Le Nouveau Testament



        Au milieu du premier siècle avant notre ère, l’essentiel du Proche-Orient ancien tombe sous la domination de l'empire romain. En 63 avant Jésus-Christ, la ville de Jérusalem est prise par le général Pompée, et le royaume de Juda devient un Etat vassal de Rome.

        Le pays hébreu est néanmoins doté d’un roi d’origine édomite, Hérode le Grand, qui règne sur Juda (devenu la Judée) tout en étant soumis à Rome. Hérode rassemble sous son sceptre un vaste territoire, comparable à celui de l’ancien royaume d’Israël. Il fait entièrement reconstruire le Temple de Jérusalem qui avait été détruit au cours des guerres antérieures.

        L'enfant Jésus vient au monde sous le règne d’Hérode le Grand. A la mort de celui-ci en 4 av. J.-C, le pays est divisé en quatre « tétrarchies » confiées aux fils d’Hérode. Mais la Judée repasse bientôt sous contrôle direct de Rome, administrée par le préfet Ponce Pilate entre 26 et 36 de notre ère.

        Dans cette situation, une partie des Juifs aspirent à l'indépendance, comme le mouvement des zélotes qui opère des attentats contre l'armée d'occupation, sévèrement réprimés. L’autre attitude consiste à supporter le régime tout en maintenant le culte monothéiste. Cette tendance est illustrée par les prêtres, les pharisiens et les scribes qui entretiennent le Temple et font appliquer la loi juive.


Les quatre Evangiles


        Les quatre premiers livres du Nouveau Testament, les évangiles, relatent la vie et les actes de Jésus de Nazareth. A peu près identiques, ces textes sont l'oeuvre de quatre auteurs dont certains ont connu Jésus : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Matthieu est un ancien collecteur d'impôts, devenu l'un des douze apôtres du Christ. Marc fait partie de l'entourage des disciples, proche de saint Pierre et de saint Paul. Luc est un médecin grec qui fait partie des tout premiers chrétiens. Jean est vraisemblablement aussi l'un des douze apôtres. Les quatre livres ont été écrits quelques années après le ministère de Jésus.


Jean le Baptiste


        La mission de Jésus sera annoncée par un prophète, Jean le Baptiste, qui sera son contemporain et son précurseur. Jean est le fils du prêtre Zacharie et d’une cousine de la Vierge Marie nommée Elisabeth. Tandis que Zacharie assure son service dans le Temple, il est averti de la naissance de son fils par l’apparition d’un ange. Mais comme il se permet d’en douter, il est puni d’un mutisme temporaire.

Lorsque Elisabeth est enceinte de six mois, Marie vient lui rendre visite alors qu'elle-même attend déjà Jésus. A l’instant où les deux femmes se rencontrent, Elisabeth sent son enfant bouger, ce qu’elle interprète comme un signe perçu de la présence du futur Fils de Dieu.

        Le jour de l'accouchement d’Elisabeth, Zacharie encore muet inscrit le prénom qu’il a choisi pour l’enfant : il s'appellera Jean. A cet instant, Zacharie retrouve miraculeusement l'usage de la parole, et prononce une bénédiction en annonçant que l'enfant sera un prophète.

       Devenu adulte, le prophète Jean parcourt la région du fleuve Jourdain. Il vit dans le plus grand dénuement, habillé d'une simple peau de bête et se nourrissant des maigres produits du désert. Il déclare au peuple venu le visiter que l’avènement du Royaume de Dieu est imminent et qu’en conséquence chacun doit se repentir, purifier sa conscience et s'ouvrir à Dieu. Jean purifie symboliquement chaque personne en l'aspergeant d'eau du fleuve : c'est le baptême. Jean prépare la venue de l’homme qui vient de Dieu.





Vue de la rivière Jourdain, qui relie le lac de Tibériade à la Mer Morte.
(source: holylandnetwork.com)




       Le destin de Jean le Baptiste sera tragique. Dans ses discours, il apostrophe et dérange certaines personnalités de haut rang. C'est le cas du tétrarque de Galilée Hérode Antipas, à qui il reproche de vivre illégitimement avec Hérodiade, la femme de son frère. Cette accusation irrite sérieusement la famille régnante, et Jean finit par être arrêté. Cependant Hérode veut ménager son prisonnier, à la différence de sa maîtresse Hérodiade qui a moins de scrupules. Voulant la mort de Jean, elle use d'un stratagème pour l'obtenir. Au cours d'une fête, sa fille Salomé exécute en public une danse lascive. Hérode est séduit et promet à l'adolescente de lui accorder une faveur au choix. A l'instigation de sa mère, Salomé demande alors la tête de Jean-Baptiste. Piégé par la parole donnée, Hérode ordonne la décapitation du prisonnier.






Jean le Baptiste prêchant près du Jourdain.
Enluminure des frères Limbourg, XVe siècle, Belgique.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)




La naissance et la jeunesse de Jésus



        Dans le village de Nazareth en Galilée, la jeune vierge Marie est fiancée au charpentier Joseph. Le mariage est planifié, mais la future mère du Christ est témoin d'une apparition. L'ange Gabriel l'informe qu'elle sera bientôt enceinte d’un fils qui sera appellé Jésus. Même en étant vierge, Marie donnera naissance à un enfant venu de Dieu.






La Vierge Marie, Mère de Jésus, interprétée par Olivia Hussey.
 Film de Francisco Zeffirelli, "Jésus de Nazareth", 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)




        Marie est pourtant obligée de révéler à Joseph qu’elle est enceinte d'un enfant qui ne vient pas de lui. Joseph est atterré, mais peu après il est à son tour témoin d'une vision. L'ange l’informe que le futur fils de Marie ne vient pas des hommes, mais de Dieu, et qu'il sera un grand prophète et un grand roi.





L'Annonciation. Peinture contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Dès lors, le mariage prévu redevient possible et il est célébré quelques jours plus tard. Au terme de la grossesse de Marie, une contrainte administrative vient compliquer l’accouchement. L'empereur fait procéder à un recensement de population dans tout l'empire, obligeant chacun à se faire enregistrer sur son lieu de naissance. Joseph et Marie doivent se rendre à Bethléem en Judée, dont ils sont originaires. Les conditions du voyage sont difficiles à cause de la grossesse. Le couple arrive à Bethléem alors que l'accouchement est imminent. Les hôtelleries étant toutes complètes, Joseph et Marie s'installent à la hâte dans une étable. L'enfant Jésus vient au monde dans ces conditions précaires, au milieu de la paille et des mangeoires pour bestiaux.





        Lorsque Hérode réalise que les mages ne reviendront pas le voir, il entre dans une violente colère et prend une grave décision. Il donne l'ordre de passer au fil de l'épée tous les jeunes enfants mâles d'Israël. L’ordre est exécuté et les nouveaux-nés de tout le pays sont exterminés.






Bergers à Bethléem.
(source: www.bibleplaces.com)


        La famille de Jésus est prévenue du danger par un message divin que reçoit Joseph, leur conseillant de se rendre en Egypte pour mettre l'enfant à l'abri. Les parents de Jésus partent pour l'Egypte, et y restent jusqu'à ce que le cruel roi Hérode soit décédé. Alors ils rentrent en Israël et réintègrent leur village de Nazareth.






La fuite en Egypte.
Peinture de Bernard Brouillard, XXe s., France.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)




        On a peu d’informations sur la jeunesse de Jésus à Nazareth, sinon qu'il travaille comme charpentier aux côtés de son père. Un épisode est relaté alors que Jésus a environ douze ans. Lors du pélerinage annuel à Jérusalem, Joseph et Marie perdent de vue leur fils sur le chemin  du retour. Ils le retrouvent en ville, à l'intérieur du Temple, en train de s'entretenir avec les prêtres et de mettre leur érudition en difficulté. Jésus se justifie en déclarant s'occuper des affaires de son Père ...





Jésus au milieu des docteurs du Temple.
Enluminure.
(source :
sandamiano.centerblog.net
)



Episodes de la vie publique de Jésus-Christ


        L'un des premiers évènements connus de la vie de Jésus adulte est celui de son baptème. Il se rend auprès de Jean-Baptiste près du fleuve Jourdain et demande le baptême, ce qui étonne Jean : ce serait plutôt l'inverse qu'il faudrait faire ! Mais Jésus insiste et se fait baptiser par Jean. Lorsque Jésus sort du fleuve, une colombe se pose sur sa tête et une voix puissante retentit : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le". Jésus s’éloigne sous les yeux des témoins étonnés de la scène.



 


Le baptême de Jésus. Enluminure.
Musée arménien d'Ispahan, Iran.
(source: perso.wanadoo.fr/
maurice.lamouroux)



        Jésus se retire dans le désert où il demeure pendant quarante jours, préparant sa mission dans la solitude et la prière. Il est alors approché par le démon qui le tente en lui présentant toutes sortes de pièges. Nourriture miraculeuse, pouvoir et richesse, tentative de saut dans le vide : Jésus les rejette systématiquement. Tandis que le malin s'éloigne, des anges viennent honorer celui qui a résisté aux tentations.

        A l’issue de sa retraite au désert, Jésus retourne à la vie publique et choisit quelques personnes pour l'accompagner dans sa mission. Les apôtres sont au nombre de douze et comptent des proches cousins, des amis et des personnes rencontrées en chemin. Jésus et ses compagnons parcourent la Terre sainte de village en village, annonçant à leurs habitants la venue prochaine du Royaume de Dieu.

       Jésus traverse aussi la région de Samarie, réputée hostile au peuple juif. Faisant halte près d'un puits, il rencontre une femme du pays venue y puiser de l'eau. Jésus lui parle d’une autre sorte d’eau susceptible de désaltérer pour toujours. La femme se montre intéressée, mais Jésus devine la réalité de sa vie dissolue. Alors elle comprend que Jésus est un prophète, elle exprime sa foi et son attente d'un Messie. Et Jésus de révéler que le Messie n'est autre que lui-même.

        La Samaritaine émue retourne dans son village pour témoigner de sa rencontre. Les habitants la suivent et accueillent Jésus durant plusieurs jours.








Jésus et la Samaritaine.
Peinture de Jean de Flandres, XVIe s.
(source: spiritualite-chretienne.com)



        Au cours de son ministère itinérant, Jésus se rend près du lac de Tibériade où l'apôtre Simon a exercé le métier de pêcheur. Devant une foule nombreuse, il monte dans une barque et s'éloigne de quelques mètres pour s’adresser au peuple présent sur la rive. Il enseigne sa spiritualité à la foule, au moyen de paraboles dont la nature symbolique révèle la signification.







Barque de pêche évoquant celle de Pierre.
Reconstitution s'inspirant d'une ancienne épave.
(source: bibleplaces.com)



        Jésus prêche l’humilité, la bienveillance et la générosité envers les personnes défavorisées qu’il veut tirer de la détresse et du désespoir. Depuis le sommet d’une colline, il adresse à la foule des paroles qui seront appelées les Béatitudes :



Les Béatitudes. Icône contemporaine.
(source : http://sfswedenborgian.org).

"Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux, car ils auront la Terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font régner la paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux".




        Il ajoute que les témoins qui seront persécutés en son nom seront bénis de Dieu et largement récompensés, tout comme les prophètes qui furent maltraités dans le passé.



La pratique religieuse


        Les apôtres ayant reconnu ne pas savoir prier, Jésus leur transmet le texte du Notre Père :

        "Notre père, qui es aux cieux,
        Que Ton Nom soit sanctifié,
        Que Ton Règne vienne,
        Que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel.
        Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien,
        Pardonne-nous nos offenses,
        Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé,
        Et ne nous soumets pas à la tentation,
        Mais délivre-nous du mal."

        Jésus conseille d'insister dans la prière sans se décourager. Car si personne n’aurait l'idée de nourrir ses enfants avec des pierres, à plus forte raison le Père bienveillant pourvoira-t-il aux besoins humains. Dieu ne nourrit-il pas les oiseaux ? Plutôt que de s’inquiéter des biens matériels, on recherchera d’abord la justice et le reste viendra en sus.


Les miracles de Jésus


        L’un des premiers miracles rapportés dans les évangiles est celui des noces de Cana, du nom d'un village où Jésus est invité à un repas de noces. Au cours du dîner, on apprend que la réserve de vin est épuisée. Jésus conseille alors aux servants de mettre de l'eau dans les cruches à vin. Les serviteurs s'exécutent, et constatent aussitôt que l'eau s'est transformée en vin. La fête peut continuer, et les invités remarquer que le vin de meilleure qualité a été gardé pour la fin !


 
 

Le miracle des noces de Cana..
Peinture de Duccio di Buonning Cegna , XVIe s., Italie.







La multiplication des pains. Icône byzantine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)
        Jésus s'adresse quotidiennement à la foule, de plus en plus nombreuse à le suivre pour entendre ses paroles. Un jour il l'emmène loin de ses habitations. En fin de journée, les apôtres réalisent qu'il faut renvoyer le peuple ou bien la nourrir sur place. N'ayant que très peu de pain et de poisson, les disciples s'en inquiètent auprès de leur maître. Celui-ci leur demande de nourrir les gens à partir de ce maigre reste.

        Mais le miracle se produit : des paniers entiers remplis de pain et de poisson sont distribués à la foule. La population ce jour-là compte au moins cinq mille personnes, et la nourriture est plus que suffisante. Il reste en fin de repas douze corbeilles pleines de nourriture en excès.








        Jésus accomplit aussi et surtout des miracles de guérison. On lui présente constamment des personnes atteintes de toutes sortes de pathologies et d'infirmités : paralysie, lèpre, épilepsie, surdité, mutisme, cécité, possession du démon. Il les guérit systématiquement, devant une foule toujours plus exaltée.

        Il ressuscite quelquefois des personnes récemment décédées. Dans une scène fameuse, Jésus se rend au tombeau de son ami Lazare de Béthanie qui vient de mourir. Ayant fait réouvrir le sépulcre, il appelle le défunt d'une voix forte. Lazare se lève et sort du caveau, son corps entouré de bandelettes. Ainsi, la résurrection d'un mort illustre l'une de ses paroles : "Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, celui-là vivra".







La résurrection de Lazare. Icône contemporaine.
(
source : ecriture-icones.fr)



        Les guérisons miraculeuses se multiplient, et partout où Jésus passe on lui présente des malades et des infirmes. Alors qu'il se trouve dans une maison dont l'entrée est encombrée par la foule, deux brancardiers transportant un paralytique tentent de s'en approcher. Les porteurs n'hésitent pas à démonter la toiture pour descendre le paralysé à l'intérieur ! Alors que les gens protestent, Jésus déclare à la personne handicapée que ses péchés sont pardonnés, puis lui ordonne de se lever. L'infirme se dresse sur ses pieds et parvient à marcher. L'assemblée stupéfaite reconnaît n'avoir jamais rien vu de pareil.

        En se déplaçant sur un chemin, Jésus rencontre un groupe de dix lépreux qui lui demandent de les délivrer de leur maladie. Il les envoie simplement se laver dans le bassin de Siloé, et ils en ressortent en parfaite santé. Mais Jésus s’étonne qu’un seul d'entre eux ne vienne le remercier. Le seul qui lui exprime sa reconnaissance reçoit sa bénédiction.





La guérison du paralytique.
Mosaïque de la basilique de Ravenne, Ve s.
(source: rouen.catholique.fr)


        Les miracles s’appliquent aussi à des affections non identifiées dont les victimes sont dites « possédées du démon ». Jésus croise ainsi sur une route deux hommes ayant un aspect effrayant. « Légion » est leur nom, ce qui signifie que les démons qui les habitent sont très nombreux. Les esprits mauvais sortent alors et atteignent un troupeau de porcs, qui se jette aussitôt dans un précipice ... Les deux hommes retrouvent un aspect calme et serein.

        Les guérisons miraculeuses ne sont pas réservées aux seuls Juifs. Un centurion romain vient un jour demander à Jésus la guérison d’un serviteur. L'officier explique modestement qu'il suffit sans doute à Jésus de prononcer une phrase sans se déplacer pour que la guérison ait lieu. Jésus admire sa grande foi, et à cet instant le serviteur est délivré de sa maladie.



Jésus marche sur l'eau. Icône contemporaine.
(source : pinterest.com/hennymazurel)



        Jésus réalise aussi des miracles sur les éléments naturels. Un jour où l'apôtre Pierre et ses compagnons naviguent en barque sur le lac de Tibériade, ils aperçoivent à quelque distance Jésus qui se tient debout sur les flots. Effrayés, les disciples sont rassurés par Jésus lui-même qui les appelle. Alors Pierre tente de le rejoindre, et s’engage en marchant lui aussi sur le lac. Mais bientôt il perd courage et s'enfonce. Jésus lui tend la main en expliquant qu'il a sombré parce qu'il n'avait pas assez de foi ...

        Lors d’une autre traversée, Jésus est endormi dans la barque de Pierre tandis que ses occupants font face à une violente tempête. Réveillé par l'un des apôtres angoissé, Jésus étend la main et ordonne à la tempête de se calmer. Aussitôt le vent tombe et les vagues s'aplatissent net. Ses compagnons se demandent alors en eux-mêmes : qui est celui-ci, à qui même le vent et la mer obéissent ?







La tempête apaisée. Enluminure.
Evangéliaire d'Echternach, XIe s., Allemagne.
(source : perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)




       Jésus emmène trois de ses disciples au sommet une haute montagne, sur laquelle il se montre sous une forme inhabituelle. Ses vêtements et son corps prennnent soudain un aspect resplendissant. Les apôtres impressionnés aperçoivent également deux autres personnages, qu'ils identifient aux prophètes Moïse et Elie. Pierre propose à Jésus de dresser trois tentes pour accueillir ces illustres visiteurs. Mais la vision prend fin, les prophètes disparaissent et Jésus retrouve son aspect habituel. Il demande alors à ses compagnons de rester discret à propos de cette Transfiguration.






La Transfiguration. Enluminure.
Evangile de Trezibonde, XIe s., Italie.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



Les paraboles



       La spiritualité de Jésus s’exprime souvent de façon imagée à travers des paraboles. Celle du bon pasteur, par exemple, met en scène un berger qui a perdu une brebis de son troupeau. Inquiet, il laisse le reste du troupeau dans l'enclos et part à sa recherche. Lorsqu’il la retrouve, il est au comble du bonheur car la vie d'une seule brebis est précieuse à ses yeux. Pareillement, le devenir de toute personne a une grande importance devant Dieu qui désire qu'aucune âme ne soit perdue.






La parabole du bon pasteur.
Icône contemporaine, Etats-Unis.

  (source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        La parabole du bon Samaritain est l'histoire d'un voyageur violemment agressé et dépouillé sur une route. Laissé sans connaissance au bord du chemin, il est dépassé par plusieurs personnes indifférentes à son sort. Le seul passant qui lui porte assistance est un Samaritain, qui transporte la victime jusqu'à une auberge et prend même en charge les frais médicaux. Jésus montre le dévouement de ce Samaritain comme le modèle d'une conduite exemplaire.

        Celle de l'enfant prodigue met en scène un adolescent qui s’échappe de la maison de son père et part vers un pays lointain. Il dépense là-bas tout son argent dans une vie de débauche. Se trouvant bientôt sans ressources, il n'a pas d'autre choix que de rentrer chez son père. A son retour, celui-ci organise une grande fête en l'honneur du fils retrouvé. Voyant cela, son autre fils est pris de jalousie, mais son père lui explique qu'il tient à marquer les retrouvailles car sa famille est de nouveau réunie.





La parabole du bon Samaritain.
Peinture contemporaine de Anne de Vries, Pays-Bas.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)




La parabole de l'enfant prodigue.
Peinture contemporaine de soeur Sainte-Anne, Afrique.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



         Une autre parabole toute simple est celle du grain de sénevé. Si le minuscule grain d'une plante est mis en terre, il germe pour devenir un arbre immense dans lequel les oiseaux viennent s’abriter. De cette image symbolique, il ressort qu'un minimum de foi peut se développer jusqu'à permettre la réalisation de grandes oeuvres.

        Jésus prend encore l'image d'un figuier stérile. Dans le verger fertile d'un cultivateur, un seul arbre ne donne pas de fruit. L'idée vient alors au propriétaire de couper l'arbre qui occupe inutilement de la place et qui épuise le sol. Mais son serviteur lui donne un autre conseil. Avant de le supprimer, il suggère de tout tenter afin de le faire produire : rajouter de l'engrais, lui bêcher le pied et l'arroser davantage. S‘il ne donne toujours rien alors qu'on a fait le maximum pour l'y aider, alors seulement on le coupera.

        L'histoire des servantes vierges est celle de dix femmes chargées de veiller en attendant le retour de leur maître, sans connaître l'heure où il viendra. Lorsqu'il rentre enfin, il trouve la moitié d'entre elles endormies. Ces vierges négligentes sont alors condamnées. Il en va ainsi de la destinée humaine : chacun doit être toujours prêt à faire face à l'échéance ultime.






Jésus parle à la foule. Peinture contemporaine
 de Carme Sole Vendrell, XXe s., France.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



        Citons encore l'image d'un cultivateur qui sort pour ensemencer son champ. Les grains qu'il jette peuvent tomber dans le champ où ils pousseront correctement, mais aussi sur le chemin où il seront consommés, dans les buissons où ils seront étouffés et dans les rochers où ils seront desséchés. Ainsi, la parole de Dieu transmise aux hommes peut tomber sur un terrain favorable ou défavorable, selon si ceux qui l’entendent sont prêts à la recevoir ou non.

        Un riche père de famille prépare le mariage de son fils en organisant une grande fête, à laquelle tous ses amis sont conviés. Pourtant, ceux-ci déclinent tous l'invitation sous des prétextes futiles. Déçu, le maître se met alors en colère : puisque les invités refusent de venir, il charge ses serviteurs d'aller chercher tous les mendiants et les estropiés qu'ils trouveront, afin de les remplacer. Et aucun des invités initiaux ne partagera le repas de noces.

        Jésus conte aussi l'histoire du propriétaire d'une vigne qui confie sa plantation à ses serviteurs. Ayant quitté le pays, il envoie un émissaire prendre des nouvelles du domaine. Mais voyant arriver le messager, les serviteurs se jettent sur lui et le tuent. Apprenant cela, le maître envoie alors son fils comme nouvel émissaire, espérant que lui au moins sera respecté ; il est tué pareillement. A son retour, le propriétaire fait alors arrêter et condamner les vignerons homicides qui ont agi en insensés. On peut y voir une comparaison avec le Dieu d'Israël, qui a envoyé auprès de son peuple ses prophètes, puis son Fils : au lieu d'être écoutés, ils ont été persécutés.




 

La parabole des vignerons homicides. Enluminure extraite
du Speculum humanae salvationis, XVe s., France.

(source : bibliothèque municipale de Lyon)


        Il faut encore évoquer la parabole du riche propriétaire qui confie sa fortune à trois serviteurs, et les charge d'investir l'argent pour qu'il rapporte un intérêt. Ayant quitté le pays, il revient quelques mois plus tard et fait le point sur les gains obtenus. Les deux premiers serviteurs ont fait fructifier leur argent et sont récompensés en proportion. Le troisième rend l’argent tel quel à son maître, sans l’avoir placé, et lui reproche en outre d'être dur et impérieux. Le maître chasse alors ce serviteur qui n'a fait aucun effort pour valoriser le capital confié.

        On rapportera enfin l'histoire d'un roi qui fait ses comptes avec ses fonctionnaires. L'un d’eux étant très endetté, le roi menace de le mettre en prison, mais il se ravise en voyant la détresse du serviteur. Il va même jusqu'à annuler sa dette. Le serviteur sort du palais et rencontre un ami qui lui doit un peu d'argent. Réclamant son dû, il se montre intraitable et lui intente un procès. Cette affaire parvient aux oreilles du roi qui le convoque à nouveau, surpris de cette intransigeance. Puisque le serviteur a été sans pitié, sa dette ne sera finalement pas annulée. Le Juge suprême traitera chacun comme il aura traité ses semblables.


Une morale chrétienne


       La morale tient une place importante et originale dans l'enseignement de Jésus-Christ. Il donne à ses disciples un nouveau commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Jésus est attentif à la détresse humaine des personnes les plus défavorisées : malades, personnes sans ressources, handicapés, victimes de toutes sortes de fléaux. Le premier devoir de chaque personne est de pratiquer la bienveillance et la générosité envers les personnes en difficulté.

        Jésus conseille également d’éviter les conflits en toutes circonstances, de ne pas être rancunier au point d’accepter d’être une victime. Le fait de tendre la joue gauche si l’on est frappé sur la droite, ou de se laisser dépouiller de sa bourse jusqu’à donner son manteau, peuvent être des formes de non-violence et de don.






Jésus de Nazareth, interprété par Robert Powell.
Film de Francisco Zeffirelli, 1977.
(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)

        Car il est vain de vouloir combattre le mal par le mal. Celui-ci ne peut être éliminé que par le bien. Dieu nous invite donc à ménager ceux qui nous persécutent et à aimer ceux qui nous haïssent. En effet, quel mérite aurait-on de n'aimer que ses amis ? On aimera son prochain en considérant à la fois ses amis et ses ennemis.

         Les hommes n’ont pas besoin de se juger entre eux. Dieu est le seul juge, et jugera chacun de la manière dont il aura jugé ses semblables. Ne faisons pas à autrui ce que l'on ne voudrait pas que l'on fasse à nous-mêmes.       

        On s’abstiendra également de toute forme de reproche, car chacun a ses propres défauts. Celui en effet qui fait remarquer à son frère qu'il a une paille dans son oeil ne réalise pas qu’il a une poutre dans le sien ! Un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle.





        Les apôtres questionnent Jésus sur la notion de pardon, car il est préconisé à chacun de pardonner en cas d'offense. Si quelqu'un nous fait du tort plusieurs fois de suite, combien de fois devra-t-on lui pardonner ? Non pas sept fois, mais soixante-dix-sept fois sept fois.

        Il faut aussi savoir rester humble. En se penchant sur des enfants qui l'entourent, Jésus déclare qu’il est nécessaire d’avoir un coeur d'enfant pour entrer dans le royaume de Dieu.

        En matière de moeurs, la morale est plutôt stricte. Le divorce n'est pas reconnu par Jésus. Pourtant, lui fait-on remarquer, Moïse n’a-t-il pas permis de divorcer ? Jésus explique que Moïse n’a autorisé le divorce qu’à cause de la dureté du coeur humain. En réalité, deux personnes unies par le mariage ne font plus qu'une devant Dieu. Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! Tout homme divorcé qui épouse une seconde femme commet un adultère vis-à-vis de la première.



Révélations messianiques


        Pour Jésus, le plus important des commandements divins est celui-ci : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de toute ta force et de toute ton âme ». Le second est presque aussi important : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». De ces deux commandements, tous les autres sont issus.

        Jésus commente un jour les opinions que les hommes se font de lui, la plupart le considérant comme un prophète. Lorsqu’il demande aux apôtres leur avis, Simon déclare que Jésus est le messie et le fils du Dieu vivant. Jésus approuve, et déclare que c'est le Père céleste qui a inspiré cette réponse. De ce fait, Simon s'appellera désormais Pierre, et c’est sur cette pierre que se construira son Eglise. Celle-ci sera protégée des forces du mal durant les siècles à venir.

       Mais Jésus annonce qu’il devra d’abord subir une terrible épreuve. A Jérusalem, il sera arrêté et condamné à mourir dans de terribles conditions. Surpris, Pierre veut l'en dissuader mais Jésus le reprend sévèrement : cette fois, dit-il, c'est le démon qui a parlé. Jésus évoquera plusieurs fois le tragique destin qui l’attend. Mais trois jours après sa mort, il ressuscitera.





Jésus et les douze apôtres. Peinture contemporaine
de
© Ed de Guzman, Philippines.
(source : touchtalent.com)




        Jésus parle encore de sa relation au divin. Etant le fils de Dieu qui s'est fait homme, il existait avant la création du Monde, et à la fin des temps il siègera à la droite du Père comme roi de l'Univers.

        Il fait encore des prophéties sur le futur. Un jour viendra où la ville sainte sera investie et cernée de toutes parts. Ce jour-là, ses habitants devront se réfugier dans les montagnes car la ville succombera aux assauts des païens. Le Temple sera détruit et il n'en restera pas deux pierres l'une sur l'autre.

        Un temps viendra aussi où le Fils de l'Homme, c'est-à-dire Jésus, fera un retour triomphal sur la terre. Mais l’humanité traversera d’abord une grande tribulation, une épreuve jamais subie encore sur terre. Le ciel s'obscurcira, la lune perdra sa clarté et de faux prophètes opèreront des prodiges. Après ces jours sombres, le Fils de Dieu apparaîtra dans la gloire. Les trompettes célestes sonneront et les anges rassembleront toutes les âmes. Seul le Père connaît le jour et l'heure où ces évènements se produiront.

        Au jour du Jugement dernier, le Fils de l'Homme siègera à droite du Père céleste, dominant d’un côté les élus et de l’autre les damnés. Aux élus il dira qu'ils lui ont porté secours dans sa détresse, et aux damnés il reprochera de ne pas l'avoir fait. Les uns et les autres demanderont quand cela sera arrivé ; en réalité, tout le bien ou le mal qu’ils auront fait au plus faible d’entre eux, c’est au Christ lui-même qu’ils l’auront fait.






Le Jugement dernier. Icône contemporaine.
  (source : stmaterne.blogspot.fr)




L'entrée à Jérusalem


        Tout en parcourant le territoire d'Israël, Jésus et ses disciples se rapprochent de Jérusalem peu avant la date de la Pâque juive. Ils dînent un soir dans le village voisin de Béthanie. Au cours du repas, une femme verse sur sa tête un peu d'huile précieuse. Les apôtres auraient préféré que l’on vende cette huile pour nourrir des pauvres. Mais Jésus les reprend : le geste de cette femme est légitime et unique, alors que l'occasion de nourrir les pauvres se présentera toujours.

        Quelques jours plus tard, Jésus fait son entrée dans Jérusalem. Il y apparaît monté sur un âne, tandis que la foule lui fait une ovation. La population étend des manteaux sur son chemin, agite des rameaux d'olivier et chante en bénissant le fils de David qui vient au nom du Seigneur. Le Christ pénètre dans la ville juché sur un âne, comme il est écrit dans les livres de l'Ancien Testament.






L'entrée de Jésus à Jérusalem. Enluminure.
Evangéliaire d'Othon III, XIe s., Allemagne.

(source: perso.wanadoo.fr/
maurice.lamouroux)



         A Jérusalem, Jésus se rend au Temple bâti par Hérode le Grand, dans la cour duquel se tient un marché où l'on vend des articles de sacrifice. Jésus s'en prend brutalement aux marchands, affirmant que le Temple de Dieu n’est pas un lieu de commerce mais de prière. Il détruit les étalages et chasse les commerçants, se plaignant que la maison de son Père est devenue un repaire de brigands.





Le Temple de Jérusalem, construit par Hérode le Grand
et aujourd'hui détruit. Maquette réduite actuelle.

  (source: bibleplaces.com)



       Jésus donne son enseignement dans le Temple, entouré du auditoire attentif. Mais il se heurte à l'incompréhension des prêtres et des scribes, qui n'ont pas la même conception que lui de la pratique religieuse. Lui-même leur fait de graves reproches, déclarant que ce sont des hypocrites et des aveugles qui égarent la communauté des fidèles. De leur côté les prêtres et les docteurs crient au blasphème. Le différend se creuse, et on cherche dès lors à lui tendre des pièges afin de pouvoir l'arrêter.

        Dans cet esprit, une femme coupable d'infidélité conjugale lui est présentée. Selon la loi hébraïque, cette faute mérite la mort par lapidation. Jésus est interrogé : faut-il la lapider ? Par une célèbre réplique, il recommande que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre. Entendant cela, aucun des accusateurs n’ose la lapider et Jésus ne la condamne pas non plus.




 

Le Christ et la femme adultère.
Peinture anonyme contemporaine, Chine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)



Le complot

        Les prêtres, les pharisiens, les docteurs et les scribes du Temple deviennent plus en plus hostiles à Jésus, à cause de son ascendant sur les foules et de leur désaccord sur certains principes. Un complot se met en place dans l’objectif de le faire condamner à mort.

         Pour faire arrêter Jésus, il faut d'abord une raison officielle : on pourra l'accuser de blasphème ou de trouble à l'ordre public. Il faudra aussi l'identifier à coup sûr, sans risque d'erreur sur la personne. A cette fin ils s’assurent du concours de l'un des apôtres, Judas Iscarioth, en échange d’une forte récompense.


La Cène


        L'arrestation se prépare pour la semaine qui précède la Pâque juive. Jésus est au courant de ce qui se trame. Le jeudi soir, veille de son arrestation, il réunit ses disciples pour fêter la Pâque en leur compagnie. Il leur révèle que ce repas est pour lui le dernier car son arrestation est imminente. Il les informe aussi que l'un des douze apôtres le livrera aux bourreaux. A ce moment, Judas se lève et quitte les lieux.





La Cène. Peinture de Coburn, XXe s., Australie.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)


        

        Le dernier repas du Christ, la Cène, est un moment angoissant. Il deviendra très important pour les chrétiens car il est à l'origine de la messe. Au cours de ce repas, Jésus partage le pain et le donne aux apôtres. En le distribuant, il explique que ce pain n'est pas du pain ordinaire, mais qu'en réalité c'est son corps qu'ils vont manger. Car son corps va être donné aux hommes comme sacrifice, en réparation des fautes de l'humanité. Le corps du Christ renouvelle l'Alliance que Dieu fit jadis avec le peuple hébreu. Jésus leur demande de perpétuer cet évènement.

        Jésus présente ensuite la coupe de vin et en fait boire les apôtres. Il leur révèle que ce vin est son propre sang, qui va couler lors du même sacrifice sur la croix. Comme le pain, il perpétue l'alliance entre Dieu et les hommes, afin que les fautes humaines soient expiées. Jésus prend sur lui les péchés des hommes en acceptant d'être puni à leur place. En lavant ainsi leurs péchés, Jésus les réconcilie avec leur Père céleste. Ceux qui consommeront du pain et du vin ainsi consacrés feront entrer Jésus en eux-mêmes, de sorte qu’il continuera à vivre à travers eux.






La salle de Jérusalem où se serait déroulée la Cène.
 La construction a été partiellement rebâtie
en chapelle au Moyen-Age.
(source: freestockphotos.com)




L'arrestation et le procès


        Le repas terminé, Jésus conduit les apôtres sur le mont des Oliviers situé en-dehors de la ville. Jésus se met en prière, et tandis que ses disciples s'endorment il commence à ressentir l'angoisse de la terrible mort qui l'attend. La tradition dira qu'il a pleuré du sang. Il demande à son Père de lui éviter cette mort affreuse, mais il se ravise en acceptant de lui obéir. Voyant ses amis profondément endormis, il les réveille afin qu’ils prient et n’entrent pas en tentation. Sa prière dure toute la nuit, dans l'appréhension de l'épreuve et le désespoir.






Le jardin de Gethsémané sur le Mont des Oliviers.
(source: freestockphotos.com)



        Au lever du jour, une troupe d'hommes armés pénètre dans le jardin des Oliviers. Ils sont guidés par Judas Iscarioth, qui les dirige vers le lieu où se tiennent Jésus et ses apôtres. Judas s'approche de Jésus et l'embrasse, selon un geste convenu à l’avance pour le désigner. Celui-ci s'étonne d’être livré par un baiser. Jésus est saisi sans opposer de résistance. L'un des apôtres sort pourtant son épée, mais Jésus l'en dissuade, déclarant que celui qui prend le glaive périra par le glaive.

        Le prisonnier est conduit sous bonne garde chez le grand prêtre du Temple, où s’est réuni le conseil des prêtres appelé le Sanhédrin. Celui-ci examine son cas et cherche un motif de condamnation. On l'interroge sur plusieurs déclarations qu'il aurait faites. Est-il le fils de Dieu ? A-t-il prédit la destruction du Temple ? Jésus acquiesce. L'assemblée crie alors au blasphème et réclame sa mort. Cependant les prêtres n'ont pas le pouvoir de prononcer la peine capitale, qui est du ressort de l’autorité romaine. L’accusé devra comparaître devant le gouverneur Ponce Pilate.






Jésus est présenté à Ponce Pilate.
Enluminure extraite du Codex Rossano, VIe s., Italie.
(source : bugpowder.com/andy)
       


        Lorsque Jésus entre dans la forteresse où il est présenté à Pilate, celui-ci est dubitatif. Qu'a donc fait cet homme pour que les Juifs veuillent le punir de mort ? Il est accusé d'avoir blasphémé et de s’être prétendu roi des Juifs. Aux yeux de l'administrateur romain, ces arguments ne tiennent pas. Mais les Juifs insistent et exigent une condamnation à mort par crucifixion. Pilate toujours perplexe interroge Jésus sur son statut de roi des Juifs. D'abord silencieux, le prisonnier répond que sa royauté n'est pas de ce monde, car sinon ses armées auraient combattu pour lui.

        Trouvant l’accusé innocent, Pilate tente de le sauver en évoquant une habitude qu’avaient les Romains de libérer un prisonnier au moment de la Pâque. Pilate demande à la foule de choisir entre Jésus et un meurtrier nommé Barrabas, également prisonnier. Le peuple réclame sans hésitation la liberté pour Barrabas. Devant les hésitations du gouverneur, le nom de Barrabas est clamé de plus en plus fort.

        Pilate finit par céder sous la pression des Juifs afin de les satisfaire. Il conclut en se disant innocent du sang de cet homme, et en s’en lavant les mains. Il fait donc libérer Barrabas et prononce contre Jésus la peine de mort par crucifixion.






Stèle romaine gravée au nom de Ponce Pilate, préfet de Judée.
Ruines de Césarée maritime.
 
(source : www.bible-history.com).



La Passion


        Dès lors que le jugement est rendu, les soldats romains chargés de l'exécution se saisissent à nouveau de Jésus et le maltraitent. Il est d'abord flagellé, puis couvert par dérision d'un vêtement rouge et une couronne d'épines, puisqu'il affirme être le roi des Juifs. Il est battu de verges et couvert de crachats. Ensuite on lui rend ses vêtements et on lui donne à porter une lourde planche de bois, qui servira de croix pour son exécution.






Le portement de croix. Enluminure de Jean Fouquet,
livre d'heures d'Etienne Chevalier, XVe s.

(source : classes.bnf.fr).



        Jésus est contraint de sortir de la ville en transportant lui-même le bois de la croix. Un cortège se forme, ouvert par les soldats romains qui le conduisent sur un promontoire aux portes de la ville, nommé Golgotha ou lieu du crâne. Sur le chemin, il porte péniblement son fardeau et tombe plusieurs fois. Parvenu à destination, Jésus est dépouillé de ses vêtements et fixé à la croix au moyen de clous qui percent ses mains et ses pieds. La croix est dressée verticalement avec le supplicié.



Jésus crucifié. Plaque émaillée du XIIIe s.
Musée municipal de l'Evéché, Limoges

(source : www.culture.gouv.fr).


        A côté de Jésus, deux autres condamnés sont voués au même sort que lui. La lente agonie dure plusieurs heures, les condamnés étant voués à une mort par asphyxie dans des douleurs extrêmes.

        La foule des curieux assiste au pénible spectacle sous la surveillance des soldats. Ceux-ci récupèrent même les vêtements des crucifiés, et tirent au sort pour avoir la tunique de Jésus. Devant Jésus se tient sa mère, effondrée, ainsi que l'apôtre Jean qui la soutient. Jésus demande à Jean de prendre Marie chez lui désormais. D'autres spectateurs raillent le condamné et l'insultent.





La crucifixion. Enluminure du missel
de Raoul du Fou, à l'usage de Poitiers, XVe s.

(source : eglise-niort.net).



        En milieu d'après-midi, la terre se met soudain à trembler, le ciel s'obscurcit et le grand rideau du Temple se déchire en deux. Jésus prononce ses dernières paroles : "Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Puis il dit encore : "Entre tes mains, je remets mon esprit." Il pousse alors un grand cri et rend l'âme.

        Après sa mort, quelques-uns de ses proches envisagent de l'enterrer. L'autorisation de détacher le corps et de l'inhumer est demandée à Pilate. L'ayant obtenue, un homme du nom de Joseph d'Arimathie offre sa tombe pour que Jésus y soit inhumé. Il est donc descendu de la croix et déposé dans le caveau situé à proximité du calvaire.


La Résurrection


        Le surlendemain de l'enterrement, trois femmes de l'entourage du défunt se rendent auprès de la tombe pour embaumer son corps. Elles se demandent en chemin qui les aidera à réouvrir le caveau. Mais lorsqu'elles y parviennent, elles sont surprises de constater que la tombe est déjà ouverte, la pierre qui la fermait étant roulée sur le côté.






Pierre roulée fermant une tombe en Israël
(source : freestockphotos.com).



        En pénétrant dans le caveau, elles ne trouvent pas le corps de Jésus. Un linceul est posé sur l'extrémité de la banquette. A l’extérieur elles rencontrent un homme qu'elles croient être le jardinier. L'une d'elles, Marie de Magdala, interroge le personnage, mais immédiatement elle reconnaît Jésus, vivant, qui l'appelle. N’en croyant pas ses yeux, elle se jette aussitôt à ses pieds. Jésus demande alors de transmettre à tous la nouvelle de sa résurrection.

        D'autres témoins affirment également avoir vu Jésus vivant après sa mort. Deux disciples originaires d'un village nommé Emmaüs quittent Jérusalem pour retourner chez eux. Sur leur chemin, ils sont rejoints par un voyageur inconnu qui les questionne sur leurs mines attristées. Ils évoquent alors la condamnation à mort de leur maître, Jésus de Nazareth. Alors l'homme prend la parole et leur parle de la Bible, expliquant que cet évènement était prévu de longue date dans les Ecritures.





Les disciples d'Emmaus. Peinture contemporaine de Phyllis Miller.
(source : fineartamerica.com)



        Au crépuscule les voyageurs s’arrêtent dans un village pour y partager un repas. L'inconnu prend alors du pain, le rompt et le donne à ses compagnons. Voyant ce geste, ils le reconnaissent, lui Jésus, grâce au même geste accompli lors de la Cène. A cet instant précis il disparaît de leur vue. Les deux disciples, exaltés, repartent immédiatement pour Jérusalem afin d'annoncer l'incroyable nouvelle de sa résurrection.

        Jésus se manifeste à nouveau devant les apôtres réunis ensemble à l’exception de Thomas (et de Judas qui s'est suicidé). Quelques jours plus tard, les onze cette fois au complet sont à nouveau témoins de l’apparition de Jésus dans la même demeure. Thomas refuse pourtant de le reconnaître tant qu’il ne mettra pas la main dans ses plaies. Jésus l'invite donc à faire le geste, et dès lors l’apôtre admet la réalité. Jésus observe que Thomas a cru parce qu'il avait vu, mais il exhorte ceux qui croiront sans voir.




 

Le tombeau vide. Emplacement d'un corps dans la "Tombe du Jardin".
(source : freestockphotos.com)




L'Ascension

        Il se montre encore une fois à ses disciples au bord du lac de Tibériade, un matin où ils reviennent en barque d'une pêche nocturne infructueuse. Jésus s'embarque à leurs côtés et leur fait mettre les filets à l’eau. Et ceux-ci se remplissent de poisson, au point d’être trop lourds à hisser dans la barque ! De retour sur le rivage, il les fait s’asseoir et déjeuner.

         Le repas terminé, il demande trois fois à Pierre s’il l'aime. Celui-ci ayant répondu par l’affirmative, Jésus explique qu'il doit désormais retourner vers son Père et qu’ils ne le verront plus. Il promet en revanche d’envoyer le Défenseur, c’est-à-dire l’Esprit-Saint, qui les inspirera pour rendre témoignage des oeuvres de Dieu.

       Jésus commence alors à s'élever vers le ciel, puis disparaît dans le brouillard. Les apôtres restent un moment les yeux levés, jusqu’à ce que deux anges leur signifient qu'il est retourné vers son Père, et qu’ils doivent maintenant transmettre son message aux nations du monde entier.







L'Ascension. Icône contemporaine.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)

        

La Pentecôte


        La suite de l'histoire des apôtres sans le Christ est inscrite dans le Livre des Actes des apôtres. Quelques jours après son ascension, les disciples de Jésus se trouvent tous réunis dans une maison de Jérusalem, lorsqu’ils entendent soudain un grand bruit et aperçoivent une grande flamme au-dessous du plafond. Ce feu surnaturel se divise en plusieurs flammes qui viennent se poser sur la tête de chacun d’eux.

       Les disciples sortent aussitôt de l'habitation et se mettent à parler. Devant tous les habitants qui ont été attirés par le bruit, ils dissertent spontanément sur les oeuvres de Dieu. Les passants viennent à leur rencontre pour écouter, et bientôt une grande foule les entoure, y compris des étrangers. Mais chacun d’eux comprend les paroles des apôtres dans sa propre langue.






La Pentecôte, ou Descente de l'Esprit-Saint.
Peinture contemporaine, Mexique

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux).




        Dès ce moment, les disciples ne cessent plus de prêcher. Dans le Temple où ils se retrouvent, ils témoignent en public de l'action de Jésus, sa vie, ses oeuvres et son amour pour tous les hommes. De nombreux auditeurs touchés par leurs paroles se convertissent à la foi en Jésus-Christ. A Jérusalem d'abord, puis dans toute la Terre sainte ensuite, on invoque Jésus-Christ, on réalise des miracles, on suscite des conversions, on donne le baptême. Les convertis deviennent prédicateurs à leur tour, et parcourent bientôt les chemins de Palestine pour annoncer la « bonne nouvelle » de Jésus ressuscité, fils du Dieu d'amour, messie et sauveur des hommes.


Les premiers chrétiens

        La nouvelle foi se propage comme une traînée de poudre, mais elle rencontre également des résistances. Les prêtres du temple et le Sanhédrin interdisent que l'on prononce le nom de Jésus. Les païens attachés aux cultes polythéistes voient d'un mauvais oeil les progrès de la foi en Jésus, fils d'un Dieu unique.

        Les apôtres qui professent la nouvelle croyance se heurtent à l’hostilité des autorités religieuses. On veut les empêcher de s'exprimer, mais ils passent outre, affirmant obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Dans le Temple, ils sont arrêtés plusieurs fois, puis relâchés. Un jeune converti, Etienne, est pris à parti dans une discussion avec des Juifs. Son discours n'ayant pas plu aux prêtres, Etienne est saisi et traîné hors de la ville, puis tué par lapidation. En mourant, il demande à Dieu de ne pas tenir compte de ce meurtre. Saint Etienne est le premier martyr connu du christianisme.




 

Le martyre de saint Etienne. Enluminure. XVe s., Aragon, Espagne
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux).




        La mort d'Etienne marque le début d’une vague de persécutions. Pour y échapper, beaucoup de nouveaux convertis quittent Jérusalem et se dispersent en Israël, où ils continuent à professer leur foi. A Jérusalem, Pierre est arrêté et mis en prison, mais un ange vient briser ses chaînes et le délivrer. Paradoxalement, les disciples du Christ sont de plus en plus nombreux, alors même qu'ils sont combattus et persécutés.

        Au début, les conversions se produisent seulement parmi les Juifs. Un changement radical s’effectue à la suite d’une vision mystique de Pierre. Alors que l'apôtre se trouve sur la terrasse d’une maison de Joppé, il voit soudain descendre un drap céleste rempli de nourriture. Comme il refuse d'en manger, une voix retentit et lui recommande de ne pas considérer comme impur ce que Dieu a déclaré pur. Pierre interprète ce message en pensant que les païens ne sont pas impurs et qu’ils peuvent aussi être baptisés. Dès lors, l'église primitive accueillera des personnes de toutes origines.


La vie et la conversion de Saint Paul

        Paul de Tarse, ou Saul, est un jeune citoyen romain d'origine juive. D'abord très hostile aux chrétiens, Paul consacre toute son énergie à les poursuivre et à les faire emprisonner. Il se rend un jour à Damas pour y procéder à de nouvelles arrestations. Sur le chemin, il est soudain aveuglé par une lumière céleste très intense qui le fait tomber à terre. Au même instant une voix puissante l'interpelle sur son action, se présentant comme celle de Jésus que Paul persécute. Lorsque la lumière disparaît, Paul ne peut pas retrouver son chemin car il est devenu aveugle.

        Le futur saint Paul séjourne trois jours à Damas, frappé de cécité. Un disciple du Christ nommé Ananie vient toutefois lui rendre la vision par imposition des mains. Alors ses yeux s'ouvrent à nouveau et il accepte le baptême.

        Paul consacre désormais autant d’énergie à professer la foi chrétienne qu'il en a mis à la combattre. A Damas puis à Jérusalem, il annonce à ceux qui veulent l’entendre que Jésus est le messie. Paul sera l'un des missionnaires les plus actifs. Partant d’Antioche, il effectue plusieurs voyages dans le pourtour méditerranéen, fondant des églises dans les villes les plus importantes. Il se rend ainsi à Chypre, Philippes, Thessalonique, Athènes, Corinthe, Ephèse ...



        De retour à Jérusalem, Paul est arrêté par l'autorité romaine à la suite d'une émeute provoquée contre lui dans le Temple. Le fauteur de troubles est jeté en prison et interrogé. Apprenant que Paul est citoyen romain, le tribun n'ose pas le maltraiter.

         Une nuit, le prisonnier est témoin d’une nouvelle vision, dans laquelle le Christ lui demande d'aller diffuser la Parole à Rome. Paul demande alors à ses geôliers de comparaître devant César. Transmis d'autorité en autorité, il est finalement embarqué sur un navire à destination de Rome.



La conversion de saint Paul.
Icône byzantine contemporaine, Grèce.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux).


        Au cours de la traversée, le navire fait naufrage dans l'île de Malte ; cependant ses occupants, réconfortés par Paul, sont sains et saufs. Recueillis par les habitants, Paul et ses compagnons séjournent quelques temps dans l'île, où Paul accomplit des guérisons miraculeuses et convertit plusieurs Maltais. Un autre navire est bientôt affrêté et l'expédition reprend sa route vers Rome.

        Parvenu à destination, Paul est mis en liberté surveillée. Il prend contact avec la communauté juive de la ville et commence à y enseigner l'Evangile. Le récit des Actes des Apôtres se termine en précisant que Paul y séjourne durant deux années entières.






Le plus ancien portrait connu de saint Paul.
Fresque des catacombes de Rome, fin du IVe s.

(source : dalje.com).




Les Epîtres de Saint Paul


        Paul entretient une abondante correspondance avec les églises qu'il a fondées. Ses lettres, connues sous le nom d'épîtres, s'adressent à des communautés chrétiennes et à des correspondants individuels. Elles transmettent aux nouveaux convertis des développements théologiques et des recommandations pratiques.

        L'Epître aux Romains est écrite depuis Corinthe pour les premiers chrétiens de Rome. L'auteur développe le thème de la corruption des païens, mais de leur rachat possible par la foi. Jésus veut sauver tous les hommes ; Israël a chuté, mais il sera finalement sauvé.

        La Première Epître aux Corinthiens met en garde cette église locale contre les risques de divisions internes. Paul y expose des considérations sur la sagesse, le mariage, les dons sprituels, la manière d'enseigner, la résurrection des morts.

        La  Deuxième Epître aux Corinthiens tente de préserver ses correspondants de toute tentation orgueilleuse, qui ne doit pas entacher le zèle qu'il trouve dans cette église. L'auteur parle aussi de ses voyages, des dangers encourus tout en expliquant qu'il ne doit pas s'en glorifier.

       L'Epître aux Galates s'adresse aux chrétiens de Galatie en Asie Mineure, en dénonçant vivement l'influence de certains activistes qui veulent les faire revenir au Judaïsme.

        L'Epître aux Ephésiens est une courte synthèse de la pensée de Paul, où sont évoqués le Salut par Jésus-Christ et le devoir d'unité des chrétiens.







Vestiges de la cité d'Ephèse en Asie Mineure,
l'une des villes évangélisées par Saint Paul.






      L'Epître aux Philippiens, écrite pour la ville macédonienne de Philippes alors que Paul est en prison, exhorte les Philippiens à mener une vie irréprochable.

        L'Epître aux Colossiens, destinée à l'église de Colosses en Asie Mineure, fait état des mystères liés à la divinité du Christ.

        La Première Epître aux Thessaloniciens encourage cette communauté macédonienne à persévérer dans la foi, la fraternité et la charité.

        La Deuxième Epître aux Thessaloniciens tente de répondre à ceux qui croient imminents la fin du monde et le retour glorieux du Christ.

        La Première Epître à Timothée est une lettre individuelle, dans laquelle Paul met en garde son jeune disciple contre les fausses doctrines. Paul préconise en outre le respect dans les relations sociales.

        La Deuxième Epître à Timothée encourage le même destinataire à être toujours un témoin irréprochable du Christ, et à ne pas suivre les passions humaines.

        L'Epître à Tite est aussi une exhortation à la bonne conduite, pour les églises et les fidèles qui les composent.

        L'Epître à Philémon est une courte lettre demandant à ce qu'un esclave évadé, Onésime, soit chaleureusement accueilli.

         L'Epître aux Hébreux est adressée depuis Rome à des Juifs chrétiens demeurés en Israël. L'auteur insiste sur la suprématie de la personne de Jésus-Christ, seul prêtre sans péché. Il fait l'éloge de la Nouvelle Alliance et de la supériorité du nouveau culte. Il encourage enfin les croyants à persévérer dans la foi malgré les épreuves.






Saint Paul envoie sa première épitre à Timothée.
Bible historiale de Guiart des Moulins, XVe s.

(source : hodiemecum.hautetfort.com).


Les autres épîtres



        Saint Paul n'est pas le seul auteur dont les lettres ont été insérées dans la Bible ; on y trouve aussi des épîtres émanant d'autres disciples et apôtres.

        L'Epître de Saint Jacques, adressée par l'apôtre Jacques à des croyants dispersés, rappelle quelques conseils moraux à observer pour bien suivre la voie du Christ, et cite quelques fautes à éviter.

        La Première Epître de Saint Pierre fait allusion aux premières persécutions. Pierre invite au courage et à la constance dans l'épreuve.

        La Deuxième Epître de Saint Pierre appelle à la méfiance envers les faux docteurs et les impies ; car un jour viendra où ils connaîtront le châtiment qu'ils méritent.

        La Première Epître de Saint Jean exhorte les croyants à vivre fraternellement, comme des enfants de Dieu dans la communion divine. Jean fait allusion à l'Antéchrist, qui doit venir pour tenter de disperser les âmes.

        La Deuxième Epître de Saint Jean est une courte lettre demandant de vivre dans l'amour et de ne pas suivre l'antéchrist.

        La Troisième Epître de Saint Jean s'adresse indirectement à deux personnages d'église ayant une conduite inopportune.

        L'Epître de Saint Jude, frère de Jacques, attire l'attention sur le danger que représentent des individus pervers infiltrés parmi les croyants.






Fragment d'un manuscrit de l'épître de saint Jacques.
Papyrus d'Oxyrhinque, Egypte,
IIIe s.
(source : bibletranslation.ws).




L'Apocalypse de Saint Jean


        Dernier livre de la Bible, l'Apocalypse en est sans doute le texte le plus énigmatique. Ecrit par saint Jean l'évangéliste pendant son séjour dans l'île grecque de Patmos, il rapporte de nombreuses visions eschatologiques sous forme d'images symboliques. La signification de ces images reste mystérieuse. Une succession de scènes fantastiques se déroulent sous ses yeux.

       Le Christ apparaît d’abord à saint Jean et lui demande d’écrire à sept églises d’Asie Mineure, à qui il reproche de graves manquements. Puis Jean voit une porte s’ouvrir sur le ciel, et le Seigneur Dieu se tenir sur son trône de gloire. Tout autour siègent vingt-quatre vieillards et se tiennent quatre animaux ailés, honorant le Tout-Puissant et se prosternant devant lui.






L'Apocalypse de Saint Jean. Une vision de Saint Jean.
Enluminure du livre de Beatus, XIe s., Allemagne.

(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)




        Les images qui se succèdent montrent d’abord un agneau blessé qui défait les sept sceaux d'un grand livre qu'on lui présente ; à chaque sceau apparaît la vision d’un cavalier, puis d’une foule de martyrs. Après les sept sceaux viennent sept anges qui jouent tour à tour de la trompette, et à chaque fois une catastrophe s’abat sur terre. Puis sept « signes » ou visions fantastiques se suivent. Enfin sept coupes sont déversées sur la terre par des anges, provoquant des maladies et des fléaux.





L'Apocalypse de Saint Jean. La chute des étoiles et la femme symbolisant Babylone.
Enluminures du livre de Beatus, XIe s.

(sources : perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux ; marukanososhi.blogspot.fr).



        Une femme richement vêtue apparaît montée sur une bête possédant sept têtes et dix cornes. La femme porte inscrit sur son front le nom de Babylone ; on annonce la chute et le jugement de celle qui incarne la prostitution.

        Un ange saisit et enchaîne un dragon, qui n’est autre que Satan, et le jette en enfer pour mille ans. Après ce délai, il est libéré et part assiéger Jérusalem, mais lui et son armée sont foudroyés et retournent définitivement dans le royaume du feu.

         Le livre s'achève par le règne de Dieu triomphant sur la création. Tous les défunts de la terre sont jugés devant le trône céleste selon leurs oeuvres, les uns pour être jetés dans l'étang de feu, les autres pour participer au grand repas de noces de l'agneau avec Jérusalem, son épouse.

       




Le Christ en Majesté.
Icône attribuée à saint André Roublev, XVe s., Russie.
(source: perso.wanadoo.fr/maurice.lamouroux)







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