte.
Le divorce n'est pas reconnu par Dieu. Pourtant,
fait-on remarquer à Jésus, Moïse ne
nous a-t-il pas permis de divorcer ? Mais Jésus reprend
: Si Moïse a autorisé le divorce, c'est à
cause de votre mauvaise disposition. En fait, le mariage
est indissoluble. Lorsque deux personnes s'unissent par le
mariage, en réalité ils ne font plus
qu'un devant Dieu. Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! Ainsi,
si un homme divorce et épouse une autre femme, il commet
avec sa seconde femme un adultère par rapport à
la première.
Des révélations
faites par Jésus
Quelqu'un demande
un jour à Jésus quel est le commandement de Dieu le plus important. Et Jésus de
citer celui-ci : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de toute
ta force et de toute ton âme." Et immédiatement
il en rajoute un autre, presque aussi important : "Tu
aimeras ton prochain comme toi-même." De ces deux
commandements, tous les autres sont issus.
Jésus
fait un jour allusion aux opinions que les hommes
se fondent sur Lui. La plupart le considèrent comme
un prophète, un peu comme si Elie ou Jean-Baptiste était
revenu sur terre. Il demande ensuite aux apôtres
de dire à leur tour ce qu'ils pensent de son identité
réelle : "Et pour vous, qui suis-Je ?" Simon prend
la parole et déclare : "Je dis que Tu es le Messie,
le Fils de Dieu." Entendant cela, Jésus le félicite.
En réalité, ce n'est pas Simon qui a parlé
de lui-même, mais le Père du Ciel qui lui
a inspiré cette réponse. Jésus déclare
à Simon que désormais il ne s'appellera
plus Simon, mais Pierre. Sur cette pierre il construira son
Eglise, qui durera des siècles et contre laquelle les
forces du mal ne pourront rien.
Continuant
à parler, Jésus déclare que
bientôt il aura à subir une terrible épreuve.
Il se rendra à Jérusalem, et là il sera rejeté par les hommes. Il sera arrêté
et condamné à mort, et il aura à
souffrir beaucoup en mourant. Surpris, les apôtres
protestent : "Ce que tu dis-là ne t'arrivera pas !"
dit Pierre. Mais Jésus le reprend sévèrement
: "Il est nécessaire que cela arrive. Cette fois, c'est le démon qui parle
à travers toi !" Jésus parlera encore plusieurs
fois de son tragique destin. Mais, dit-il,
trois jours après que le Fils de l'Homme aura été
enterré, il ressuscitera.
Jésus
et ses apôtres. Film de Francisco
Zeffirelli,
"Jésus de Nazareth", 1977.
(source
: users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
Jésus
parle encore de sa mission sur la Terre et dans le Ciel.
Jésus est le Fils de Dieu qui s'est fait homme.
Il existait bien avant la Création du Monde ; et
à la fin des temps il siègera à la droite
du Père comme roi de l'Univers.
Il fait encore des prophéties sur
le futur. Un jour viendra où la ville sainte sera attaquée, encerclée,
investie de tous côtés. Ce jour-là,
les hommes devront se réfugier dans les montagnes car la ville
succombera aux assauts des païens. Le temple sera détruit, il n'en
restera pas deux pierres l'une sur l'autre.
Il arrivera aussi
un temps où le Fils de l'Homme viendra
avec beaucoup de gloire. Ce sera aussi le temps de la
grande Tribulation, une épreuve comme il n'y
en aura jamais eu sur la Terre. Le ciel s'obscurcira, la
lune perdra sa clarté. Mais il viendra d'abord de faux
christs et de faux prophètes, qui opèreront des
prodiges capables d'égarer les élus eux-mêmes.
Cependant ces jours sombres seront abrégés. Alors viendra
le Fils de l'Homme, avec beaucoup de puissance et de gloire.
Les trompettes célestes sonneront, et les anges viendront rassembler
les élus jusqu'aux extrémités de la Terre.
Mais le jour et l'heure, personne ne les connaît,
pas même le Fils. Seul le Père sait quand ces évènements se produiront.
Au jour
du Jugement dernier, le Fils de l'Homme, c'est-à-dire Jésus,
siègera à droite du Père céleste. Il y aura à sa droite les élus,
et à sa gauche les damnés. Aux élus,
Il dira qu'ils l'ont secouru alors qu'il était dans la détresse
; et aux damnés il reprochera de ne pas l'avoir fait. Les uns et les
autres demanderont : quand cela est-il arrivé ? "A
la vérité, tout ce que vous aurez fait au plus faible,
en bien ou en mal, vous l'aurez fait à moi-même."
Jésus
entre à Jérusalem
Jésus
accompagné de ses disciples parcourt tout
le territoire d'Israël. A l'approche de la fête
de la Pâque juive, le groupe se dirige vers Jérusalem. On dîne un soir dans le village de Béthanie.
Au cours du repas, une femme verse
sur sa tête un peu d'huile précieuse. Les
apôtres font la remarque que cette huile pourrait
être vendue pour nourrir des pauvres. Mais Jésus
les reprend : le geste de cette femme est unique et légitime,
alors que l'occasion de nourrir les pauvres se reproduira.
Quelques
jours plus tard, Jésus fait son entrée
dans Jérusalem. Il y apparaît monté
sur un âne, et une foule nombreuse est là
pour l'accueillir, lui faisant une ovation. A son passage,
chacun agite un rameau d'olivier. On pose devant lui des
manteaux pour lui former le passage, et la foule chante
en l'honneur de Jésus : "Hosannah
au Fils de David ! Béni soit Celui qui vient
au nom du Seigneur!" Le Sauveur des hommes et roi des Juifs
est accueilli assis sur un âne, comme l'ont
prédit les livres de l'Ancien Testament.
L'entrée de Jésus à
Jérusalem.
Enluminure.
Evangéliaire
d'Othon III, XIe s., Allemagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Etant
entré à Jérusalem, Jésus
se rend au Temple de Yahveh reconstruit par Hérode
le Grand. Dans la cour se trouve un marché où
l'on vend des articles de sacrifice pour le culte. Jésus s'en
prend à tous ces marchands, car le Temple de Dieu
est un lieu sacré. Détruisant les
étalages, il chasse les marchands en disant :
"De la maison de mon Père, vous avez fait un repaire
de brigands !"
Le Temple de Jérusalem, construit
par Hérode le Grand
et aujourd'hui détruit. Maquette réduite
actuelle.
(source:
bibleplaces.com)
Puis
Jésus commence à enseigner librement
dans le Temple, entouré d'une foule
qui est à son écoute. Peu à peu il se
heurte à l'incompréhension des prêtres
et des scribes, qui n'ont pas la même conception
que lui de la vie religieuse. Lui-même leur fait
de graves reproches, déclare que ce sont des aveugles
et qui égarent la communauté des
fidèles. Les prêtres et les pharisiens réagissent en le déclarant blasphémateur.
Le différend s'aggrave. Les prêtres cherchent
alors secrètement à lui tendre des pièges,
afin de pouvoir l'arrêter et le condamner.
Dans
cet esprit, on lui présente une femme qui a été surprise en flagrant délit
d'infidélité conjugale. Pour sa faute,
la loi de Moïse dit qu'elle mérite d'être
condamnée à mort par lapidation.
Pour piéger Jésus, on le questionne : faut-il
la lapider? Jésus répond ainsi : "Que celui
qui n'a jamais péché jette la première
pierre." Entendant cette réponse, ils n'osent pas la condamner, car ils
savent bien que personne n'est irréprochable. Alors Jésus
se lève et dit à la femme adultère :
"Je ne te condamne pas non plus. Va, et ne pèche plus".
Le Christ et la femme adultère.
Peinture anonyme contemporaine,
Chine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Le complot contre Jésus
Les prêtres,
les pharisiens et les scribes du Temple deviennent
plus en plus jaloux de Jésus et de l'ascendant
qu'Il a sur les foules, et en même temps en désaccord
avec Lui sur certains principes. Ils en viennent
à fomenter un complot contre Lui, avec l'intention
de le faire condamner à mort.
Pour faire arrêter Jésus il faut
d'abord une raison officielle ; on pourra l'accuser de blasphème, ou de
trouble de l'ordre public. Il faudra aussi l'identifier à coup sûr,
afin qu'il n'y ait pas d'erreur sur la personne ; à cette fin ils
prennent contact secrètement avec l'un des douze apôtres, Judas
Iscarioth, à qui ils lui promettent une forte récompense en échange de
son aide pour faire arrêter Jésus.
La Cène
L'arrestation
est prévue pour la semaine qui précède
la fête traditionnelle de la Pâque
juive. Jésus est cependant au courant de ce
qui se trame contre lui. Le jeudi soir, veille de son arrestation,
Il réunit ses disciples pour fêter la
Pâque en leur compagnie. Au cours du dîner
qu'il prend avec eux, Il leur révèle que ce repas
est pour Lui le dernier, car Il sait qu'Il doit être
condamné. Il révèle aussi que l'un
des douze apôtres, présent autour de Lui, sera
celui qui le livrera à ses bourreaux. A ce moment,
Judas se lève et quitte la pièce.
La Cène. Peinture de Coburn, XXe s.,
Australie.
(source:
perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Le dernier
repas du Christ, la Cène, est un moment angoissant.
Il deviendra très important pour les chrétiens,
car il est à l'origine de la messe. Au cours de
ce repas, Jésus partage le pain et le donne aux apôtres.
En le leur distribuant, Il explique que ce pain n'est pas du
pain ordinaire, mais qu'en réalité c'est Son
corps qu'ils vont manger. Car Son corps va être donné
aux hommes comme sacrifice, à cause des fautes de l'Humanité.
Le corps du Christ renouvelle l'Alliance que Dieu fit jadis
avec le peuple hébreu. Jésus leur demande de
perpétuer cet évènement.
Jésus
distribue ensuite la coupe de vin et en fait
boire les convives. Il leur révèle que
ce vin qu'ils boivent est en fait du sang. Il est le sang
de Jésus, qui va couler lors du même
sacrifice sur la croix. Comme le pain, le sang perpétue
l'alliance entre Dieu et les hommes, car il faut que
les fautes humaines soient expiées. Jésus
prend sur Lui les péchés des hommes, en acceptant
d'être puni à leur place. En lavant les
péchés des hommes, Jésus les réconcilie
avec leur Père céleste. Lorsque les hommes
mangeront du pain ainsi consacré comme corps du Christ,
ils feront entrer Jésus en eux-mêmes. Alors Il
continuera à vivre à travers eux.
La "salle d'en-haut" à Jérusalem,
où se serait déroulée la Cène.
La construction a été partiellement
rebâtie en chapelle au
Moyen-Age.
(source:
freestockphotos.com)
L'arrestation et le procès
Le repas terminé, Jésus conduit
les apôtres sur
le mont des Oliviers situé à l'extérieur de la ville. Jésus se met à
prier. Tandis que ses disciples s'endorment, Il commence à ressentir
l'angoisse à cause de l'épreuve terrible qui l'attend. La tradition
dira qu'il a pleuré du sang. Il s'adresse à son Père, lui demande de
lui éviter cette mort affreuse sur la croix : "Père, éloigne de moi la
coupe de cette épreuve ..." Mais Il se ravise, acceptant d'obéir à son
Père plutôt qu'à sa propre volonté. Lorsqu'Il aperçoit ses amis
profondément endormis, Il
les réveille : "Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation."
Plusieurs fois Il retourne à la prière, implorant d'être épargné d'un
tel supplice, mais s'en remet cependant au désir de son Père.
Lorsque le
jour pointe à l'horizon, on entend l'approche
d'une troupe d'hommes armés qui pénètre
dans le jardin des Oliviers. Ils sont guidés par
Judas Iscarioth, qui s'attend à trouver Jésus
en ce lieu car Il a l'habitude de s'y rendre. Les hommes
apparaissent et investissent le jardin. Jésus et ses
apôtres sont encerclés.
Le jardin
de Gethsémané sur le Mont des Oliviers.
(source: freestockphotos.com)
A ce moment,
Judas s'approche de Jésus et l'embrasse.
Ce geste est le signe qu'il avait convenu de montrer aux gens
d'armes, pour leur désigner la personne à arrêter.
Celle-ci s'étonne : "C'est par un baiser
que tu livres le Fils de l'Homme !" Jésus est immédiatement
saisi et appréhendé. Il n'oppose aucune
résistance. L'un des apôtres en revanche,
essaye de le défendre en sortant une épée.
Jésus l'en dissuade : "Celui qui prend le
glaive, périra par le glaive."
Jésus
est enchaîné et traîné
vers la ville, où ses geoliers le présentent
au grand prêtre. Les prêtres s'entretiennent
à son sujet, et cherchent un motif de condamnation.
On l'interroge sur plusieurs déclarations
qu'Il aurait faites. Es-tu le Fils de Dieu ? Jésus
acquiesce. L'assemblée crie alors au blasphème.
Cependant, d'après la loi, les prêtres
du temple n'ont pas compétence pour prononcer
une condamnation à mort. C'est du ressort du pouvoir
romain. Il est alors convenu de transférer Jésus
pour le faire comparaître devant le procurateur romain,
Ponce Pilate.
Jésus arrêté est présenté
à Ponce Pilate.
Enluminure extraite du Codex Rossano, VIe s., Italie.
(source : bugpowder.com/andy)
Lorsque Jésus entre dans la forteresse et paraît
devant Pilate, celui-ci est dubitatif. Qu'a donc fait cet homme de si
grave, pour que les Juifs veuillent sa
mort ? Il est accusé d'avoir fomenté une révolution religieuse, et
d'avoir blasphémé.
Devant l'administration romaine, ces arguments ne tiennent pas.
Pourtant, les Juifs insistent et provoquent même le tumulte : ils
veulent une condamnation à mort par crucifixion. Pilate toujours
perplexe interroge Jésus. Es-tu le roi des Juifs ? D'abord silencieux,
le prisonnier finit par répondre : "Je le suis. Mais Ma Royauté n'est
pas de ce Monde. Et vous verrez les anges et les nuées du Ciel se
soumettre devant le Trône éternel."
Pilate, ne trouvant Jésus
coupable de rien, tente de le faire libérer.
Il évoque une vieille coutûme qui veut
que les Romains, en signe de clémence, libèrent
un prisonnier juif lors la période de la Pâque.
Les Romains ont deux prisonniers, Jésus et
un meurtrier nommé Barrabas. En présence de
la foule, Pilate demande aux Juifs lequel des deux prisonniers
ils préfèrent voir libérer. Le peuple
crie sans hésitation : Barrabas ! Le procurateur pose
une nouvelle fois la question, mais le nom de Barrabas est
clamé de plus en plus fort.
Pilate finit
par céder sous la pression des Juifs, afin
de les satisfaire. Il concluera en disant : "Je suis innocent
du sang de cet homme. Je m'en lave les mains." Il fait
alors libérer Barrabas, et prononce la sentence contre
Jésus : mort par crucifixion.
Stèle
romaine gravée au nom de Ponce Pilate, préfet de Judée.
Ruines de la ville de Césarée située
au bord de la méditerranée.
(source : www.bible-history.com)
La Passion
Dès
lors que le jugement est rendu, les soldats romains
chargés de l'exécution se saisissent
à nouveau de Jésus et le raillent. Il est
d'abord flagellé. Puis, par dérision,
on le couvre d'un vêtement rouge et une couronne
d'épines, puisqu'Il affirme être le roi
des Juifs. Il est battu de verges et couvert de crachats.
Ensuite on lui rend ses vêtements et on lui donne à
porter une lourde planche de bois, qui servira pour
la croix de la condamnation.
Le portement de croix. Enluminure de
Jean Fouquet,
livre d'heures d'Etienne Chevalier, XVe s., France.
(source
: classes.bnf.fr)
Jésus
est contraint de sortir de la ville en transportant
lui-même le bois de sa croix. Un cortège
se forme, ouvert par les soldats romains. On le conduit
sur un promontoire aux portes de la ville, nommé
Golgotha ou lieu du crâne. Sur le chemin, il porte péniblement
son fardeau et tombe plusieurs fois. Parvenu à sa
destination, le cortège s'arrête. Jésus
est dépouillé de ses vêtements et attaché
à la croix au moyen de clous qui percent ses mains
et ses pieds. La croix est dressée verticalement
avec le supplicié.
La crucifixion. Film de Francisco
Zeffirelli,
"Jésus de Nazareth", 1977.
(source
: users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
A côté
de Jésus, deux autres condamnés
sont voués au même sort que Lui. La
lente agonie durera plusieurs heures. Les condamnés
ont le plus grand mal à respirer, ils sont
forcés de se hisser, ce qui provoque en eux des douleurs
atroces.
La foule
assiste au pénible spectacle, sous la surveillance
des soldats. Ceux-ci récupèrent même
les vêtements des condamnés, et tirent au sort
pour avoir la tunique de Jésus. Devant Jésus,
sa Mère Marie est présente, effondrée,
ainsi que l'apôtre Jean. Jésus demande
à Jean de prendre Marie chez lui désormais.
D'autres spectateurs se moquent du condamné et
l'insultent.
Jésus crucifié. Plaque émaillée
du XIIIe s.
Musée municipal de l'Evéché,
Limoges.
(source : www.culture.gouv.fr)
En milieu
d'après-midi, la terre se met soudain à
trembler. Le ciel s'obscurcit. Le grand rideau du temple
se déchire en deux. Jésus prononce ces
dernières paroles : "Mon Dieu, pourquoi m'as-Tu
abandonné ?" Puis Il dit encore : "Entre Tes mains,
Je remets mon esprit." Il pousse alors un grand cri, et
rend l'âme.
Après
la mort de Jésus, quelques-uns de ses
amis pensent à l'enterrer. On demande à
Pilate l'autorisation de descendre le corps et de l'inhumer.
L'ayant obtenue, un homme du nom de Joseph d'Arimathie
se propose d'offrir sa tombe pour que Jésus puisse être
inhumé. Il est donc descendu de sa croix, et déposé
dans le caveau situé à proximité du calvaire.
La Résurrection
de Jésus
Le surlendemain
de l'enterrement, trois femmes de l'entourage du défunt
se rendent auprès de la tombe pour embaumer
son corps. Le caveau ayant été fermé,
elles se demandent en chemin qui les aidera à
le rouvrir. Mais lorsqu'elles parviennent devant l'entrée,
elles constatent avec surprise que la tombe est déjà
ouverte, la pierre qui la fermait étant roulée
sur le côté. Elles peuvent donc accéder
facilement à l'intérieur.
Pierre roulée fermant une tombe en
Israël.
(source : freestockphotos.com)
En pénétrant
dans le caveau, les trois femmes ne trouvent pas
le corps de Jésus. A sa place, un linceul
est posé à l'extrémité
du lieu où on avait déposé la dépouille.
En ressortant, elles aperçoivent un homme
qu'elles croient être le jardinier. L'une d'elles,
Marie de Magdala, interroge le personnage, mais tout
de suite après elle reconnaît Jésus,
vivant, qui lui parle. Totalement surprise, elle crie :
"Maître !" et se jette aussitôt à ses pieds.
Jésus demande alors de transmettre à tous la
nouvelle de sa Résurrection.
D'autres
témoins affirment également avoir vu
Jésus vivant après sa mort. Deux disciples
originaires d'un village nommé Emmaüs
quittent Jérusalem pour rentrer chez eux. Sur
leur chemin ils sont rejoints par un voyageur inconnu.
Celui-ci s'adresse à eux, et leur demande pourquoi
ils ont l'air si tristes. Ils évoquent alors
la condamnation à mort de leur Maître, Jésus
de Nazareth. Alors l'homme reprend la parole, leur parle
de la Bible, explique que l'évènement était
prévu dans les écritures. Puis les voyageurs
entrent dans un village, et s'arrêtent ensemble pour partager
un repas dans une auberge. Alors l'homme mystérieux prend
le pain, le rompt et le donne à ses compagnons. C'est à
ce moment seulement qu'ils Le reconnaissent, Lui Jésus,
grâce au geste de la fraction du pain. A cet instant
précis, Il disparaît de leur vue. Les deux disciples,
tout heureux, repartent immédiatement pour Jérusalem,
afin d'annoncer l'incroyable nouvelle de sa Résurrection.
Le tombeau vide. Emplacement d'un corps
dans la "Tombe du Jardin",
un caveau
évoquant le tombeau du Christ, bien que plus
ancien.
(source : freestockphotos.com)
Jésus
apparaîtra encore plusieurs fois, à
tous les disciples réunis. La première
fois, l'un d'entre eux est absent : c'est Thomas (ainsi que
Judas qui s'est suicidé). Quelques jours plus
tard, les onze étant de nouveau réunis
et cette fois au complet, ils voient encore Jésus
apparaître au milieu de la maison, pourtant verrouillée
de l'intérieur. Mais Thomas est sceptique :
"Tant que je ne mettrai pas ma main dans tes plaies, je ne
croirai pas que tu es Jésus." Celui-ci l'invite
alors à s'approcher, et à mettre précisément
ses mains dans les blessures. A cet instant, Thomas se rend
à l'évidence, et admet la réalité
: "Mon Seigneur est mon Dieu !" Ce à quoi Jésus
lui répond : "Thomas, tu as cru parce que tu as
vu ; heureux seront ceux qui croient sans voir!"
Jésus ressuscité apparait à
ses disciples.
Film
de Francisco Zeffirelli, "Jésus de Nazareth",
1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
L'Ascension
Quelques
temps plus tard, Jésus retrouve
ses disciples un matin sur une rive du lac
de Tibériade. Ils reviennent bredouilles d'une
pêche nocturne infructueuse dans la barque de
Pierre. Ils expliquent à Jésus qu'ils
n'ont pris aucun poisson. Jésus s'embarque alors
avec eux, et leur demande de jeter leurs filets. Ce qui est
fait. Et très vite, les filets se remplissent. Si
bien que pour les remonter dans la barque, ils sont trop lourds
à hisser tellement il y a de poisson ! Ils doivent faire
appel à l'équipage de la barque voisine, pour
les aider à monter les filets. Lorsqu'ils parviennent
sur le rivage, Jésus dit aux apôtres : "Venez
déjeuner." Ils s'installent donc tous sur la rive,
mangeant du poisson miraculeux fraîchement attrapé,
en compagnie de Jésus ressuscité.
Lorsque le
repas est terminé, Jésus s'adresse
à Pierre et lui demande : "Pierre, M'aimes-tu
?" Celui-ci répond par l'affirmative ; mais Jésus
lui pose trois fois la question. Pierre approuve à
chaque fois. Alors Jésus conclut en disant : "Pais
mes brebis." Jésus explique alors qu'Il doit
retourner maintenant vers son Père, et que donc
ils ne le verront plus. En revanche, Il promet de leur
envoyer l'Esprit-Saint, qui leur permettra de parler des
merveilles de Dieu aux hommes de la Terre entière.
Se trouvant avec eux à
Jérusalem, Jésus commence à s'élever
de terre dans une nuée, montant au Ciel pour rejoindre
son Père. Les apôtres restent
un moment à regarder au-dessus d'eux vers Celui qui s'est soustrait de
leur regard. C'est alors que
deux anges apparaissent, et leur disent : "Qu'avez-vous
à regarder vers le ciel ? Jésus est retourné
vers son Père ; ne le cherchez plus désormais,
mais transmettez son message et instruisez les foules
sur tout ce qu'Il a fait."
L'Ascension.
Icône contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
La Pentecôte
La suite de l'histoire des apôtres sans le Christ
est inscrite dans le Livre des
Actes des apôtres. Quelques
jours après la Résurrection, les disciples
de Jésus se trouvent tous réunis dans une maison
de Jérusalem. Ils entendent soudain un grand bruit.
Une grande flamme se fait voir au-dessous du plafond.
Puis ce feu surnaturel se divise en plusieurs flammes, dont chacune vient se poser sur la tête
d'un des apôtres.
Aussitôt, les disciples sortent
de l'habitation et se mettent à parler. A tous les passants qui avaient
été attirés par le bruit, ils se mettent spontanément à discourir sur
les oeuvres de Dieu. Les passants viennent
à leur rencontre pour écouter. Bientôt une grande foule les entoure, y
compris des étrangers. Des étrangers sont également présents, mais
chacun comprend les paroles des apôtres dans sa propre langue.
La Pentecôte, ou Descente de l'Esprit-Saint.
Peinture contemporaine, Mexique.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
A partir
de ce jour, les disciples ne vont pas cesser de
parler. Dans le Temple où ils se retrouvent, ils expliquent
l'action de Jésus, sa vie, ses oeuvres, son Amour
pour tous les hommes. De nombreux témoins émus
par leurs paroles, se convertissent à la foi
en Jésus-Christ. A Jérusalem d'abord, puis
dans toute la Palestine ensuite, on parle de Jésus, on fait
des miracles, on se convertit, on se fait baptiser. Les convertis
deviennent prédicateurs à leur tour, et
parcourent bientôt les chemins de Palestine pour annoncer
la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité,
Fils du Dieu d'Amour, Messie et Sauveur des hommes.
Les premiers chrétiens
La nouvelle foi est en
pleine expansion, mais elle rencontre inévitablement des résistances.
Les
prêtres du temple, les membres du Sanhédrin (le Conseil du Judaïsme),
interdisent que l'on parle de Jésus. Les païens, qui restent attachés à
leur religion polythéiste, voient d'un mauvais oeil les progrès de la
foi en Jésus, Fils d'un
Dieu unique.
Les disciples
qui professent la nouvelle croyance se heurtent à
une hostilité croissante. On veut les empêcher
de s'exprimer, mais ils passent outre : "Ce n'est pas
à vous que l'on obéit, c'est à Dieu !" répond
Pierre à une injonction de se taire. Dans le Temple, les apôtres
sont arrêtés plusieurs fois, puis relâchés.
Un jeune converti, Etienne, est pris à parti dans
une discussion avec des Juifs. Son discours n'ayant pas plu
aux prêtres, Etienne est saisi et traîné hors
de la ville. Le jeune homme est tué par lapidation. En
mourant, il demande à Dieu de ne pas tenir compte de ce meurtre.
Saint Etienne est le premier martyr connu du christianisme.
Le martyre de Saint Etienne. Enluminure.
XVe s., Aragon,
Espagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Après la
mort d'Etienne, une vague d'arrestations se produit. Pour
y échapper, beaucoup de nouveaux convertis quittent
Jérusalem et se dispersent en Israël, où
ils continuent à professer leur foi. A Jérusalem,
Saint Pierre est arrêté et mis en prison, mais un ange
vient briser ses chaînes et le délivrer. Paradoxalement,
les chrétiens sont de plus en plus nombreux,
alors même qu'ils sont combattus et persécutés.
Au début, les conversions se produisent essentiellement
parmi les Juifs. Cependant, Dieu intervient pour que le
message soit adressé également à des "gentils".
Alors que l'apôtre Pierre se trouve un jour sur une terrasse,
il voit soudain descendre un drap céleste, rempli de
victuailles. Comme il refuse d'en manger, une voix lui dit : "Ce
que Dieu a déclaré pur, ne le considère pas
comme impur !" Pierre interprètera plus tard cette vision,
en comprenant que les non-juifs ne sont pas impurs, et qu'ils ont
donc eux aussi le droit d'être convertis. Dès lors,
l'église primitive s'étendra également à
des hommes de toutes origines.
La vie et la conversion
de Saint Paul
Paul de Tarse, ou Saul,
est un jeune citoyen romain d'origine juive.
D'abord très hostile aux premiers chrétiens,
Paul consacre toute son énergie à
les poursuivre et à les arrêter.
Il se rend un jour à Damas dans l'intention d'y arrêter
des chrétiens. Sur le chemin, il est soudain
aveuglé par une lumière céleste
très intense, qui le fait tomber sur le sol. Dans
son éblouissement, il entend au même instant
une voix puissante, qui l'interroge sur son action. La
voix s'identifie : elle est celle de Jésus, Celui-là
même que Paul persécute. Lorsque la
lumière s'efface, Paul se relève mais
ne peut pas retrouver son chemin. Il est devenu aveugle.
Le futur saint Paul reste
plusieurs jours privé de l'usage de
ses yeux. Cela dure jusqu'à ce qu'il prenne
pleinement conscience de son erreur, et qu'il
se convertisse à son tour au christianisme.
Alors ses yeux s'ouvrent à nouveau et il recouvre
la vision.
Paul consacre
désormais autant de fougue à
professer la foi chrétienne qu'il
en a mis à la combattre. Il va de ville
en ville, parlant de Jésus-Christ à
tous ceux qu'il rencontre. Paul sera l'un des évangélisateurs
les plus actifs. Il effectue plusieurs
voyages dans le pourtour méditerranéen,
fondant des églises dans les villes
les plus importantes. Il se rend ainsi à Antioche, Thessalonique,
Athènes, Corinthe, Ephèse ...
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Rentré à Jérusalem
à la fin d'un de ses voyages, Paul est arrêté
par l'autorité romaine, à la suite d'une émeute
provoquée contre lui dans le Temple. Le fauteur de
troubles est jeté en prison, battu et interrogé.
Apprenant que Paul est citoyen romain, le tribun n'ose
plus le maltraiter. Une nuit, le prisonnier a alors une nouvelle
vision, dans laquelle le Christ lui demande
d'aller répandre la Parole à
Rome. A son réveil, Paul demande à ses geôliers
de comparaître devant César. Transmis d'autorité
en autorité, Paul est finalement embarqué sur
un navire à destination de Rome.
Au cours de la traversée,
le navire fait naufrage dans l'île de Malte
; cependant ses occupants, réconfortés par
Paul, sont sains et saufs. Recueillis par les habitants,
Paul et ses compagnons séjournent
quelques temps dans l'île. Paul y accomplit des
guérisons miraculeuses et convertit
plusieurs Maltais. Mais bientôt un autre navire
est affrêté, et l'expédition reprend
son chemin jusqu'à Rome.
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La conversion de Saint Paul.
Icône byzantine contemporaine,
Grèce.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
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Parvenu à sa
destination, Paul est mis en liberté
surveillée. Il prend contact avec la communauté
juive de la capitale, et commence à
y enseigner l'Evangile. Le récit des Actes
des Apôtres s'arrête là. On
suppose que Paul finira sa vie à Rome, après
y avoir passé quelques années.
Les Epîtres de Saint Paul
Paul entretient une abondante
correspondance avec les chrétiens
des pays qu'il a évangélisés.
Ses lettres, connues sous le nom d'épîtres,
s'adressent aux communautés chrétiennes
de chaque ville, ainsi qu'à des correspondants individuels.
Elles contiennent des explications et des recommandations
pour les nouveaux convertis.
L'
Epître
aux Romains est écrite depuis Corinthe pour
les premiers chrétiens de Rome. L'auteur développe
le thème de la corruption des païens, mais de leur
rachat possible par la foi. Jésus veut sauver tous les hommes
; Israël a chuté, mais il sera finalement sauvé.
La
Première Epître aux Corinthiens
donne des informations sur les problèmes liés à
la vie d'une église locale. Paul y expose entre autres
des considérations sur la sagesse, le mariage, les dons sprituels,
la manière d'enseigner, la résurrection des morts.
La
Deuxième Epître aux Corinthiens
met en garde ses correspondants contre toute dérive
orgueilleuse, qui ne doit pas entacher le zèle qu'il
trouve dans cette église. L'auteur parle aussi de ses voyages,
des dangers encourus, tout en expliquant qu'il ne doit pas s'en
glorifier.
L'
Epître
aux Galates s'adresse aux chrétiens de Galatie
en Asie Mineure. Paul dénonce vivement l'influence
de certains activistes qui veulent les faire revenir au Judaïsme.
L'
Epître aux Ephésiens est une
courte synthèse de la pensée de Paul. Y sont évoqués
le Salut par Jésus-Christ et le devoir d'unité
des chrétiens.
Vestiges de la cité d'Ephèse
en Asie Mineure,
l'une des villes évangélisées
par Saint Paul.
L'
Epître
aux Philippiens est écrite pour
la ville macédonienne de Philippes, alors que Paul est
en prison. Elle exhorte les Philippiens à mener une vie
irréprochable.
L'
Epître
aux Colossiens, destinée à l'église
de Colosses en Asie Mineure, fait état des mystères
liés à la divinité du Christ.
La
Première Epître aux Thessaloniciens
encourage cette communauté macédonienne à
persévérer dans la foi, la fraternité et la
charité.
La
Deuxième Epître aux Thessaloniciens
tente de répondre à ceux qui croient imminents
la fin du monde et le futur retour glorieux du Christ.
La
Première Epître à Timothée
est une lettre individuelle, dans laquelle Paul met en garde
son jeune disciple contre les fausses doctrines ; Paul préconise
en outre le respect dans les relations sociales.
La
Deuxième Epître à Timothée
encourage le même destinataire à être toujours
un témoin irréprochable du Christ, et à
ne pas suivre les passions humaines.
L'
Epître
à Tite est aussi une exhortation à
la bonne conduite, pour les églises et les fidèles
qui les composent.
L'
Epître
à Philémon est une courte lettre demandant
à ce qu'un esclave évadé, Onésime,
soit chaleureusement accueilli.
L'
Epître aux Hébreux est
adressée depuis Rome à des Juifs chrétiens
demeurés en Israël. L'auteur insiste sur la suprématie
de la personne de Jésus-Christ, seul prêtre sans
péché. Il fait l'éloge de la Nouvelle Alliance
et de la supériorité du nouveau culte. Il encourage
enfin les croyants à persévérer dans la foi
malgré les épreuves.
Les autres épîtres
Saint Paul n'est pas le
seul auteur dont les lettres ont été
insérées dans la Bible ; on
y trouve aussi des épîtres
émanant d'autres disciples et apôtres.
L'
Epître
de Saint Jacques, adressée
par l'apôtre Jacques à des croyants dispersés,
rappelle quelques conseils moraux à observer pour bien
suivre la voie du Christ, et cite quelques fautes à éviter.
La
Première Epître de Saint Pierre
fait allusion aux premières persécutions.
Pierre invite au courage et à la constance durant l'épreuve.
La
Deuxième Epître de Saint Pierre
appelle à la méfiance envers les faux docteurs
et les impies ; car un jour viendra où ils obtiendront
le châtiment qu'ils méritent.
La
Première Epître de Saint Jean
invite les croyants à vivre fraternellement, comme
enfants de Dieu dans la communion divine. Jean fait allusion à
l'Antéchrist, qui doit venir pour tenter de disperser
les âmes.
La
Deuxième Epître de Saint Jean
est une courte lettre demandant de vivre dans l'Amour et de
ne pas suivre l'Antéchrist.
La
Troisième Epître de Saint Jean
s'adresse indirectement à deux personnages d'église
ayant une conduite inopportune.
L'
Epître
de Saint Jude, frère de Jacques, attire l'attention
sur le danger que représentent des individus pervers
infiltrés parmi les croyants.
L'Apocalypse
de Saint Jean
Le Livre de
l'Apocalypse
est sans doute le texte le plus mystérieux
de la Bible. Il a été écrit
par saint Jean l'évangéliste,
alors qu'il séjournait dans l'île grecque
de Patmos. Jean raconte qu'il a eu de nombreuses
visions, au cours desquelles un ange lui a fait
d'importantes révélations sous
forme d'images symboliques. Ces images sont décrites
en détail par l'auteur, mais leur signification
reste énigmatique. Une
succession de scènes fantastiques se déroulent
sous ses yeux.
Dans ces scènes
étonnantes, saint Jean voit le
Seigneur Dieu qui siège sur son Trône
de Gloire. Autour de Lui, vingt-quatre vieillards
se prosternent. L'Humanité est aussi rassemblée
là, à ses pieds. Des anges sont
présents autour du Trône Céleste.
Alors Dieu se met à parler. Il cite les
églises de différentes villes, à qui il reproche leurs manquements.
L'Apocalypse de Saint Jean. Une vision de
Saint Jean.
Enluminure du livre
de Beatus, XIe s., Allemagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Une autre vision montre un Agneau
qui apparaît, symbolisant le Christ, agneau
sacrifié sur la Croix. L'Agneau défait
les différents sceaux de cire d'un
grand Livre qu'on lui présente. A chaque sceau
qu'Il défait, la vision d'un animal fabuleux
se présente.
L'Apocalypse de Saint Jean. La chute des
étoiles.
Enluminure du livre
de Beatus, XIe s., Allemagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
Dans une autre scène,
on offre des trompettes à des
anges qui se tiennent à côté du Trône. Chaque ange sonne de la trompette l'un
après l'autre. A chaque nouvelle trompette
qui sonne, une catastrophe terrible se déchaîne
sur la Terre. Des animaux effrayants, des monstres
terrifiants reçoivent provisoirement le
pouvoir de nuire à l'Humanité. Le prince
du mal, Satan, combat et veut abattre le Trône
de Dieu. Il fait des prodiges, provoque des
désastres terribles. Mais est finalement vaincu
et rejeté en Enfer pour mille ans. Après
cette durée, il est libéré,
et part assiéger Jérusalem. Mais lui
et son armée sont foudroyés, et retournent
définitivement dans le royaume du mal.
Le Livre s'achève
par le règne de Dieu triomphant
sur toute la Création. Les élus
qui lui sont restés fidèles
sont invités au grand repas de noces de
l'Agneau avec Jérusalem, son épouse.
Le Christ en Majesté.
Icône attribuée
à saint André Roublev, XVe s., Russie.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)