Le Nouveau Testament





Le contexte historique


    Quelques années avant la naissance de Jésus, le monde ancien tombe sous la domination d'un nouveau conquérant, venu d'Europe : l'empire romain. En 63 avant Jésus-Christ, le petit royaume d'Israël est vaincu par le général Pompée. L'Etat hébreu devient vassal de Rome et subit son occupation.

    L'empereur a néanmoins autorisé le peuple juif à conserver un roi sémite, Hérode le Grand, qui règne sur Israël dans une position de vassal de Rome. Hérode fait entièrement reconstruire le Temple de Jérusalem qui avait été détruit au cours des guerres antérieures.

    Lorsque l'Enfant Jésus vient au Monde, la puissance militaire romaine est omniprésente. Une grande partie du peuple juif aspire à l'indépendance. Les partisans actifs de ce mouvement, appelés les zélotes, commettent des attentats cruellement réprimés par l'armée d'occupation.

    Dans cette situation, une autre attitude consiste à se réfugier dans une pratique religieuse intensive la plus fidèle possible au culte monothéiste traditionnel. Cette tendance est illustrée par les prêtres, les pharisiens et les scribes qui entretiennent le Temple et font appliquer la loi juive.


Les quatre Evangiles


        Les quatre premiers livres du Nouveau Testament relatent la vie et les actes de Jésus-Christ. Pratiquement identiques, ils sont l'oeuvre de quatre auteurs dont certains ont connu le Christ : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Matthieu est un ancien collecteur d'impôts, devenu l'un des douze apôtres. Marc fait partie de l'entourage des disciples, et sera un proche de saint Pierre et de saint Paul. Luc est un médecin grec qui fait partie des tout premiers chrétiens. Jean est vraisemblablement aussi l'un des douze apôtres. Les quatre livres ont été écrits quelques années après le ministère de Jésus.


Jean le Baptiste


        Jean est le fils de Zacharie et d'Elisabeth, qui sont membres de la famille de la Vierge Marie. Lorsque Elisabeth est enceinte, Marie vient lui rendre visite aors qu'elle-même attend déjà Jésus. Au moment où les deux femmes enceintes se retrouvent, Elisabeth sent son fils bouger ; ce signe signifie qu'il a senti la présence du futur Fils de Dieu.

        Mais le jour de l'accouchement approche. Depuis quelques mois, Zacharie est devenu muet. Lorsque son fils naît, on lui demande de choisir un prénom et de l'inscrire. Zacharie écrit : l'enfant s'appellera Jean. Et à cet instant précis, Zacharie retrouve miraculeusement l'usage de la parole. Il prononce alors des paroles de bénédiction en l'honneur de Dieu, et annonce que l'enfant deviendra un prophète.

        Le prophète Jean devenu adulte, parcourt la région du fleuve Jourdain. Il vit le plus pauvrement du monde, habillé d'une simple peau de bête. Il parle aux gens qui viennent à sa rencontre. Il explique que le Royaume de Dieu est très proche, que chacun doit se repentir, purifier sa conscience et s'ouvrir à Dieu. Jean purifie symboliquement chaque personne en l'aspergeant d'eau : c'est le baptême. Jean dit qu'il prépare la venue de Celui qui vient de Dieu.




Vue de la rivière Jourdain, qui relie le lac de Tibériade à la Mer Morte.
(source: holylandnetwork.com)


       Mais le destin de Jean le Baptiste sera tragique. Dans ses discours, il dérange certaines personnes qu'il apostrophe. C'est le cas du tétrarque de Galilée Hérode Antipas, à qui il reproche de vivre illégitimement avec Hérodiade, la femme de son frère. Cela finit par irriter sérieusement la famille régnante, et bientôt Jean est arrêté. On le jette dans un cachot au fond du palais royal. Cependant Hérode veut ménager son prisonnier. Sa maîtresse Hérodiade a moins de scrupules, et dans son intérêt elle veut la mort de Jean. Pour l'obtenir, elle use d'un stratagème. Au cours d'une fête, elle demande à sa fille Salomé de danser en public, et celle-ci s'exécute. Hérode est séduit. Il promet à l'adolescente de lui accorder une grande faveur, au choix. A l'instigation de sa mère, Salomé demande alors la tête de Jean-Baptiste. Surpris par une telle demande, Hérode n'ose pas refuser car il a engagé sa parole : sur le champ, il ordonne que le prophète prisonnier soit décapité.




Jean le Baptiste prêchant près du Jourdain.
Enluminure des frères Limbourg, XVe siècle, Belgique.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



La naissance et la jeunesse de Jésus


        Dans le petit village de Nazareth, la jeune Vierge Marie est fiancée avec le charpentier Joseph. Le mariage est planifié. Mais la future Mère du Christ est un jour témoin d'une apparition. Un personnage lui rend visite, se présentant comme l'ange Gabriel. Envoyé par Dieu, il l'informe qu'elle sera bientôt enceinte, et qu'elle aura un fils venu du Ciel et qui s'appellera Jésus. Même en étant toujours vierge, Marie enfantera un Enfant de Dieu.




La Vierge Marie, Mère de Jésus, interprétée par Olivia Hussey.
 Film de Francisco Zeffirelli, "Jésus de Nazareth", 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)


        Quelques jours plus tard, il lui faut révéler la vérité à Joseph : avant même d'être mariée à son fiancé, elle est déjà enceinte d'un enfant qui ne vient pas de lui. Joseph est catastrophé. Le soir-même, il a lui aussi une vision. On lui révèle que le futur Fils de Marie ne vient pas des hommes, Il vient de Dieu. Ce sera un grand prophète et un grand roi.




L'Annonciation. Peinture contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Dans ces conditions, le mariage prévu redevient possible, car Joseph pourra être le père adoptif de l'enfant. Le mariage est effectivement célébré quelques jours plus tard. Il est suivi par les quelques mois de grossesse de Marie. Quelques jours avant l'accouchement, une contrainte administrative vient compliquer les choses. L'empereur romain procède à un recensement de population dans tout l'empire. Seulement, le recensement doit se faire dans le lieu de naissance de chacun. Etant originaires de Bethléem, près de Jérusalem, Joseph et Marie doivent s'y rendre. Les conditions du voyage sont mauvaises, à cause de la grossesse. Le couple arrive à Bethléem un jour d'affluence, alors que l'accouchement est imminent. Les hôtelleries étant toutes pleines, Joseph et Marie sont obligés de s'installer à la hâte dans une étable. L'Enfant Jésus vient au monde dans ces conditions précaires, au milieu de la paille et des mangeoires pour bestiaux.



L'Adoration des Mages.
Enluminure, XIIe s., Allemagne.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
          Cette naissance ne passera pas tout à fait inaperçue. La sainte famille reçoit des visites inattendues. Des bergers ont été informés d'une naissance divine, annoncée par des anges qui leur sont apparus. Puis des hommes de haut rang, venant d'un lointain pays d'Orient, se présentent pour voir le nouveau-né. Ils sont mages, c'est-à-dire savants, et ils ont interprété les signes du ciel : un Enfant est né en Israël et ce sera un futur roi. Ils offrent des présents à l'Enfant : or, myrrhe, encens, qui sont des matières très précieuses.

        En arrivant à Jérusalem après avoir été guidés par une étoile, les mages ont dû se renseigner sur le lieu exact de la naissance du futur roi. Ils s'étaient adressés à Hérode, le roi d'Israël du moment. Celui-ci ignorait tout, mais il s'intéresse à l'évènement. Il demande à ses visiteurs de le tenir informé une fois qu'ils l'auront trouvé. Pourtant les mages ne font pas confiance à Hérode. L'un d'eux fait un songe, qui contient un message divin : les trois hommes ne doivent pas retourner chez Hérode, ils doivent repartir directement vers leur pays. C'est ce qu'ils font après leur visite à Bethléem.





        Lorsque le roi Hérode réalise que les mages ne sont pas revenus le voir, il entre dans une violente colère. Ainsi, en Israël, un futur roi est né et on le lui cache. Il ne saurait y avoir d'autre roi que lui ! Fou de rage, Hérode prend une grave décision. Il donne l'ordre de passer au fil de l'épée tous les jeunes enfants mâles d'Israël. Dans tout le pays, les nouveaux-nés sont ainsi exterminés. Cet évènement terrible est resté sous le nom de massacre des innocents.





Bergers à Bethléem.
(source: www.bibleplaces.com)


        La famille de Jésus est prévenue à temps du danger, grâce à un rêve que fait Joseph : un nouveau message de Dieu demande à Joseph et à Marie de quitter rapidement le pays, et de se rendre en Egypte pour mettre l'enfant Jésus à l'abri. Les parents de Jésus obéissent, et partent en voyage pour l'Egypte. Parvenus sur les rives du Nil, ils s'y installent pendant plusieurs mois, et y restent jusqu'à ce que le cruel roi Hérode soit décédé. Alors, le danger étant passé, Jésus et ses parents rentrent en Israël et réintègrent leur village de Nazareth.





La fuite en Egypte.
Peinture de Bernard Brouillard, XXe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        On a peu de détails sur la jeunesse de Jésus à Nazareth. En grandissant, il apprend le métier de charpentier aux côtés de son père. Un épisode est relaté alors que Jésus a environ douze ans. Comme chaque année, sa famille se rend à Jérusalem pour la fête de la Pâque juive. Au retour, Joseph et Marie s'aperçoivent sur le chemin qu'ils ont perdu leur fils. Ils le retrouvent dans la ville, plus exactement à l'intérieur du Temple, en train de s'entretenir avec des prêtres. Il leur pose des questions auxquelles ils ne savent pas répondre. Lorsque Marie intervient, Jésus répond qu'il doit s'occuper des affaires de son Père ...





Jésus enfant. Film de Francisco Zeffirelli,
"Jésus de Nazareth", 1977.
(source :
users.hol.gr/%7Etgsonsoe/
)



Episodes de la vie publique de Jésus-Christ


        L'un des premiers épisodes connus de la vie de Jésus devenu adulte est celui de son baptème. Quittant sa famille, il se rend auprès de Jean le Baptiste près du fleuve Jourdain. Il demande le baptême, ce qui étonne Jean : ce serait plutôt l'inverse qu'il faudrait faire! Mais Jésus insiste, et se fait baptiser par Jean.

        Lorsque Jésus remonte du fleuve où il s'était plongé, une colombe s'approche et se pose sur sa tête. A cet instant retentit une voix puissante venue du Ciel, dont les personnes présentes peuvent entendre les mots : "Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, écoutez-Le". Sous les yeux de la foule remplie d'étonnement, Jésus sort de l'eau et s'éloigne.


 


Le baptême de Jésus. Enluminure.
Musée arménien d'Ispahan, Iran.
(source: perso.wanadoo.fr/
maurice.lamouroux)



        Jésus commence par se retirer et vivre dans le désert où il séjourne durant quarante jours, méditant seul, préparant sa mission dans la prière. Il est alors tenté par le démon, qui lui apparaît en lui présentant divers pièges. Nourriture miraculeuse, pouvoir, richesse, tentative de saut dans le vide pour mettre Dieu à l'épreuve : Jésus refuse systématiquement. Alors le malin l'abandonne. Puis des anges de Dieu s'approchent, et se font symboliquement les serviteurs de Jésus qui a su résister au démon.

        Lorsque sa retraite prend fin, Jésus retourne à la vie publique. Il choisit quelques personnes pour l'accompagner dans sa mission. Les apôtres seront au nombre de douze. Quelques-unes sont des proches cousins, d'autres des amis, d'autres des hommes rencontrés sur son chemin. Jésus et ses compagnons commencent à parcourir le pays d'Israël de village en village, professant la venue imminente du Royaume de Dieu et convertissant de nombreux habitants.

        Dans le périple que suit Jésus en Palestine avec ses compagnons, il traverse aussi la région de Samarie, extérieure à Israël et réputée hostile au peuple juif. S'arrêtant seul près d'un village, Jésus s'approche d'un puits. Une femme du pays vient y puiser de l'eau. Jésus engage la conversation avec elle, et lui parle d'une autre eau qu'il peut lui donner, une eau est capable de désaltérer quelqu'un pour toujours. La Samaritaine accepte de recevoir cette eau. Puis Jésus révèle sa vie privée elle a connu six maris successifs. Alors la femme très troublée comprend que Jésus est un homme de Dieu, elle exprime sa foi et son attente d'un Messie qui doit venir bientôt. Et Jésus de révéler que le Messie n'est autre que lui-même.

        La Samaritaine très émue retourne au village pour y témoigner de sa rencontre. Intrigués, les villageois la suivent et se rendent près du puits. Jésus est toujours là, s'adresse aux habitants venus à sa rencontre et leur parle de Dieu. Plusieurs d'entre eux adhèrent à ses paroles.






Jésus et la Samaritaine.
Peinture de Juan de Flandes, XVIe s..
(source: spiritualite-chretienne.com)




        Au cours de son périple en Palestine, Jésus fréquente les bords du lac de Tibériade, où l'apôtre Simon avait l'habitude de pêcher. En présence de la foule, Il utilise la barque de pêche, s'éloigne de la rive et depuis la barque, se met à parler au peuple présent sur la rive. Les gens accueillent son discours avec bienveillance, car Il prêche l'Amour, la générosité et la fraternité entre les hommes.





Barque de pêche évoquant celle de Pierre.
Reconstitution s'inspirant d'une ancienne épave. 

(source: bibleplaces.com)



        Jésus s'intéresse particulièrement aux personnes défavorisées, qu'il veut délivrer du malheur et de la misère. Un jour, il monte sur une colline, suivi d'une grande foule à qui il s'adresse en prononçant des paroles qui seront appelées les Béatitudes :





Jésus  s'adressant à la foule. Film de Francisco Zeffirelli,
                                     "Jésus de Nazareth", 1977
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
"Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux, car ils auront la Terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font régner la paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux.
Heureux serez-vous quand on vous outragera, quand on vous persécutera, quand on dira faussement contre vous toute sorte de mal à cause de Moi. Réjouissez-vous ! Soyez dans l'allégresse ! Car grande sera votre récompense dans les cieux ; c'est ainsi en effet qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés."



La pratique religieuse


       Les apôtres ayant demandé à Jésus comment faire pour prier, il leur transmet le texte du Notre Père :


        "Notre père, qui es aux cieux,
        Que Ton Nom soit sanctifié,
        Que Ton Règne vienne,
        Que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel.
        Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien,
        Pardonne-nous nos offenses,
        Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé,
        Et ne nous soumets pas à la tentation,
        Mais délivre-nous du mal."


        Jésus conseille d'insister dans la prière sans se décourager. Expliquant qu'il ne viendrait à l'idée de personne de nourrir ses enfants avec des pierres, à plus forte raison Dieu d'une infinie bienveillance donnera-t-il aux hommes ce dont ils ont besoin. Même aux oiseaux, Dieu donne aussi à manger. Plutôt que se soucier de trouver de la nourriture ou des vêtements, il vaut mieux commencer par vivre avec justice et piété, et l'on recevra de Dieu tout ce dont on a besoin.


Les miracles de Jésus


        Le premier miracle relaté dans l'Evangile est celui des noces de Cana, du nom d'un village où Jésus est invité pour un repas de noces. Au cours du dîner, une rumeur circule parmi les convives : le vin est épuisé. Sollicité par Marie sa mère, Jésus s'adresse aux servants pour leur conseiller de mettre de l'eau dans les cruches à vin. Les serviteurs s'exécutent, et constatent aussitôt après que l'eau s'est transformée en vin. La fête peut donc continuer, et les invités remarquer que le vin de la meilleure qualité a été gardé pour la fin !


 
 

Le miracle des noces de Cana..
Peinture de Duccio di Buonning Cegna , XVIe s., Italie.

(source: spiritualite-chretienne.com)




        La multiplication des pains. Icône byzantine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
      Jésus s'adresse quotidiennement à la foule, toujours plus nombreuse à se presser pour se nourrir de ses paroles. Un jour il emmène les gens loin de leurs habitations. Tandis que les heures passent, les apôtres réalisent qu'il se fait tard, et qu'il faut renvoyer la foule ou bien la nourrir sur place. N'ayant que très peu de pain et de poisson, les disciples s'en inquiètent auprès de leur maître. Celui-ci leur demande de nourrir la foule à partir de ce maigre reste. Mais le miracle se produit : des paniers entiers remplis de pain et de poisson sont distribués à la foule. La population ce jour-là compte au moins cinq mille personnes, et la nourriture est plus que suffisante. Finalement il reste plusieurs corbeilles, douze exactement, pleines de nourriture en surplus.




        Jésus accomplit aussi et surtout des miracles de guérison. On lui présente constamment des personnes atteintes de toutes sortes de maladies ou de handicaps : paralysie, lèpre, épilepsie, surdité, mutisme, cécité, possession du démon. Il les guérit systématiquement, devant une foule toujours plus enthousiaste.

        Il arrive aussi qu'il ressuscite des morts. Dans une scène fameuse, la soeur de son ami Lazare de Béthanie le sollicite, parce que son frère vient de décéder. Alors Jésus se rend au tombeau où il a été enterré, et demande qu'on réouvre le sépulcre. Ceci fait, il appelle le défunt d'une voix forte. Lazare se lève et sort du caveau, bien vivant, son corps encore entouré de bandelettes. Ainsi, la résurrection d'un mort illustre l'une de ses paroles : "Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, celui-là vivra".





Lazare ressuscité sortant de son tombeau.
Film de Francisco Zeffirelli, "Jésus de Nazareth", 1977.

(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)


        Les guérisons miraculeuses se multiplient. Partout où Jésus va, on lui amène des malades et des infirmes. Alors qu'il est en train d'enseigner une foule rassemblée dans une maison dont l'entrée est totalement encombrée, se trouve à l'extérieur un paralytique transporté par deux hommes sur un brancard qui tentent de s'approcher. Comme il leur est impossible de pénétrer, les porteurs trouvent une solution audacieuse. Ils n'hésitent pas à grimper sur le toît et à démonter la terrasse, pour descendre le paralysé à l'intérieur avec des cordes ! Le paralysé se trouve face à Jésus. Alors que les présents protestent contre ce geste hardi, Jésus dit à la personne handicapée : "Ta foi t'a sauvé. Prends ton brancard et lève-toi !" A cet instant, l'infirme se dresse sur ses pieds et parvient à marcher. L'assemblée est stupéfaite : "Jamais, nous n'avons rien vu de pareil !"

        Sur un chemin, Jésus rencontre un groupe de dix lépreux, qui reconnaissent en lui le grand guérisseur. Les lépreux lui ayant demandé de les délivrer de la maladie, il leur conseille simplement d'aller se laver dans le bassin de Siloé. Lorsque les hommes s'y plongent, ils en ressortent en parfaite santé. Mais seul l'un d'eux retourne vers Jésus pour le remercier. Celui-ci s'étonne : Où sont les neuf autres ? Il constate que sur dix miraculés, un seul est revenu exprimer sa reconnaissance.

        Les miracles concernent aussi des personnes en proie à des maux mystérieux, qualifiées de "possédées par le démon". Sur une route, deux hommes apparaissent dans un état effrayant, faisant fuir tout le monde. Jésus les interpelle : "Quel est votre nom ?" Ils répondent "Légion", ce qui signifie que les démons qui les habitent sont très nombreux. Ils supplient aussitôt Jésus de les laisser entrer dans un troupeau de porcs se trouvant à proximité. "Allez-y" dit-il. Alors les démons sortent, atteignent le troupeau et aussitôt les porcs se jettent tous dans un précipice ... Les deux possédés quant à eux, retrouvent un aspect calme et serein.

        Les guérisons miraculeuses ne sont cependant pas réservées aux Juifs. Un officier romain vient un jour à la rencontre de Jésus et demande la guérison de l'un de ses serviteurs. Le centurion explique modestement que Jésus n'a pas besoin de se déplacer, mais qu'il lui suffit sans doute de prononcer une phrase pour que la guérison ait lieu. Car, dit-il, comme lorsqu'un officier donne un ordre à ses soldats, il n'a pas besoin de se déplacer. Jésus exprime alors son enthousiasme : "Vraiment, dans tout Israël, Je n'ai trouvé personne ayant une si grande foi !" A cet instant, le serviteur est délivré de la maladie.

        Jésus réalise aussi des miracles sur les éléments naturels. Il utilise souvent la barque de l'apôtre Pierre, pêcheur de profession. Un jour celui-ci navigue sur le lac de Tibériade avec ses compagnons, et aperçoit à quelque distance Jésus qui se tient droit, debout sur les flots. Effrayés, les disciples sont rassurés par Jésus lui-même qui leur parle. Alors Pierre demande à le rejoindre, en marchant lui aussi sur le lac. Avec l'accord de Jésus il s'engage, mais bientôt perd courage et s'enfonce. Jésus lui tend la main, et explique qu'il a sombré parce qu'il n'avait pas assez de foi ...

        Un autre épisode montre Jésus endormi dans la barque de Pierre, en pleine traversée alors que ses occupants font face à une violente tempête. Le danger semble grave, au point que l'un des apôtres angoissé réveille Jésus pour l'appeler au secours. Réveillé, Jésus s'étonne que l'on n'ait pas confiance, puis tend la main et ordonne à la tempête de se calmer. Le vent tombe immédiatement et les vagues s'aplatissent net. Le calme étant revenu aussi subitement, les compagnons se demandent en eux-mêmes : qui est celui-ci, à qui même le vent et la mer obéissent ?





La tempête apaisée. Enluminure.
Evangéliaire d'Echternach, XIe s., Allemagne.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Lorsque Jésus emmène trois de ses disciples sur une montagne, ils assistent à un phénomène spectaculaire. Les vêtements et le corps de Jésus changent soudain d'aspect et deviennent resplendissants. Les apôtres impressionnés demeurent à distance. Au cours de cette vision, ils voient aussi deux personnages, qu'ils identifient aux prophètes Moïse et Elie. Simon-Pierre propose à Jésus de s'installer sur place avec les deux illustres visiteurs, et de dresser pour eux trois tentes. Mais la vision prend fin, Jésus retrouve son aspect habituel et les prophètes disparaissent. Jésus demande alors à ses compagnons de ne parler à personne de cette Transfiguration.





La Transfiguration. Enluminure.
Evangile de Trezibonde, XIe s., Italie.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



Les paraboles



        Jésus s'exprime souvent de façon imagée pour illustrer sa pensée. Il raconte plusieurs paraboles. Celle du bon pasteur est l'histoire imaginaire d'un berger qui perd une brebis de son troupeau. Inquiet, il laisse le reste du troupeau dans l'enclos et part à la recherche de l'égarée. Lorsqu'il la retrouve, il est très heureux car la vie d'une seule de ses brebis est précieuse à ses yeux. De la même manière, le devenir d'un seul homme a une grande importance devant Dieu, car il veut qu'aucune âme ne soit perdue.





La parabole du bon pasteur.
Icône contemporaine, Etats-Unis.

  (source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        La parabole du bon Samaritain est l'histoire d'un riche voyageur, qui est agressé et dépouillé sur une route. Abandonné sans connaissance sur le bord du chemin, il est dépassé par plusieurs personnes, indifférentes. Le seul passant qui s'occupe de lui et qui le soigne est un Samaritain. Le passant transporte la victime jusqu'à une auberge, et prend même en charge les frais médicaux. Jésus montre le dévouement de ce Samaritain comme le modèle d'une conduite exemplaire.

        Celle de l'enfant prodigue met en scène un adolescent qui fait une fugue, quittant la maison de son père pour un pays lointain. Il dépense là-bas tout son argent, en menant une vie de débauche. Se trouvant bientôt sans ressources, il n'a pas d'autre choix que de rentrer chez son père, qui seul peut subvenir à ses besoins. Le père l'apercevant de loin, organise alors une grande fête en l'honneur du fils retrouvé. Voyant cela, son autre fils resté au foyer familial est pris de jalousie. Mais son père lui explique qu'il tient à marquer les retrouvailles, le plus important étant que la famille soit de nouveau réunie.





La parabole du bon Samaritain.
Peinture contemporaine de Anne de Vries, Pays-Bas.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


La parabole de l'enfant prodigue.
Peinture contemporaine de soeur Sainte-Anne, Afrique.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



         Une autre parabole toute simple est celle du grain de sénevé. Si le germe minuscule d'une plante est mis en terre, il pousse pour donner un arbuste qui continuera à se développer jusqu'à devenir un arbre immense. De la même manière, chez l'homme un minimum de foi peut croître et se développer jusqu'à permettre la réalisation de grandes oeuvres.

        Jésus prend encore l'image d'un figuier stérile. Dans le verger fertile d'un cultivateur, un seul arbre ne donne pas de fruit. L'idée vient alors au propriétaire de couper l'arbre stérile, qui prend inutilement de la place en épuisant le sol. Pourtant son serviteur lui donne un autre conseil. Avant de le supprimer, pourquoi ne pas tout tenter pour le faire produire : rajouter de l'engrais, lui bêcher le pied, l'arroser davantage. Après cela, si vraiment il ne donne toujours rien alors qu'on a fait le maximum pour l'y aider, alors seulement on le coupera. Il faut avoir la patience d'attendre de bons résultats avant de sceller un destin.

        L'histoire des servantes vierges est celle de dix femmes chargées de veiller en attendant le retour de leur maître, sans connaître l'heure où il viendra. Lorsqu'il rentre enfin de voyage, il trouve la moitié d'entre elles endormies. Ces vierges négligentes sont alors condamnées. Il en va ainsi de la destinée humaine : chacun doit être toujours prêt à faire face à l'imprévu.





Jésus parle à la foule. Peinture contemporaine
 de Carme Sole Vendrell, XXe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Citons encore l'image d'un semeur, qui sort pour ensemencer son champ. Les grains qu'il jette peuvent tomber sur le chemin où il seront picorés, dans les rochers où ils se dessècheront, ou au contraire dans le champ où ils pousseront correctement. Ainsi, lorsque la parole de Dieu est transmise aux hommes, elle peut tomber sur un terrain favorable ou défavorable, selon si les personnes qui l'entendent prêtes à la recevoir ou non.

        Un riche père de famille prépare le mariage de son fils en organisant une grande fête, à laquelle tous ses amis sont conviés. Pourtant, ceux-ci déclinent tous l'invitation sous des prétextes futiles. Déçu, le maître se met alors en colère : puisque les invités refusent de venir, il charge ses serviteurs d'aller chercher dans les rues tous les mendiants et les estropiés qu'ils trouveront, afin de les remplacer. Et aucun invité de départ n'aura le droit de partager le repas de noces.

        Jésus conte aussi l'histoire du propriétaire d'une vigne, qui part en voyage en confiant sa plantation à ses serviteurs. Ayant quitté le pays, il envoie un émissaire prendre des nouvelles de son domaine. Mais le voyant arriver, les serviteurs se jettent sur le messager et le tuent. Apprenant cela, le maître envoie alors son fils comme nouvel émissaire, espérant que son propre fils sera respecté ; mais celui-ci est tué pareillement. Alors le propriétaire revient au pays, et fait arrêter et juger les vignerons homicides qui ont agi en insensés. On peut y voir une comparaison avec le Dieu d'Israël, qui a envoyé auprès de son peuple ses prophètes, puis son Fils : au lieu d'être écoutés, ils ont été bafoués et rejetés.



 

La parabole des vignerons homicides. Enluminure extraite
du Speculum humanae salvationis, XVe s., France.

(source : bibliothèque municipale de Lyon)



        On peut encore évoquer la parabole du riche propriétaire qui confie sa fortune à trois serviteurs, et les charge d'investir l'argent pour qu'il rapporte un intérêt. Il quitte le pays, et revient quelques mois plus tard. A son retour, il demande à chaque serviteur quel gain il a obtenu. Les deux premiers serviteurs ont fait fructifier leur argent : ils sont récompensés en proportion. Le troisième explique qu'il s'est contenté de cacher l'argent qu'il détenait, et le rend tel quel à son maître, à qui il reproche en outre d'être dur et impérieux. Le maître alors chasse ce serviteur, qui n'a fait aucun effort pour valoriser le capital qu'on lui a confié.

        Il faut enfin rapporter l'histoire d'un roi qui fait ses comptes avec ses employés. L'un des serviteurs est très endetté. Le roi menace de le mettre en prison ; cependant il se ravise en entendant l'expression de la détresse du serviteur. Pris de pitié, il lui laisse alors sa liberté, allant même jusqu'à annuler la dette. Le serviteur sort du palais et rencontre par hasard un ami qui lui doit un peu d'argent. Réclamant son dû, il se montre intraitable et lui intente un procès. Cette affaire parvient aux oreilles du roi. Surpris de cette intransigeance, le monarque convoque à nouveau son serviteur. Puisque celui-ci a été sans pitié, le roi le redevient lui aussi envers lui : la dette ne sera finalement pas annulée. Le Juge suprême nous traitera comme nous traitons nos semblables.


Une morale chrétienne


        Dans l'enseignement de Jésus-Christ, la morale tient une place importante. Jésus donne à ses disciples un nouveau commandement : "Aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés". Jésus insiste sur le devoir de générosité. Chacun doit être attentif à la détresse humaine, et en particulier à celle des personnes les moins favorisées de ce Monde : malades, personnes sans ressources, handicapés, victimes de toutes sortes de fléaux. Le premier devoir de chaque homme est de pratiquer l'Amour et la charité. Il s'agit pour chacun de se montrer solidaire avec les faibles, d'apporter du secours aux personnes nécessiteuses.

        Il faut également éviter de chercher querelle, quelles que soient les circonstances. Ne pas être rancunier : "Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche. Si l'on te vole ta bourse, ne la retiens pas ; au contraire, donne aussi ton manteau. Donne à qui te demande, et ne te détourne pas de qui veut t'emprunter".




Jésus de Nazareth, interprété par Robert Powell.
Film de Francisco Zeffirelli, 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)
        On ne peut pas combattre le mal par le mal. On ne l'éliminera que par le bien. "Soignez ceux qui vous persécutent, aimez ceux qui vous haïssent. Car si vous n'aimez que vos amis, que faites-vous là d'extraordinaire? Aimez non seulement vos amis, mais aussi vos ennemis."

        Il n'est pas conseillé aux hommes de se juger entre eux. Dieu est le seul Juge, et il jugera chacun de la manière dont il a jugé son prochain. Ne faisons pas à autrui ce que l'on ne voudrait pas que l'on fasse à nous-même.

        Exprimer des reproches à quelqu'un est aussi une attitude à éviter, car nous avons tous nos propres défauts. Ainsi, il nous arrive de dire à quelqu'un qu'il a une paille dans son oeil. Mais nous ne réalisons pas que dans notre oeil, c'est une poutre que nous avons ! Retirer d'abord la poutre qui est dans notre oeil sera préférable, avant de faire la remarque à un autre. Un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle.



        L'apôtre Simon-Pierre questionne Jésus sur le pardon, car celui-ci préconise à chacun de pardonner en cas d'offense. Si quelqu'un nous fait du tort plusieurs fois de suite, jusqu'à combien de fois devra-t-on lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? Jésus répond : "Non pas sept fois, mais soixante-dix-sept fois sept fois."

        On doit aussi savoir rester humble. "Si vous ne vous présentez pas devant le Royaume des cieux avec un coeur d'enfant, vous n'y entrerez pas", dit Jésus en se penchant sur des enfants qui l'entourent.

        En matière de moeurs, la morale est plutôt stricte. Le divorce n'est pas reconnu par Dieu. Pourtant, fait-on remarquer à Jésus, Moïse ne nous a-t-il pas permis de divorcer ? Mais Jésus reprend : Si Moïse a autorisé le divorce, c'est à cause de votre mauvaise disposition. En fait, le mariage est indissoluble. Lorsque deux personnes s'unissent par le mariage, en réalité ils ne font plus qu'un devant Dieu. Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! Ainsi, si un homme divorce et épouse une autre femme, il commet avec sa seconde femme un adultère par rapport à la première.


Des révélations faites par Jésus


        Quelqu'un demande un jour à Jésus quel est le commandement de Dieu le plus important. Et Jésus de citer celui-ci : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de toute ta force et de toute ton âme." Et immédiatement il en rajoute un autre, presque aussi important : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." De ces deux commandements, tous les autres sont issus.

        Jésus fait un jour allusion aux opinions que les hommes se fondent sur Lui. La plupart le considèrent comme un prophète, un peu comme si Elie ou Jean-Baptiste était revenu sur terre. Il demande ensuite aux apôtres de dire à leur tour ce qu'ils pensent de son identité réelle : "Et pour vous, qui suis-Je ?" Simon prend la parole et déclare : "Je dis que Tu es le Messie, le Fils de Dieu." Entendant cela, Jésus le félicite. En réalité, ce n'est pas Simon qui a parlé de lui-même, mais le Père du Ciel qui lui a inspiré cette réponse. Jésus déclare à Simon que désormais il ne s'appellera plus Simon, mais Pierre. Sur cette pierre il construira son Eglise, qui durera des siècles et contre laquelle les forces du mal ne pourront rien.

        Continuant à parler, Jésus déclare que bientôt il aura à subir une terrible épreuve. Il se rendra à Jérusalem, et là il sera rejeté par les hommes. Il sera arrêté et condamné à mort, et il aura à souffrir beaucoup en mourant. Surpris, les apôtres protestent : "Ce que tu dis-là ne t'arrivera pas !" dit Pierre. Mais Jésus le reprend sévèrement : "Il est nécessaire que cela arrive. Cette fois, c'est le démon qui parle à travers toi !" Jésus parlera encore plusieurs fois de son tragique destin. Mais, dit-il, trois jours après que le Fils de l'Homme aura été enterré, il ressuscitera.





Jésus et ses apôtres. Film de Francisco Zeffirelli,
"Jésus de Nazareth", 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)



        Jésus parle encore de sa mission sur la Terre et dans le Ciel. Jésus est le Fils de Dieu qui s'est fait homme. Il existait bien avant la Création du Monde ; et à la fin des temps il siègera à la droite du Père comme roi de l'Univers.

        Il fait encore des prophéties sur le futur. Un jour viendra où la ville sainte sera attaquée, encerclée, investie de tous côtés. Ce jour-là, les hommes devront se réfugier dans les montagnes car la ville succombera aux assauts des païens. Le temple sera détruit, il n'en restera pas deux pierres l'une sur l'autre.

        Il arrivera aussi un temps où le Fils de l'Homme viendra avec beaucoup de gloire. Ce sera aussi le temps de la grande Tribulation, une épreuve comme il n'y en aura jamais eu sur la Terre. Le ciel s'obscurcira, la lune perdra sa clarté. Mais il viendra d'abord de faux christs et de faux prophètes, qui opèreront des prodiges capables d'égarer les élus eux-mêmes. Cependant ces jours sombres seront abrégés. Alors viendra le Fils de l'Homme, avec beaucoup de puissance et de gloire. Les trompettes célestes sonneront, et les anges viendront rassembler les élus jusqu'aux extrémités de la Terre. Mais le jour et l'heure, personne ne les connaît, pas même le Fils. Seul le Père sait quand ces évènements se produiront.

        Au jour du Jugement dernier, le Fils de l'Homme, c'est-à-dire Jésus, siègera à droite du Père céleste. Il y aura à sa droite les élus, et à sa gauche les damnés. Aux élus, Il dira qu'ils l'ont secouru alors qu'il était dans la détresse ; et aux damnés il reprochera de ne pas l'avoir fait. Les uns et les autres demanderont : quand cela est-il arrivé ? "A la vérité, tout ce que vous aurez fait au plus faible, en bien ou en mal, vous l'aurez fait à moi-même."


Jésus entre à Jérusalem


        Jésus accompagné de ses disciples parcourt tout le territoire d'Israël. A l'approche de la fête de la Pâque juive, le groupe se dirige vers Jérusalem. On dîne un soir dans le village de Béthanie. Au cours du repas, une femme verse sur sa tête un peu d'huile précieuse. Les apôtres font la remarque que cette huile pourrait être vendue pour nourrir des pauvres. Mais Jésus les reprend : le geste de cette femme est unique et légitime, alors que l'occasion de nourrir les pauvres se reproduira.

        Quelques jours plus tard, Jésus fait son entrée dans Jérusalem. Il y apparaît monté sur un âne, et une foule nombreuse est là pour l'accueillir, lui faisant une ovation. A son passage, chacun agite un rameau d'olivier. On pose devant lui des manteaux pour lui former le passage, et la foule chante en l'honneur de Jésus : "Hosannah au Fils de David ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur!" Le Sauveur des hommes et roi des Juifs est accueilli assis sur un âne, comme l'ont prédit les livres de l'Ancien Testament.



 
 
L'entrée de Jésus à Jérusalem. Enluminure.
Evangéliaire d'Othon III, XIe s., Allemagne.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Etant entré à Jérusalem, Jésus se rend au Temple de Yahveh reconstruit par Hérode le Grand. Dans la cour se trouve un marché où l'on vend des articles de sacrifice pour le culte. Jésus s'en prend à tous ces marchands, car le Temple de Dieu est un lieu sacré. Détruisant les étalages, il chasse les marchands en disant : "De la maison de mon Père, vous avez fait un repaire de brigands !"





Le Temple de Jérusalem, construit par Hérode le Grand
et aujourd'hui détruit. Maquette réduite actuelle.

  (source: bibleplaces.com)



        Puis Jésus commence à enseigner librement dans le Temple, entouré d'une foule qui est à son écoute. Peu à peu il se heurte à l'incompréhension des prêtres et des scribes, qui n'ont pas la même conception que lui de la vie religieuse. Lui-même leur fait de graves reproches, déclare que ce sont des aveugles et qui égarent la communauté des fidèles. Les prêtres et les pharisiens réagissent en le déclarant blasphémateur. Le différend s'aggrave. Les prêtres cherchent alors secrètement à lui tendre des pièges, afin de pouvoir l'arrêter et le condamner.

        Dans cet esprit, on lui présente une femme qui a été surprise en flagrant délit d'infidélité conjugale. Pour sa faute, la loi de Moïse dit qu'elle mérite d'être condamnée à mort par lapidation. Pour piéger Jésus, on le questionne : faut-il la lapider? Jésus répond ainsi : "Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre." Entendant cette réponse, ils n'osent pas la condamner, car ils savent bien que personne n'est irréprochable. Alors Jésus se lève et dit à la femme adultère : "Je ne te condamne pas non plus. Va, et ne pèche plus".



 

Le Christ et la femme adultère.
Peinture anonyme contemporaine, Chine.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



Le complot contre Jésus


        Les prêtres, les pharisiens et les scribes du Temple deviennent plus en plus jaloux de Jésus et de l'ascendant qu'Il a sur les foules, et en même temps en désaccord avec Lui sur certains principes. Ils en viennent à fomenter un complot contre Lui, avec l'intention de le faire condamner à mort.

        Pour faire arrêter Jésus il faut d'abord une raison officielle ; on pourra l'accuser de blasphème, ou de trouble de l'ordre public. Il faudra aussi l'identifier à coup sûr, afin qu'il n'y ait pas d'erreur sur la personne ; à cette fin ils prennent contact secrètement avec l'un des douze apôtres, Judas Iscarioth, à qui ils lui promettent une forte récompense en échange de son aide pour faire arrêter Jésus.


La Cène


        L'arrestation est prévue pour la semaine qui précède la fête traditionnelle de la Pâque juive. Jésus est cependant au courant de ce qui se trame contre lui. Le jeudi soir, veille de son arrestation, Il réunit ses disciples pour fêter la Pâque en leur compagnie. Au cours du dîner qu'il prend avec eux, Il leur révèle que ce repas est pour Lui le dernier, car Il sait qu'Il doit être condamné. Il révèle aussi que l'un des douze apôtres, présent autour de Lui, sera celui qui le livrera à ses bourreaux. A ce moment, Judas se lève et quitte la pièce.





La Cène. Peinture de Coburn, XXe s., Australie.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        Le dernier repas du Christ, la Cène, est un moment angoissant. Il deviendra très important pour les chrétiens, car il est à l'origine de la messe. Au cours de ce repas, Jésus partage le pain et le donne aux apôtres. En le leur distribuant, Il explique que ce pain n'est pas du pain ordinaire, mais qu'en réalité c'est Son corps qu'ils vont manger. Car Son corps va être donné aux hommes comme sacrifice, à cause des fautes de l'Humanité. Le corps du Christ renouvelle l'Alliance que Dieu fit jadis avec le peuple hébreu. Jésus leur demande de perpétuer cet évènement.

        Jésus distribue ensuite la coupe de vin et en fait boire les convives. Il leur révèle que ce vin qu'ils boivent est en fait du sang. Il est le sang de Jésus, qui va couler lors du même sacrifice sur la croix. Comme le pain, le sang perpétue l'alliance entre Dieu et les hommes, car il faut que les fautes humaines soient expiées. Jésus prend sur Lui les péchés des hommes, en acceptant d'être puni à leur place. En lavant les péchés des hommes, Jésus les réconcilie avec leur Père céleste. Lorsque les hommes mangeront du pain ainsi consacré comme corps du Christ, ils feront entrer Jésus en eux-mêmes. Alors Il continuera à vivre à travers eux.




La "salle d'en-haut" à Jérusalem, où se serait déroulée la Cène.
 La construction a été partiellement rebâtie
en chapelle au Moyen-Age.
(source: freestockphotos.com)



L'arrestation et le procès


        Le repas terminé, Jésus conduit les apôtres sur le mont des Oliviers situé à l'extérieur de la ville. Jésus se met à prier. Tandis que ses disciples s'endorment, Il commence à ressentir l'angoisse à cause de l'épreuve terrible qui l'attend. La tradition dira qu'il a pleuré du sang. Il s'adresse à son Père, lui demande de lui éviter cette mort affreuse sur la croix : "Père, éloigne de moi la coupe de cette épreuve ..." Mais Il se ravise, acceptant d'obéir à son Père plutôt qu'à sa propre volonté. Lorsqu'Il aperçoit ses amis profondément endormis, Il les réveille : "Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation." Plusieurs fois Il retourne à la prière, implorant d'être épargné d'un tel supplice, mais s'en remet cependant au désir de son Père.

        Lorsque le jour pointe à l'horizon, on entend l'approche d'une troupe d'hommes armés qui pénètre dans le jardin des Oliviers. Ils sont guidés par Judas Iscarioth, qui s'attend à trouver Jésus en ce lieu car Il a l'habitude de s'y rendre. Les hommes apparaissent et investissent le jardin. Jésus et ses apôtres sont encerclés.




Le jardin de Gethsémané sur le Mont des Oliviers.
(source: freestockphotos.com)


        A ce moment, Judas s'approche de Jésus et l'embrasse. Ce geste est le signe qu'il avait convenu de montrer aux gens d'armes, pour leur désigner la personne à arrêter. Celle-ci s'étonne : "C'est par un baiser que tu livres le Fils de l'Homme !" Jésus est immédiatement saisi et appréhendé. Il n'oppose aucune résistance. L'un des apôtres en revanche, essaye de le défendre en sortant une épée. Jésus l'en dissuade : "Celui qui prend le glaive, périra par le glaive."

        Jésus est enchaîné et traîné vers la ville, où ses geoliers le présentent au grand prêtre. Les prêtres s'entretiennent à son sujet, et cherchent un motif de condamnation. On l'interroge sur plusieurs déclarations qu'Il aurait faites. Es-tu le Fils de Dieu ? Jésus acquiesce. L'assemblée crie alors au blasphème. Cependant, d'après la loi, les prêtres du temple n'ont pas compétence pour prononcer une condamnation à mort. C'est du ressort du pouvoir romain. Il est alors convenu de transférer Jésus pour le faire comparaître devant le procurateur romain, Ponce Pilate.





Jésus arrêté est présenté à Ponce Pilate.
Enluminure extraite du Codex Rossano, VIe s., Italie.
(source : bugpowder.com/andy)


        Lorsque Jésus entre dans la forteresse et paraît devant Pilate, celui-ci est dubitatif. Qu'a donc fait cet homme de si grave, pour que les Juifs veuillent sa mort ? Il est accusé d'avoir fomenté une révolution religieuse, et d'avoir blasphémé. Devant l'administration romaine, ces arguments ne tiennent pas. Pourtant, les Juifs insistent et provoquent même le tumulte : ils veulent une condamnation à mort par crucifixion. Pilate toujours perplexe interroge Jésus. Es-tu le roi des Juifs ? D'abord silencieux, le prisonnier finit par répondre : "Je le suis. Mais Ma Royauté n'est pas de ce Monde. Et vous verrez les anges et les nuées du Ciel se soumettre devant le Trône éternel."

        Pilate, ne trouvant Jésus coupable de rien, tente de le faire libérer. Il évoque une vieille coutûme qui veut que les Romains, en signe de clémence, libèrent un prisonnier juif lors la période de la Pâque. Les Romains ont deux prisonniers, Jésus et un meurtrier nommé Barrabas. En présence de la foule, Pilate demande aux Juifs lequel des deux prisonniers ils préfèrent voir libérer. Le peuple crie sans hésitation : Barrabas ! Le procurateur pose une nouvelle fois la question, mais le nom de Barrabas est clamé de plus en plus fort.

        Pilate finit par céder sous la pression des Juifs, afin de les satisfaire. Il concluera en disant : "Je suis innocent du sang de cet homme. Je m'en lave les mains." Il fait alors libérer Barrabas, et prononce la sentence contre Jésus : mort par crucifixion.





Stèle romaine gravée au nom de Ponce Pilate, préfet de Judée.
Ruines de la ville de Césarée située au bord de la méditerranée.
 
(source : www.bible-history.com)


La Passion


        Dès lors que le jugement est rendu, les soldats romains chargés de l'exécution se saisissent à nouveau de Jésus et le raillent. Il est d'abord flagellé. Puis, par dérision, on le couvre d'un vêtement rouge et une couronne d'épines, puisqu'Il affirme être le roi des Juifs. Il est battu de verges et couvert de crachats. Ensuite on lui rend ses vêtements et on lui donne à porter une lourde planche de bois, qui servira pour la croix de la condamnation.




Le portement de croix. Enluminure de Jean Fouquet,
livre d'heures d'Etienne Chevalier, XVe s., France.

(source : classes.bnf.fr)


        Jésus est contraint de sortir de la ville en transportant lui-même le bois de sa croix. Un cortège se forme, ouvert par les soldats romains. On le conduit sur un promontoire aux portes de la ville, nommé Golgotha ou lieu du crâne. Sur le chemin, il porte péniblement son fardeau et tombe plusieurs fois. Parvenu à sa destination, le cortège s'arrête. Jésus est dépouillé de ses vêtements et attaché à la croix au moyen de clous qui percent ses mains et ses pieds. La croix est dressée verticalement avec le supplicié.





La crucifixion. Film de Francisco Zeffirelli,
"Jésus de Nazareth", 1977.

(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)


        A côté de Jésus, deux autres condamnés sont voués au même sort que Lui. La lente agonie durera plusieurs heures. Les condamnés ont le plus grand mal à respirer, ils sont forcés de se hisser, ce qui provoque en eux des douleurs atroces.

        La foule assiste au pénible spectacle, sous la surveillance des soldats. Ceux-ci récupèrent même les vêtements des condamnés, et tirent au sort pour avoir la tunique de Jésus. Devant Jésus, sa Mère Marie est présente, effondrée, ainsi que l'apôtre Jean. Jésus demande à Jean de prendre Marie chez lui désormais. D'autres spectateurs se moquent du condamné et l'insultent.




 
Jésus crucifié. Plaque émaillée du XIIIe s.
Musée municipal de l'Evéché, Limoges.

(source : www.culture.gouv.fr)


        En milieu d'après-midi, la terre se met soudain à trembler. Le ciel s'obscurcit. Le grand rideau du temple se déchire en deux. Jésus prononce ces dernières paroles : "Mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonné ?" Puis Il dit encore : "Entre Tes mains, Je remets mon esprit." Il pousse alors un grand cri, et rend l'âme.

        Après la mort de Jésus, quelques-uns de ses amis pensent à l'enterrer. On demande à Pilate l'autorisation de descendre le corps et de l'inhumer. L'ayant obtenue, un homme du nom de Joseph d'Arimathie se propose d'offrir sa tombe pour que Jésus puisse être inhumé. Il est donc descendu de sa croix, et déposé dans le caveau situé à proximité du calvaire.


La Résurrection de Jésus


        Le surlendemain de l'enterrement, trois femmes de l'entourage du défunt se rendent auprès de la tombe pour embaumer son corps. Le caveau ayant été fermé, elles se demandent en chemin qui les aidera à le rouvrir. Mais lorsqu'elles parviennent devant l'entrée, elles constatent avec surprise que la tombe est déjà ouverte, la pierre qui la fermait étant roulée sur le côté. Elles peuvent donc accéder facilement à l'intérieur.





Pierre roulée fermant une tombe en Israël.
(source : freestockphotos.com)


        En pénétrant dans le caveau, les trois femmes ne trouvent pas le corps de Jésus. A sa place, un linceul est posé à l'extrémité du lieu où on avait déposé la dépouille. En ressortant, elles aperçoivent un homme qu'elles croient être le jardinier. L'une d'elles, Marie de Magdala, interroge le personnage, mais tout de suite après elle reconnaît Jésus, vivant, qui lui parle. Totalement surprise, elle crie : "Maître !" et se jette aussitôt à ses pieds. Jésus demande alors de transmettre à tous la nouvelle de sa Résurrection.

        D'autres témoins affirment également avoir vu Jésus vivant après sa mort. Deux disciples originaires d'un village nommé Emmaüs quittent Jérusalem pour rentrer chez eux. Sur leur chemin ils sont rejoints par un voyageur inconnu. Celui-ci s'adresse à eux, et leur demande pourquoi ils ont l'air si tristes. Ils évoquent alors la condamnation à mort de leur Maître, Jésus de Nazareth. Alors l'homme reprend la parole, leur parle de la Bible, explique que l'évènement était prévu dans les écritures. Puis les voyageurs entrent dans un village, et s'arrêtent ensemble pour partager un repas dans une auberge. Alors l'homme mystérieux prend le pain, le rompt et le donne à ses compagnons. C'est à ce moment seulement qu'ils Le reconnaissent, Lui Jésus, grâce au geste de la fraction du pain. A cet instant précis, Il disparaît de leur vue. Les deux disciples, tout heureux, repartent immédiatement pour Jérusalem, afin d'annoncer l'incroyable nouvelle de sa Résurrection.


 

Le tombeau vide. Emplacement d'un corps dans la "Tombe du Jardin",
un caveau évoquant le tombeau du Christ, bien que plus ancien.

(source : freestockphotos.com)


        Jésus apparaîtra encore plusieurs fois, à tous les disciples réunis. La première fois, l'un d'entre eux est absent : c'est Thomas (ainsi que Judas qui s'est suicidé). Quelques jours plus tard, les onze étant de nouveau réunis et cette fois au complet, ils voient encore Jésus apparaître au milieu de la maison, pourtant verrouillée de l'intérieur. Mais Thomas est sceptique : "Tant que je ne mettrai pas ma main dans tes plaies, je ne croirai pas que tu es Jésus." Celui-ci l'invite alors à s'approcher, et à mettre précisément ses mains dans les blessures. A cet instant, Thomas se rend à l'évidence, et admet la réalité : "Mon Seigneur est mon Dieu !" Ce à quoi Jésus lui répond : "Thomas, tu as cru parce que tu as vu ; heureux seront ceux qui croient sans voir!"





Jésus ressuscité apparait à ses disciples.
Film de Francisco Zeffirelli, "Jésus de Nazareth", 1977.

(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)



L'Ascension

  
         Quelques temps plus tard, Jésus retrouve ses disciples un matin sur une rive du lac de Tibériade. Ils reviennent bredouilles d'une pêche nocturne infructueuse dans la barque de Pierre. Ils expliquent à Jésus qu'ils n'ont pris aucun poisson. Jésus s'embarque alors avec eux, et leur demande de jeter leurs filets. Ce qui est fait. Et très vite, les filets se remplissent. Si bien que pour les remonter dans la barque, ils sont trop lourds à hisser tellement il y a de poisson ! Ils doivent faire appel à l'équipage de la barque voisine, pour les aider à monter les filets. Lorsqu'ils parviennent sur le rivage, Jésus dit aux apôtres : "Venez déjeuner." Ils s'installent donc tous sur la rive, mangeant du poisson miraculeux fraîchement attrapé, en compagnie de Jésus ressuscité.

        Lorsque le repas est terminé, Jésus s'adresse à Pierre et lui demande : "Pierre, M'aimes-tu ?" Celui-ci répond par l'affirmative ; mais Jésus lui pose trois fois la question. Pierre approuve à chaque fois. Alors Jésus conclut en disant : "Pais mes brebis." Jésus explique alors qu'Il doit retourner maintenant vers son Père, et que donc ils ne le verront plus. En revanche, Il promet de leur envoyer l'Esprit-Saint, qui leur permettra de parler des merveilles de Dieu aux hommes de la Terre entière.

        Se trouvant avec eux à Jérusalem, Jésus commence à s'élever de terre dans une nuée, montant au Ciel pour rejoindre son Père. Les apôtres restent un moment à regarder au-dessus d'eux vers Celui qui s'est soustrait de leur regard. C'est alors que deux anges apparaissent, et leur disent : "Qu'avez-vous à regarder vers le ciel ? Jésus est retourné vers son Père ; ne le cherchez plus désormais, mais transmettez son message et instruisez les foules sur tout ce qu'Il a fait."




L'Ascension. Icône contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
        

La Pentecôte


        La suite de l'histoire des apôtres sans le Christ est inscrite dans le Livre des Actes des apôtres. Quelques jours après la Résurrection, les disciples de Jésus se trouvent tous réunis dans une maison de Jérusalem. Ils entendent soudain un grand bruit. Une grande flamme se fait voir au-dessous du plafond. Puis ce feu surnaturel se divise en plusieurs flammes, dont chacune vient se poser sur la tête d'un des apôtres.

        Aussitôt, les disciples sortent de l'habitation et se mettent à parler. A tous les passants qui avaient été attirés par le bruit, ils se mettent spontanément à discourir sur les oeuvres de Dieu. Les passants viennent à leur rencontre pour écouter. Bientôt une grande foule les entoure, y compris des étrangers. Des étrangers sont également présents, mais chacun comprend les paroles des apôtres dans sa propre langue.





La Pentecôte, ou Descente de l'Esprit-Saint.
Peinture contemporaine, Mexique.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        A partir de ce jour, les disciples ne vont pas cesser de parler. Dans le Temple où ils se retrouvent, ils expliquent l'action de Jésus, sa vie, ses oeuvres, son Amour pour tous les hommes. De nombreux témoins émus par leurs paroles, se convertissent à la foi en Jésus-Christ. A Jérusalem d'abord, puis dans toute la Palestine ensuite, on parle de Jésus, on fait des miracles, on se convertit, on se fait baptiser. Les convertis deviennent prédicateurs à leur tour, et parcourent bientôt les chemins de Palestine pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité, Fils du Dieu d'Amour, Messie et Sauveur des hommes.


Les premiers chrétiens


        La nouvelle foi est en pleine expansion, mais elle rencontre inévitablement des résistances. Les prêtres du temple, les membres du Sanhédrin (le Conseil du Judaïsme), interdisent que l'on parle de Jésus. Les païens, qui restent attachés à leur religion polythéiste, voient d'un mauvais oeil les progrès de la foi en Jésus, Fils d'un Dieu unique.

        Les disciples qui professent la nouvelle croyance se heurtent à une hostilité croissante. On veut les empêcher de s'exprimer, mais ils passent outre : "Ce n'est pas à vous que l'on obéit, c'est à Dieu !" répond Pierre à une injonction de se taire. Dans le Temple, les apôtres sont arrêtés plusieurs fois, puis relâchés. Un jeune converti, Etienne, est pris à parti dans une discussion avec des Juifs. Son discours n'ayant pas plu aux prêtres, Etienne est saisi et traîné hors de la ville. Le jeune homme est tué par lapidation. En mourant, il demande à Dieu de ne pas tenir compte de ce meurtre. Saint Etienne est le premier martyr connu du christianisme.


 

Le martyre de Saint Etienne. Enluminure. XVe s., Aragon, Espagne.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


 
        Après la mort d'Etienne, une vague d'arrestations se produit. Pour y échapper, beaucoup de nouveaux convertis quittent Jérusalem et se dispersent en Israël, où ils continuent à professer leur foi. A Jérusalem, Saint Pierre est arrêté et mis en prison, mais un ange vient briser ses chaînes et le délivrer. Paradoxalement, les chrétiens sont de plus en plus nombreux, alors même qu'ils sont combattus et persécutés.

        Au début, les conversions se produisent essentiellement parmi les Juifs. Cependant, Dieu intervient pour que le message soit adressé également à des "gentils". Alors que l'apôtre Pierre se trouve un jour sur une terrasse, il voit soudain descendre un drap céleste, rempli de victuailles. Comme il refuse d'en manger, une voix lui dit : "Ce que Dieu a déclaré pur, ne le considère pas comme impur !" Pierre interprètera plus tard cette vision, en comprenant que les non-juifs ne sont pas impurs, et qu'ils ont donc eux aussi le droit d'être convertis. Dès lors, l'église primitive s'étendra également à des hommes de toutes origines.


La vie et la conversion de Saint Paul


        Paul de Tarse, ou Saul, est un jeune citoyen romain d'origine juive. D'abord très hostile aux premiers chrétiens, Paul consacre toute son énergie à les poursuivre et à les arrêter. Il se rend un jour à Damas dans l'intention d'y arrêter des chrétiens. Sur le chemin, il est soudain aveuglé par une lumière céleste très intense, qui le fait tomber sur le sol. Dans son éblouissement, il entend au même instant une voix puissante, qui l'interroge sur son action. La voix s'identifie : elle est celle de Jésus, Celui-là même que Paul persécute. Lorsque la lumière s'efface, Paul se relève mais ne peut pas retrouver son chemin. Il est devenu aveugle.

        Le futur saint Paul reste plusieurs jours privé de l'usage de ses yeux. Cela dure jusqu'à ce qu'il prenne pleinement conscience de son erreur, et qu'il se convertisse à son tour au christianisme. Alors ses yeux s'ouvrent à nouveau et il recouvre la vision.

        Paul consacre désormais autant de fougue à professer la foi chrétienne qu'il en a mis à la combattre. Il va de ville en ville, parlant de Jésus-Christ à tous ceux qu'il rencontre. Paul sera l'un des évangélisateurs les plus actifs. Il effectue plusieurs voyages dans le pourtour méditerranéen, fondant des églises dans les villes les plus importantes. Il se rend ainsi à Antioche, Thessalonique, Athènes, Corinthe, Ephèse ...


        Rentré à Jérusalem à la fin d'un de ses voyages, Paul est arrêté par l'autorité romaine, à la suite d'une émeute provoquée contre lui dans le Temple. Le fauteur de troubles est jeté en prison, battu et interrogé. Apprenant que Paul est citoyen romain, le tribun n'ose plus le maltraiter. Une nuit, le prisonnier a alors une nouvelle vision, dans laquelle le Christ lui demande d'aller répandre la Parole à Rome. A son réveil, Paul demande à ses geôliers de comparaître devant César. Transmis d'autorité en autorité, Paul est finalement embarqué sur un navire à destination de Rome.

         Au cours de la traversée, le navire fait naufrage dans l'île de Malte ; cependant ses occupants, réconfortés par Paul, sont sains et saufs. Recueillis par les habitants, Paul et ses compagnons séjournent quelques temps dans l'île. Paul y accomplit des guérisons miraculeuses et convertit plusieurs Maltais. Mais bientôt un autre navire est affrêté, et l'expédition reprend son chemin jusqu'à Rome.




La conversion de Saint Paul.
Icône byzantine contemporaine, Grèce.
       
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)                            


        Parvenu à sa destination, Paul est mis en liberté surveillée. Il prend contact avec la communauté juive de la capitale, et commence à y enseigner l'Evangile. Le récit des Actes des Apôtres s'arrête là. On suppose que Paul finira sa vie à Rome, après y avoir passé quelques années.

 
Les Epîtres de Saint Paul


        Paul entretient une abondante correspondance avec les chrétiens des pays qu'il a évangélisés. Ses lettres, connues sous le nom d'épîtres, s'adressent aux communautés chrétiennes de chaque ville, ainsi qu'à des correspondants individuels. Elles contiennent des explications et des recommandations pour les nouveaux convertis.

        L'Epître aux Romains est écrite depuis Corinthe pour les premiers chrétiens de Rome. L'auteur développe le thème de la corruption des païens, mais de leur rachat possible par la foi. Jésus veut sauver tous les hommes ; Israël a chuté, mais il sera finalement sauvé.

        La Première Epître aux Corinthiens donne des informations sur les problèmes liés à la vie d'une église locale. Paul y expose entre autres des considérations sur la sagesse, le mariage, les dons sprituels, la manière d'enseigner, la résurrection des morts.

        La  Deuxième Epître aux Corinthiens met en garde ses correspondants contre toute dérive orgueilleuse, qui ne doit pas entacher le zèle qu'il trouve dans cette église. L'auteur parle aussi de ses voyages, des dangers encourus, tout en expliquant qu'il ne doit pas s'en glorifier.

       L'Epître aux Galates s'adresse aux chrétiens de Galatie en Asie Mineure. Paul dénonce vivement l'influence de certains activistes qui veulent les faire revenir au Judaïsme.    

        L'Epître aux Ephésiens est une courte synthèse de la pensée de Paul. Y sont évoqués le Salut par Jésus-Christ et le devoir d'unité des chrétiens.




Vestiges de la cité d'Ephèse en Asie Mineure,
l'une des villes évangélisées par Saint Paul.


      L'Epître aux Philippiens est écrite pour la ville macédonienne de Philippes, alors que Paul est en prison. Elle exhorte les Philippiens à mener une vie irréprochable.

        L'Epître aux Colossiens, destinée à l'église de Colosses en Asie Mineure, fait état des mystères liés à la divinité du Christ.

        La Première Epître aux Thessaloniciens encourage cette communauté macédonienne à persévérer dans la foi, la fraternité et la charité.

        La Deuxième Epître aux Thessaloniciens tente de répondre à ceux qui croient imminents la fin du monde et le futur retour glorieux du Christ.

        La Première Epître à Timothée est une lettre individuelle, dans laquelle Paul met en garde son jeune disciple contre les fausses doctrines ; Paul préconise en outre le respect dans les relations sociales.

        La Deuxième Epître à Timothée encourage le même destinataire à être toujours un témoin irréprochable du Christ, et à ne pas suivre les passions humaines.

        L'Epître à Tite est aussi une exhortation à la bonne conduite, pour les églises et les fidèles qui les composent.

        L'Epître à Philémon est une courte lettre demandant à ce qu'un esclave évadé, Onésime, soit chaleureusement accueilli.

         L'Epître aux Hébreux est adressée depuis Rome à des Juifs chrétiens demeurés en Israël. L'auteur insiste sur la suprématie de la personne de Jésus-Christ, seul prêtre sans péché. Il fait l'éloge de la Nouvelle Alliance et de la supériorité du nouveau culte. Il encourage enfin les croyants à persévérer dans la foi malgré les épreuves.


Les autres épîtres


        Saint Paul n'est pas le seul auteur dont les lettres ont été insérées dans la Bible ; on y trouve aussi des épîtres émanant d'autres disciples et apôtres.


        L'Epître de Saint Jacques, adressée par l'apôtre Jacques à des croyants dispersés, rappelle quelques conseils moraux à observer pour bien suivre la voie du Christ, et cite quelques fautes à éviter.

        La Première Epître de Saint Pierre fait allusion aux premières persécutions. Pierre invite au courage et à la constance durant l'épreuve.

        La Deuxième Epître de Saint Pierre appelle à la méfiance envers les faux docteurs et les impies ; car un jour viendra où ils obtiendront le châtiment qu'ils méritent.

        La Première Epître de Saint Jean invite les croyants à vivre fraternellement, comme enfants de Dieu dans la communion divine. Jean fait allusion à l'Antéchrist, qui doit venir pour tenter de disperser les âmes.

        La Deuxième Epître de Saint Jean est une courte lettre demandant de vivre dans l'Amour et de ne pas suivre l'Antéchrist.

        La Troisième Epître de Saint Jean s'adresse indirectement à deux personnages d'église ayant une conduite inopportune.

        L'Epître de Saint Jude, frère de Jacques, attire l'attention sur le danger que représentent des individus pervers infiltrés parmi les croyants.


L'Apocalypse de Saint Jean


        Le Livre de l'Apocalypse est sans doute le texte le plus mystérieux de la Bible. Il a été écrit par saint Jean l'évangéliste, alors qu'il séjournait dans l'île grecque de Patmos. Jean raconte qu'il a eu de nombreuses visions, au cours desquelles un ange lui a fait d'importantes révélations sous forme d'images symboliques. Ces images sont décrites en détail par l'auteur, mais leur signification reste énigmatique. Une succession de scènes fantastiques se déroulent sous ses yeux.

        Dans ces scènes étonnantes, saint Jean voit le Seigneur Dieu qui siège sur son Trône de Gloire. Autour de Lui, vingt-quatre vieillards se prosternent. L'Humanité est aussi rassemblée là, à ses pieds. Des anges sont présents autour du Trône Céleste. Alors Dieu se met à parler. Il cite les églises de différentes villes, à qui il reproche leurs manquements.




L'Apocalypse de Saint Jean. Une vision de Saint Jean.
Enluminure du livre de Beatus, XIe s., Allemagne.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Une autre vision montre un Agneau qui apparaît, symbolisant le Christ, agneau sacrifié sur la Croix. L'Agneau défait les différents sceaux de cire d'un grand Livre qu'on lui présente. A chaque sceau qu'Il défait, la vision d'un animal fabuleux se présente.




L'Apocalypse de Saint Jean. La chute des étoiles.
Enluminure du livre de Beatus, XIe s., Allemagne.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Dans une autre scène, on offre des trompettes à des anges qui se tiennent à côté du Trône. Chaque ange sonne de la trompette l'un après l'autre. A chaque nouvelle trompette qui sonne, une catastrophe terrible se déchaîne sur la Terre. Des animaux effrayants, des monstres terrifiants reçoivent provisoirement le pouvoir de nuire à l'Humanité. Le prince du mal, Satan, combat et veut abattre le Trône de Dieu. Il fait des prodiges, provoque des désastres terribles. Mais est finalement vaincu et rejeté en Enfer pour mille ans. Après cette durée, il est libéré, et part assiéger Jérusalem. Mais lui et son armée sont foudroyés, et retournent définitivement dans le royaume du mal.

        Le Livre s'achève par le règne de Dieu triomphant sur toute la Création. Les élus qui lui sont restés fidèles sont invités au grand repas de noces de l'Agneau avec Jérusalem, son épouse.




Le Christ en Majesté.
Icône attribuée à saint André Roublev, XVe s., Russie.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)






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